‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 35 sur 117 · TENDON. — ARRACHEMENTS ET RUPTURES DES T · texte numérisé non relu

TENDON. — ARRACHEMENTS ET RUPTURES DES T

mose à travers une boutonnière du tendon du premier radial externe. Grentham a signalé la rupture du long supinateur.

Les causes des ruptures tendineuses se divisent en efficientes et prédisposantes.

Les causes efficientes sont les contractions musculaires énergiques, soit volontaires, soit instinctives pour se garer d’une chute ou d’un obstacle. C’est ainsi que Warren Webster observa un nègre qui se rompit le tendon d’Achille dans une lutte à la course : d’autres fois le tendon rotulien s’est rompu pendant le rejet du corps en arrière pour éviter une chute en avant.

Le mécanisme, pour ainsi dire exclusivement musculaire, explique -comment certaines professions sont plus exposées à la rupture des tendons. La rupture du tendon d’Achille a surtout été observée chez les bateleurs, les gymnastes, les danseurs, comme l’avait bien montré J.-L. Petit.

Binet dans son mémoire a étudié avec soin les ruptures du tendon rotulien, généralement limitées aux tendons du droit antérieur ; il en a bien indiqué le mécanisme le plus habituel de même que les symptômes après Demarquay et Baudens ; tout récemment le docteur Sistach est revenu sur la question surtout au point de vue thérapeutique.

Des causes prédisposantes peuvent favoriser la rupture. C’est ainsi que, lorsque les tendons sont privés de bourses de glissement qui atténuaient leurs frottements contre les surfaces osseuses ou fibreuses, ils peuvent se rompre plus facilement : ce fait se remarquerait surtout pour les tendons de la longue portion du biceps et du psoas iliaque.

Il semble que chez certains sujets le tendon s’altère sous l’influence d’un état diathésique ou d’une activité exagérée. La rupture arrive à la suite de cette altération spontanée qui en modifie probablement la structure. Després, dans une leçon clinique publiée en 1881 dans la Gazette des Hôpitaux, rapporte l’histoire d’une femme qui se rompit le tendon rotulien en montant un escalier. Elle sentit comme un craquement, puis se trouva dans l’impossibilité de marcher. Le genou devint douloureux, rouge et gros. Pour Desprès, et nous croyons qu’il est dans la vérité, la contraction musculaire a été la cause efficiente ; mais il est évident qu’il fallait que le tendon fût altéré dans sa structure pour se laisser ainsi rompre par un effort relativement peu considérable.

Heuck rapporte un cas qu’il a remarqué à la clinique de Czerny ; un tambour observa quinze jours avant son accident un gonflement de la face dorsale de la main, indolore et non gênant. Un soir en voulant battre la retraite le patient sentit tout à coup une légère douleur et ne put plus étendre le pouce. Le tendon du long extenseur s’était rompu sous un effort minime, comme on le voit. La tumeur disparut, mais non l’impotence, pour laquelleon eut recours à la suture.

Ruysch d’ailleurs avait déjà pensé qu’il devait y avoir dans certains cas une diathèse adjuvante qui altérât le tissu tendineux et le rendît

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