TABAC. - FALSIFICATIONS
elle-même est atteinte par la fermentation, car les feuilles, qui en contiennent 6 7o avant la mise en masse, n’en renferment plus que 2 "/(, quand la fermentation est terminée, La proportion d’acide acétique augmente et s’élève jusqu’à 1,5 %• Les acides malique et citrique se détruisent en partie. Les acides oxalique et pectique restent inaltérés, de même que les résines et la cellulose. Il se produit un peu d’alcool méthylique et une petite proportion d’une huile essentielle très-aromatique à laquelle le tabac fermenté en masse doit une partie de son arôme. Quand on juge la fermentation suffisamment avancée, on procède au râpage à l’aide de moulins à noix dentée ; la poudre tamisée est arrosée d’eau salée, tamisée de nouveau et enfermée dans des chambres closes ou cases d’une contenance d’environ 50 mille kilogrammes pour y subir un nouveau degré de fermentation qui exalte le montant et produit une coloration de toute la masse. Après trois mois lapoudre est transvasée dans une autre chambre close. De trois mois en trois mois on renouvelle ce transvasement. Enfin après dix à douze mois de fermentation lente à l’abri de l’air on procède dans une vaste salle au mélange du contenu d’une dizaine de cases, soit environ 300 mille kilogrammes : le contenu de chaque case formant une couche horizontale, on a une dizaine de couches superposées. Après un mois ou six semaines de contact le tas est attaqué verticalement, de manière à obtenir un produit moyen constant. Le tabac à priser reste donc plus de dix-huit mois en préparation. Pendant la fermentation en case, l’acidité disparaît peu à peu et fait place à une réaction franchement alcaline. Le taux de nicotine ne varie plus, celui de l’ammoniaque demeure à peu près constant et l’acide acétique continue à se former ; mais la destruction des acides malique et citrique se poursuit, les bases qu’ils abandonnent saturent l’acide acétique et mettent en liberté la nicotine et l’ammoniaque. L’odeur du tabac à priser est la résultante de trois substances volatiles : la nicotine, l’ammoniaque et l’arome acquis pendant la fermentation en masse. Si le tabac à priser n’était pas légèrement alcalin, l’arome seul persisterait et le tabac serait plat. Il faut aussi qu’il contienne de 32 à 33 7o d’eau. Si l’humidité est inférieure à 32 les grains n’offrent pas assez d’adhérence et le tabac est maigre ; si l’humidité dépasse 33 les grains font pelote et le tabac est trop gras. La proportion de nicotine dans les tabacs à priser varie entre 2 et
Falsifications. — Autrefois pour conserver le tabac à priser on avait l’habitude de l’enfermer dans des feuilles de plomb ; cette pratique donnait lieu à la formation de sels plombiques dont l’absorption à petites doses continues pouvait provoquer une véritable intoxication saturnine. Depuis 1836 la régie française ne se sert plus que de feuilles d’étain et cet exemple s’est peu à peu répandu à l’étranger ; mais, comme il n’est pas absolument général, il est utile d’appeler l’attention des consommateurs sur la nature métallique d’une enveloppe qui peut avoir pour résultat de déterminer des accidents graves.
Pour augmenter frauduleusement le poids du tabac on y ajoute