TENDON. — PHYSIOLOGIE
Propriétés physico-chimiques et physiologiques des tendons. — Les tendons sont blanc nacré, tenaces, inextensibles, d’une densité 111 6 d’après Krause et Fischer, de 1125 à 1132 d’après Wertheim.
Ils doivent leur coloration blanc nacré à ce que les faisceaux sont directement appliqués les uns sur les autres sans interposition d’autres éléments ; quand on les infléchit, ils montrent des teintes irisées que chacun a pu constater. Ils doivent leur ténacité à l’union intime des fibres tendineuses les unes aux autres ; leur inextensibilité à ce qu’ils ne contiennent que très-peu de fibres élastiques d’ailleurs peu infléchies et contournées sur elles-mêmes. Il ai-rive souvent qu’un tendon séparé de ses attaches présente comme des plis à sa surface ; cela est dû à une légère rétraction produite sous l’influence de sa très-légère élasticité, et ils disparaissent immédiatement, pour peu qu’on tire sur les deux bouts de l’organe.
Les tendons sont doués d’une grande résistance suivant leur longueur; plutôt que de se laisser déchirer ils arrachent les insertions musculaires ou plutôt les fibres musculaires ou bien détachent le fragment osseux sur lequel ils s’insèrent.
Suivant leur épaisseur, leur résistance est beaucoup moindre, ce qui permet de les dissocier assez facilement ; la cause en est dans la présence des cloisons celluleuses qui séparent leurs principaux faisceaux.
C’est surtout de leur résistance dans le sens de la longueur que dépend leur inextensibilité. C’est là certainement au point de vue fonctionnel leur propriété la plus essentielle. C’est grâce à elle que le muscle, organe élastique et contractile par excellence, exerce avec toute sa force son action sur les leviers osseux. Le tendon en effet inextensible transmet intégralement aux parties sur lesquelles il s’insère l’effet de la contraction musculaire. Au point de vue chimique la substance tendineuse ne perd que très-peu d’eau par la dessiccation, d’où une diminution de volume relativement peu considérable, quand on compare le tendon au muscle qui s’insère sur lui. Quand le tendon se dessèche, il se racornit et change de couleur ; il prend une belle teinte ambrée ou jaunâtre bien connue de ceux qui préparent des pièces sèches, tout en restant transparent, mais il ne faut pas qu’il ait séjourné dans l’eau. Quand on le fait macérer, son tissu se gonfle, devient blanchâtre, et ne présente plus le poli de l’état frais. Par l’ébullition, il se gonfle encore davantage, plus vite que le tissu fibreux, mais après s’être durci et crispé comme lui.
Au point de vue vital les tendons sont peu vasculaires ou du moins se comportent comme les organes peu vasculaires; les irritants n’agissent sur eux que d’une manière insignifiante. Aussi sont-ils beaucoup moins exposés aux inflammations, à la gangrène, et les voit-on rester intacts au milieu de foyers de mortification beaucoup plus longtemps que les organes qui les environnent.
Leur nutrition s’effectue par l’intermédiaire des vaisseaux qui leur arrivent du tissu cellulaire péritendineux ou des synoviales qui les recouvrent. Aussi les maladies de celles-ci ont-elles une grande influence