‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 37 sur 117 · TENDON. — DES LUXATIONS DES T · texte numérisé non relu

TENDON. — DES LUXATIONS DES T

l’élévation du membre inférieur combinée à l’extension dans celles du tendon rotulien, sont des moyens généralement employés par tous les chirurgiens. On y joindra l’application d’appareils en gutta-percha ou en tissu élastique, par exemple, dans les ruptures sus-rotuliennes destinées à ramener la rotule vers le tendon.

Si la cicatrisation ne se fait pas, il sera indiqué de faire la suture des deux bouts. Cette opération exécutée avec les diverses modifications dont chaque cas est justiciable donne d’excellents résultats : témoin les faits de Warren, Duplay, Heuck, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler; on fera tantôt la suture directe, si elle est possible, tantôt la suture par anastomose : les procédés de Chassaignac, la vagino-plastie tendineuse de Mollière, trouveront leur application dans d’autres circonstances.

Quand la suture est contre-indiquée, soit par le voisinage d'une grosse articulation (genou), soit pour toute autre cause, ou impossible à pratiquer, il faut munir le malade d’un appareil prothétique à l’aide duquel iî puisse exécuter les mouvements qui lui ont été enlevés. Ces appareils en tissu élastique sont destinés à suppléer le muscle lésé et leur construction dépendra des conditions de la lésion et sera subordonnée le plus souvent à l’ingéniosité du chirurgien.

Nous ne ferons que citer en terminant un procédé ingénieux qu’employa Nicoladoni dans un cas de paralysie du triceps sural ayant amené un pied-bot (équin- valgus). Il fit sortir les péroniers de leur gouttière, les sectionna et les sutura au tendon d’Achille qui fut ainsi soumis à leurs contractions. En résumé, c’est une suture par anastomose avec déplacement d’un action musculaire, et ce procédé ou un analogue pourrait être utilisé dans certains cas, soit de plaies, soit de ruptures anciennes et rebelles des tendons.

Des luxations des tendons. — L’histoire des luxations tendineuses date du commencement de ce siècle. Absolument niées par Cl. Fouteau, leur possibilité et leur existence ont été démontrées nettement par Monteggiaenl803.

Déjà avant lui William Cowper rapportait l’observation d’une femme qui se luxa la longue portion du biceps en tordant du linge. Après Monteggia, qui observa sur un danseur une luxation des péroniers, de nouveaux faits de déplacement de ces tendons furent cités par Stanley, Sebregondi, Fleury. En 1847, Robert en rapporta un cas à la Société de chirurgie. Demarquay en publia deux observations dans la Gazette des Hôpitaux de 1862.

En 1867 Jarjavay fit un mémoire dans la Gazette hebdomadaire sur la luxation des péroniers latéraux et celle du tendon bicipital du bras, Legouest en publia un nouveau cas un an plus tard.

En janvier 1874, le professeur Broca lut à l’Académie un travail sur la luxation du tendon du jambier postérieur que le professeur Mar tins (de Montpellier) observa sur lui-même et'qui s’était produite au moment de l’atterrissement d’un ballon.

Blanluet, ayant eu l’occasion d’observer un cas de luxation des péro-

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