TEIGNE
TAXIS. Voy. Hebnies, t. XVII, p. 513.
TEIGXE. — Le mot teigne, tinea, paraît venir des médecins arabes et a été employé, dès le treizième siècle, pour désigner des maladies graves et rebelles du cuir chevelu ; ces maladies ainsi dénommées ne nous sont pas bien connues, mais il est resté toujours au mot teigne une signification de siège bien détei’minée; et, en 1714, Turner proposait de diviser les maladies de la peau en deux grandes classes : les dartres ou éruptions occupant le corps, et les teignes ou maladies de la tête. Cette confusion entre toutes les maladies du cuir chevelu, quelle que fût d’ailleurs leur différence de nature, se prolongea longtemps et ne fut pas même évitée complètement par Willan et Bateman qui remplacèrent seulement le mot teigne parle mot porrigo; mais elle fut surtout entretenue par Alibert, lequel, admettant, dans sa classification nosologique, une classe de dermatoses teigneuses, y comprit les diverses affections du cuir chevelu, depuis Teczéma jusqu’au favus et à la plique. Ce n’est que de nos jours que le mot teigne a pris une signification différente, sous l’influence des découvertes micrographiques qui firent connaître la nature parasitaire de certaines maladies du cuir chevelu; et aujourd’hui, d’après la doctrine de Bazin, les teignes forment en dermatologie une famille très-naturelle composée des maladies, non plus seulement du cuir chevelu, mais du système pileux, causées par la présence de végétaux parasites. Ces affections sont au nombre de trois, le favus résultant du développement de Vachorion Schœn Mnii, la trichophitie { herpès tonsurant et sycosis), maladie dueautricophyton, et la pélade, attribuée à la présence du microsporon Audouini. Ces trois affections atteignent le système pileux et ont pour effet d’altérer particulièrement les cheveux et les poils de la barbe, dans leur structure, de les faire tomber et de déterminer une alopécie, souvent temporaire, quelquefois permanente lorsque le traitement convenable n’a pas été employé à temps. Je n’ai pas à entrer ici dans le détail des éruptions et des symptômes qui caractérisent les teignes et qui sont variables dans les diverses espèces, je dois renvoyer aux article Favds (t. XIV), Herpès (t. XVlï), Pélade (t. XXVI), Sycosis (t. XXXIV) ; je dirai seulement d’une manière générale que les teignes sont caractérisées habituellement par des éruptions et des lésions à forme circulaire et circonscrites et que, même lorsqu’elles sont étendues, on peut presque toujours apercevoir la limite précise entre la partie malade et la partie saine, ce qui n’a pas lieu aussi nettement dans les variétés de l’eczéma ; ce qui établit une différence utile à connaître entre les affections parasitaires et les affections dartreuses. Dans les teignes, les cheveux ou les poils sont toujours altérés, et souvent le microscope permet de reconnaître soit dans le poil, soit dans l’épiderme, la présence du champignon parasite, signe diagnostique absolu qui permet d’affirmer la nature de la maladie.
La durée des teignes est habituellement longue, même avec les moyens de traitement que nous possédons aujourd’hui ; les cheveux tombent et