‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 31 sur 117 · TENDON · texte numérisé non relu

TENDON

LOPPEHEKT.

généralement deux tendons, un à chacune de leurs extrémités ; quelquefois cependant, comme pour les peauciers, ils s’insèrent directement sur les parties à mouvoir. Nous aurons à étudier ici la façon dont le tendon est uni au muscle.

Quand on examine superficiellement un muscle disséqué, la continuité a l’air complète ; la limite précise entre lui et son tendon est assez difficile à établir. Au point de vue physiologique elle est tellement intime que, lorsqu’on exerce des tractions sur un tendon et le muscle qui lui donne attache, le muscle ou bien encore les parties dures sur lesquelles il s’insère se rompent ; mais le tendon ne se rompt pas à ses insertions sur les fibres musculaii’es.

Celles-ci prennent leur attache sur le tendon de façons différentes , tantôt obliquement par rapport à la direction des fibres tendineuses (muscles penniformes ou en éventail), tantôt parallèlement etbout à bout. Il est facile de voir à un examen un peu minutieux et à un faible grossissement que la fibre musculaire et la fibre tendineuse contractent dans les deux cas des rapports tout à fait identiques.

Les anciens histologistes, se basant sur l’union intime du muscle et du tendon, pensaient qu’il y avait continuité entre les deux espèces de fibres.

Kôlliker cependant avait déjà montré qu’il existe une limite très-nette entre le muscle et le tendon , que les fibres musculaires se terminent par des extrémités mousses et que le sarcolemme forme un cul-de-sac, dans les cas où les fibres striées viennent se jeter obliquement sur les fibres tendineuses. Il admettait toutefois que, lorsque les deux ordres d’éléments avaient la même direction, il était impossible de leur trouver une ligne de démarcation.

Les recherches de Biesiadeski et de Herzig montrèrent que les mêmes extrémités mousses existent encore dans les cas où les fibres tendineuses semblent se continuer sans interruption avec les fibres musculaires.

Kôlliker se rallia complètement à cette manière de voir facilement démontrable en traitant les muscles par la glycérine. D’après lui le tissu conjonctif du tendon se continue avec le périmysium interne des muscles et les extrémités des fibres musculaires sont reçues comme dans des espèces de godets dont serait creusée la substance tendineuse.

Weissmann, en traitant par une solution dépotasse à 55 pour 100 des fragments de muscles munis de leurs tendons, remarqua qu’après une demi-heure de séjour dans le réactif les faisceaux musculaires se séparaient et se détachaient des tendons. — L’examen au microscope lui fit voir que les fibres étaient terminées par une extrémité mousse reçue dans une anfractuosité correspondante du tendon et il admit qu’il existait entre la terminaison de la fibre striée et la substance du tendon un ciment qui était détruit par la potasse et qui serait placé entre le sarcolemme et le tendon, le sarcolemme entourant la fibre striée sur les côtés et à ses extrémités.

Ranvier, pour mettre en évidence les mêmes faits, a procédé différera-

TENDON. - DÉVELOPPEMEÎi'r.

ment. Il plonge toute Arivante une grenouille dans de l’eau à 55“ ; une fois l’animal mort, la peau est enlevée très-facilement; les muscles se détachent sans peine et se dissocient sans la moindre difficulté, et on parvient ainsi à voir facilement les détails indiqués plus haut. Il suffit d’étendre le muscle dissocié sur lequel on a fait des coupes longitudinales sur une plaque de verre, de le fixer par un bout tandis que l’on tire sur l’autre; il y a alors séparation du tendon et des fibres musculaires; le sarcolemmene reste pas adhérent à la fibre striée; il se présente à sa partie la plus extrême sous forme d’une éminence arrondie hérissée de petites incisures qui vont s’engager dans des dentelures correspondantes du côté du tendon. D’après Ranvier l’union de la fibre tendineuse à la musculaire ne serait pas aussi simple que Weissmann l’a indiqué ; pour lui il faut supposer deux ciments de nature différente, l’un qui unit les fibrilles musculaires au sarcolemme, l’autre le sarcolemme aux fibrilles tendineuses; le premier se dissoudrait à une température de 55", puisque alors les fibrilles se rétractent et se séparent de leur gaine sarcolemmique, tandis que le second resterait inaltéré; il serait à son tour détruit par la solution de potasse.

Ch. Robin admet qu’il n’y a pas besoin de supposer l’existence d’un ciment qui unisse la fibre musculaire à la fibre tendineuse ; pour lui l’ union s’est faite molécule à molécule sans qu’ily ait jamais eu de substance tierce interposée ; les parties se sont réciproquement moulées l’une sur l’autre. La fibrille tendineuse correspond-elle exactement à un faisceau primitif musculaire? Il n’en est rien, il n’y a entre les faisceaux tendineux et musculaires aucune corrélation, soit qu’ils semblent se continuer en droite ligne, soit qu’ils s’insèrent obliquement les uns sur les autres.

Insertion des tendons sur les os et les cartilages. — Les insertions des tendons sur les os et les cartilages sont très-faciles à observer. A l’œil nu, quand on dissèque l’insertion tendineuse, on trouve que les fibres du tendon viennent s’épanouir d’un côté à la périphérie et se continuer ou plutôt s’enchevêtrer avec les fibres les plus superficielles du périoste ou du périchondre. Le périoste ou le périchondre cessent au niveau des points où le tendon prend son insertion directe, soit sur une dépression, soit sur une rugosité. Les fibrilles tendineuses pénètrent dans la substance osseuse ou cartilagineuse. Dans l’os elles se continuent avec les fibres de Sharpey, dans le cartilage avec la substance cartilagineuse. Il n’est pas rare de voir les insertions présenter entre les fibrilles, soit des cellules cartilagineuses, soit de la matière calcaire sous forme de petites granulations. L’adhésion des tendons aux os est tellement solide que l’os est arraché plutôt que l’insertion n’est rompue.

Insertions des tendons sur les parties fibreuses et aponévroliques. — Elles se font très-simplement par entre-croisement des fibres tendineuses avec les faisceaux du tissu lamineux qui constituent la membrane. Telles se font les insertions des muscles de l’œil sur la sclérotique, sur la gaine fibreuse du nerf optique, des muscles' tenseurs sur leurs aponévroses (palmaire grêle, tenseur du fascialata), etc., etc.

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