TANNIN. — EMPLOI THÉRAPEÜTIQOE. USAGE EXTERNE
préventive et curative des eschares par décubitus : le tannin calme rapidement les douleurs et amène la cicatrisation.
Les affections des diverses muqueuses accessibles aux applications directes du tannin ont été attaquées par ce remède. Les conjonctivites catarrhales et même l’ophthalmie purulente, après toutefois que les phénomènes aigus ont été amendés, cèdent aux applications de tannin, qui ont l’avantage de poursuivre les granulations et végétations dans des points où le caustique solide ne pourrait les atteindre (tannin 1 gramme, solution gommeuse 3 à 5 grammes). Dans l’otite externe et l’otorrhée les injections au tannin contribuent à tarir la sécrétion et à faire disparaître les fongosités de la muqueuse. Les prises de tannin, qui diminuent la sécrétion de l’ozène, font aussi disparaître l’odeur fétide qu’exhalent les fosses nasales et agissent sur les ulcérations de ces parties pour en favoriser la cicatrisation.
Les angines simples, à leur phase de déclin, peuvent être traitées par les applications d’acide tannique qui aident à la résolution de l’engorgement; on se sert avec avantage du même moyen contre l’hypertrophie des amygdales. Mais c’est surtout contre l’angine diphthéritique que ce moyen a été préconisé par Loiseau : dès que le mal a été reconnu, ce médecin l’attaque par des insufflations répétées tous les quarts d’heure et faites alternativement avec de l’alun et du tannin. La poudre de ces deux substances doit aussi, afin d’assurer le contact, être directement portée à l’aide d’un pinceau de charpie sur les parties recouvertes de fausses membranes. L’auteur prétend amender rapidement, par ce moyen, le gonflement, la douleur, et neutraliser, grâce au pouvoir antizymotique du tannin, les accidents septiques. Lorsque l’angine couenneuse a gagné le larynx. Trousseau conseille d’employer les pulvérisations d’eau chargée de tannin, en même temps qu’on fait, plusieurs fois par jour, des insufflations avec la poudre d’acide tannique; il dit avoir grande confiance dans ce moyen qui a donné de bons résultats à Roger et Bouvier. Le D' Cousot vient d’appeler l’attention de l’Académie de médecine de Belgique (1881) sur un traitement analogue ; partant de cette idée que la diphthérie est une maladie parasitaire, il lui oppose les applications de tannin suivant la formule que voici : tannin 10 grammes, mucilage de gomme 100 grammes, alcool de menthe 2 à 10 grammes pour masquer la saveuretl’astringence du tannin. Les applications varient suivant les localisations. Si la production diphthéritique n’occupe qu’une portion de la peau ou des muqueuses étrangères aux voies aériennes, il suffit d’empêcher la propagation du parasite aux voies respiratoires en le détruisant sur place avec le tannin ; si la fausse membrane occupe les amygdales, le pharynx ou les fosses nasales, il faut injecter toutes les deux heures le mucilage tannique par la bouche et les narines et n’espacer davantage les applications que lorsqu’on est maître du mal. Dès les premières injections les plaques membraneuses se tassent, se resserrent et blanchissent ; elles se limitent très-nettement, s’encadrant d’un liséré rouge ; rejetées peu à peu par les injections tanniques, elles reparaissent une ou deux fois, mais
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(le plus en plus minces etrares. Toute odeur disparaît dès le début du traitement. L’auteur a réuni, avant 1879, 59 cas graves de diphthérie dont 57 guérisons et deux insuccès, chez des malades désespérés. Depuis cette époque il cite encore, tant dans sa pratique que dans celle de ses confrères, 110 cas dont cinq seulement non guéris. Il croit pouvoir guérir le croup par la même méthode et il cite cinq succès dont deux obtenus par le professeur Hubert qui, comme Trousseau, recommande l’emploi du pulvérisateur concurremment avec les injections par la bouche et les narines, la canule de la seringue étant poi’tée très-profondément dans l’arrièrebouche. On pourrait associer au tannin la décoction de feuilles de noyer, très-recommandée en Améi'ique par le D' Curtis.
Trousseau conseille les pulvérisations d’eau chargée de tannin contre l’œdème de la glotte, quelle que soit son origine.
L’agent qui a réussi contre les gerçures du sein a eu le même succès dans le traitement des fissures anales que l’on soigne par des applications de pommade au tannin (1 à 3 grammes pour 15 d’axonge) ou par des lavages, des irrigations avec une solution d’acide tannique.
La blennorrhagie aiguë a été traitée par les injections de tannin dissous dans du vin rouge (1 pour 100), mais ce moyen convient beaucoup mieux aux iiréthrites chroniques où le conseillent Ricord, Rollet et autres. Les vaginites aiguës et surtout chroniques cèdent au même agent employé soit en injections très-concentrées (tannin et eau : parties égales... Becquerel etRodier), soit en pommade que l’on introduit sur un tampon de coton qui, à mesure que Taxonge se liquéfie, maintient le tannin au contact des parties ainsi séparées les unes des autres : avant de renouveler chaque pansement il faut avoir soin de faire une injection détersive (Foucher). On peut aussi faire usage du même procédé ou d’applications de poudre de tannin contre les érosions et fongosités du col utérin et, lorsque ces lésions occupent la cavité cervicale, introduire dans celle-ci le crayon au tannin imaginé par Becquerel et Rodier (tannin 4 parties-, gomme adragante 1 partie, mie de pain q. s.). Enfin l’atonie des parties génitales qui, par le relâchement des tissus, peut favoriser les prolapsus de l’utérus, est avantageusement combattue par les injections et applications de tannin.
Dans les maladies du tube digestif les effets du tannin peuvent encore être considérés comme dus à l’action topique. Aussi a-t-il été employé contre les diarrhées chroniques, celles surtout qui sont liées à un état d’atonie de l’intestin, et contre les dysenteries chroniques où, à sa propriété astringente, le tannin a l’avantage de joindre ses effets antiputrides et cicatrisants. Les lavements seront donc parfaitement de mise en pareil cas, ainsi que dans le traitement de la redite consécutive aux dysenteries et diarrhées chroniques. Le tannin, disent Nothnagel et Rossbach, compte parmi les meilleurs médicaments à employer contre les hémorrhagies de l’estomac ou de l’intestin consécutives à un ulcère gastrique ou aux ulcérations de la fièvre typhoïde. Mais ces auteurs sont d’un avis tout différent en ce qui concerne les hémorrhagies siégeant
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dans d’autres organes et contre lesquelles on ne peut invoquer l’effet topique coagulant de l’acide tannique. Hémorrhagies utérines, bronchiques ou autres, le tannin ne saurait, disent-ils, jouir contre elles d’aucune efficacité. En est-il réellement ainsi ? Trousseau et Pidoux le citent comme un agent qui réussit contre ces diverses hémorrhagies ; le Bulletin de thérapeutique citait, en 1843, cinq cas de métrorrhagies traitées avec succès par le tannin à l’intérieur; Porta le regardait comme un spécifique des hémorrhagies utérines indépendantes de toute lésion organique ; enfin Buhring, Mandt et Macke, le recommandent dans ces circonstances et Gubler conseille de le donner en poudre, si l’on veut obtenir l'effet hémostatique contre les hémoptysies, les hémorrhagies rénales. En face de toutes ces affirmations et des effets astringents que nous allons constater à la suite de l’administration interne du tannin dans d’autres maladies, nous ne croyons pas pouvoir mettre en doute son action hémostatique. Comment l’expliquerons-nous ? Une condensation du liquide nourricier suffisante pour déterminer, à elle seule, l’arrêt d’une hémorrhagie, entraverait complètement la circulation dans sa totalité ; assurément l’effet semi-coagulant, l’épaississement du sang, y est pour peu de chose, et tout au plus admettrons-nous que cet épaississement puisse favoriser, mais non déterminer, la formation du caillot qui doit obturer la déchirure par laquelle le sang s’échappe. Mais à côté de cet effet ne fautil pas tenir compte de l’action réflexe que provoque, lors de l’ingestion, le contact du tannin avec la muqueuse de la bouche et de l’estomac? Cette horripilation générale, ce frisson qu’il engendre en même temps que la sensation d’agacement dentaire, ne sont-ce pas les phénomènes de la contraction des muscles organiques, contraction qui doit s’opérer, qui s’opère également dans les parois vasculaires, engendrant la pâleur de la face, la petitesse du pouls, signalées par Bayes sous l’influence de trop fortes doses. Cet effet, sur lequel nous avons déjà appelé l’attention {Voy. Styp- TiQUEs), uni à l’épaississement du sang, permet de comprendre le résultat hémostatique : tendance plus grande du liquide à la coagulation, d’une part ; diminution du calibre de l’orifice béant, d’autre part, voilà les deux éléments de l’action hémostatique.
On pourrait diviser en trois catégories les agents qui ont la propriété de provoquer les mouvements organiques : 1° ceux qui agissent par le mécanisme complet des actes réflexes, en impressionnant d’abord les cellules sensitives périphériques, suivant le mode que nous venons d’indiquer et que nous avons déjà signalé à propos des styptiques : ce sont les astringents, dont le tannin est le type ; 2° d’autres agissent sur la cellule sensitive centrale, dont iis accroissent l’excitabilité; ils ont pour type la strychnine; 3“ enfin l’ergot de seigle représente la troisième catégorie qui s’adresse directement à la cellule nerveuse motrice centrale. Ce sont donc là des substances synergiques, coucourant au même résultat par des procédés differents.
D’autres maladies vont nous montrer ce pouvoir astrictif du tannin. Citons, du côté de l’appareil respiratoire, les maladies avec hypersécrétion.
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Woillez est arrivé aux conclusions suivantes : 1° Dans les bronchites avec hypersécrétion il diminue l’expectoration et réconforte ainsi le malade. Cette première propriété s’explique par l’action qu’exerce sur le sang l’acide tannique; la suivante ne peut se comprendre que par l’influence exercée sur les parois vasculaires et contribue à appuyer la manière de voir que nous avons exposée ; 2° dans la congestion pulmonaire le tannin empêche l’asphyxie en faisant disparaître la stase sanguine ; 3“ dans la phthisie pulmonaire il fait cesser les râles en diminuant soit la congestion périphymique, soit l’hypersécrétion bronchique.
Duboué (de Pau) a traité par le tannin et guéri deux cas de pleurésie purulente avec fistule pleuro-bronchique. D’après lui le tannin diminue les sécrétions bronchiques et exerce une action tonique et reconstituante sur l’organisme. Dans ces cas, comme aussi dans la phthisie pulmonaire, à côté des effets astringents du tannin, il ne faut pas omettre de tenir compte de son action antiputride et antizymotique. C’est cette propriété qui a contribué, avec l’effet tonique astringent, à modifier avantageusement l’état de l’économie dans deux cas de résorption purulente par suite de fièvre puerpérale (Woillez) et qui engagera à le donner à l’intérieur contre la gangrène (Trousseau) ou à la fin des fièvres graves avec caractère putride et tendance aux hémorrhagies (Barrai et Bayes).
Le tannin ne serait pas sans action contre la fièvre intermittente, si l’on en croit les observations de beaucoup d’auteurs. Cullen donnait le tan comme antipériodique ; Barbier (d’Amiens) avait indiqué que les ouvriers qui travaillent cette substance sont exempts de la fièvre intermittente et Pezzoni employait le tannin contre cette affection. Chansarel (de Bordeaux) a appelé l’attention sur la propriété fébrifuge de l’acide tannique à l’aide duquel les accès ont été coupés, par des doses de 60 centigrammes à 2 grammes, aussi bien que par le sulfate de quinine. Leriche (de Lyon) a confirmé ces observations. Trousseau et Pidoux admettent cette action fébrifuge du tannin et y voient la conséquence de ses propriétés astringentes, toniques et reconstituantes.
Ces propriétés toniques et reconstituantes s’expliquent par l’action stimulante que l’acide tannique exerce sur la digestion ; par la diminution de l’alcalinité et l’accroissement de la viscosité du sang, double résultat qui, tant chimiquement que physiquement, diminue la dépense organique en restreignant les oxydations; enfin par la formation d’hématies qu’il provoque, suivant Scott Alison. Nous ne devons donc pas nous étonner que cet auteur ait conseillé le tannin contre les dyspepsies atoniques et la langueur nerveuse ; que Bayes l’ait employé contre l’anémieetPezzoni contre la chlorose, la consomption, le marasme. Bérenger Féraud a vanté le vin au tannin, en remplacement du vin de quinquina, dans la convalescence de la fièvre bilieuse hématurique des pays chauds, et nul doute que l’acide tannique agisse ici par ses propriétés reconstituantes tant contre l’anémie de la convalescence que contre celle qui provient directement de l’origine palustre de cette affection. Ne serait-ce point au tannin et à ses effets reconstituants qu’il y aurait lieu d’attri-
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huer les résultats obtenus dans le traitement de la scrofule par les préparations de noyer et ceux, si merveilleux, que Lu ton signale à la suite de l’emploi de l’extrait de noyer contre la granulose?
La sueur morbide, qui est si souvent la compagne et le résultat de tous les états d’hyposthénie, a été combattue par le tannin ; Chauvet (de Grenoble) a le premier signalé les heureux résultats de cet emploi contre les sueurs des phthisiques, des scrofuleux, des malades atteints de fièvre typhoïde, Le même moyen convient d’autant mieux aux rhumatisants que chez eux les sueurs excessives s’accompagnent d’un affaiblissement prononcé.
L’albuminurie a été com.battue, suivant les indications de Mialhe, par le tannin. Liebertet Frerichs, Scott Alison, Garnier, Barrai, Tilling, ont cité des cas favorablement influencés par cette médication qui nous paraît très-rationnelle et dont nous avons eu à nous louer dans plusieurs circonstances, malgré l’opinion de G. Sée et de Cornil. Sans doute, comme le dit ce dernier {Des néphrites, thèse d'agrégation. Paris, 1869), ce n’est point dans les périodes ultimes de la maladie que le tannin peut agir ; mais il est indiqué, par son action sur le sang, dans les albuminuries dues à une altération de ce liquide. Contrairement aux assertions de certains auteurs l’albuminurie par altération du sang existe, elle est prouvée par le fait de la présence de l’albumine dans l’urine à la suite d’une ingestion excessive de ce principe alimentaire. D’ailleurs les récents travaux de Bouchard [Des néphrites infectieuses. Congrès de Londres et Revue de méd., 1881) permettent de croire qu’on pourra, par certains réactifs, distinguer l’albuminurie due à une viciation du sang de celle qui résulte d’une lésion rénale, et Mialhe, déjà, s’était servi du tannin pour constater dans l’urine la présence d’une espèce d’albumine non précipitée par l’acide azotique et qu’il nomme albuminose. Voici donc une catégorie de cas dans lesquels l’emploi du tannin est rationnel. Même conclusion pour les albuminuries fausses et dans lesquelles l’albumine provient d’une hémorrhagie rénale. De plus, dans les cas de congestion du rein (et c’est ce qui a lieu au début de toutes les néphrites) l’acide tannique peut agir topiquement par ses propriétés astringentes ; on objectera qu’il n’y a dans l’urine que de l’acide gallique et pas de tannin : mais, outre que cetacide gallique agit à la manière du tannin, il est probable qu’une certaine quantité de tannin en nature arrive au rein, comme à tous les organes, et n’est transformée en acide gallique qu’à la traversée de la glande. Donc, ici encore, l’usage du tannin constitue une médication rationnelle. Enfin, si, comme tendent à le prouver les travaux de Bouchard, que je viens de rappeler, les néphrites des maladies infectieuses sont dues à la présence de microbes dans le rein, l’action parasiticide du tannin est une raison de plus d’administrer ce médicament, et la même propriété pourrait être invoquée pour rendre compte de ses effets, déjà cités, dans la fièvre intermittente, la pyohémie, etc.
Ce n’est point seulement contre les parasites microscopiques qu’agit l’acide tannique : Chansarel le dit doué de propriétés anthelminthiques, et ce médecin a vu rendre quantité de vers aux enfants qu’il traitait par
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le tannin. Gubler ne croit guère à ces vertus anthelminthiques ; outre l’affirmation très-nette de Chansarel nous ferons valoir, en faveur de cette action, les recherches de Bérenger-Féraud, à Toulon, et celles de Dujardin-Baumetz, à Paris ; ces deux observateurs ont constaté que le tannate de pelletiérine est beaucoup plus efficace contre le ténia que le sulfate du même alcaloïde [Bull, de thérap., 1880).
L’action antidotique du tannin n’est pas, non plus, sans devoir être signalée. Il précipite les sels d’antimoine, d’arsenic, de plomb, de mercure, et presque tous les alcaloïdes (Guibourt). Cette propriété permet de gagner du temps, en cas d’empoisonnement, pourvu que l’on emploie simultanément les évacuants, dont il n’entrave pas l’effet, afin d’expulser le précipité formé par lui. Car on ne doit pas le considérer comme un contre-poison absolu : il est bien évident que le précipité insoluble formé par le tannin sera lentement redissous et absorbé, si on le laisse au contact du tube digestif. C’est ce qu’a montré Gallard [Ann. d'hyg., 1865) relativement à l’empoisonnement par la strychnine traité au moyen du tannin, lequel, très-certainement, précipite l’alcaloïde, mais ne peut, à lui seul, que retarder l’apparition des phénomènes d’intoxication, sans en atténuer la gravité. Même propriété antidotique dans les empoisonnements par les champignons (Chansarel, Boudier), qui n’agissent d’ailleurs que par un alcaloïde, mais propriété restreinte et nécessitant toujours l’emploi simultané des évacuants, ce qui explique que Cordier et Réveil n’aient pas obtenu de grands avantages de l’emploi du tannin. Contre tous ces cas on peut donc recourir à l’acide tannique,qui se trouve toujours sous la main, puisqu’il existe dans l’infusion ou la décoction de café.
Nous ne saurions terminer cet article sans ajouter les considérations suivantes relatives à la propriété antidotique de l’acide tannique. L’étude des ptomaïnes est, en ce moment, à l’ordre du jour, et réserve sans doute à la science de profondes surprises ; nombre de maladies infectieuses, attribuées ou non à l’action de parasites, seront peut-être plus justement reconnues comme étant des intoxications par alcaloïdes organiques spéciaux. Or le tannin précipite, d’une manière générale, tous les alcaloïdes; plus que tous les autres réactifs possédant la même propriété, il est d’un usage facile, commode et dépourvu de tout danger. Ajoutons que les affections auxquelles nous faisons allusion s’accompagnent toutes d’un état plus ou moins prononcé de liquéfaction du sang et d’hyposthénie, double phénomène que l’acide tannique peut combattre avec efficacité. Cette propriété de précipiter et neutraliser les alcaloïdes organiques, au moins pour un temps durant lequel peuvent s’opérer l’élimination de la portion absorbée et l’évacuation du précipité, peut être rapprochée des considérations que j’ai développées relativement à son action dans l’albuminurie et des guérisons de gangrène, résorption purulente, fièvre putride, citées par Trousseau, Woillez, Barrai et Bayes, etc. Qui sait si le tannin ne sera pas dans l’avenir un de nos plus précieux agents thérapeutiques ?