‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 40 sur 117 · TENDON. — DES LDXATIOSS DES T · texte numérisé non relu

TENDON. — DES LDXATIOSS DES T

pense qu’elle a lieu par suite de la production d’une synovite plastique qui fait adhérer parois et tendons et empêche ainsi la luxation de se reproduire.

Le professeur Martins admet que dans son cas il n’y a pas eu d’adhérences et que la guérison a eu lieu par cicatrisation de la gaine ; il base son opinion sur le rétablissement complet des mouvements qui ne pourrait guère s’expliquer, si les tendons adhéraient à la synoviale.

La restauration acZtu/egfrMmdelagaîne est aussi admise par Maydl, qui a décrit un procédé opératoire pour la reconstituer.

Diagnostic. — Le diagnostic de luxation des tendons est facile, quand on a affaire à des tendons superficiels tels que ceux des péroniers, celui du jambier postérieur; encore faut-il que le gonflement qui accompagne toujours le traumatisme ne masque pas trop la lésion. La saillie anormale de la ou des cordes tendineuses, leur mobilité latérale, leur réductibilité, le vide existant au niveau de leur gaine, sont des signes pathognomoniques. Quand au contraire le tendon est profond, comme celui du biceps, par exemple, il est facile de faire une erreur et de penser à une contusion simple, à une entorse articulaire ; le diagnostic ne peut guère être posé que lorsque le gonflement aura disparu, et là encore il sera quelquefois très-difficile, vu l’épaisseur des parties molles qui recouvrent l’organe, de se fonder sur le trajet de la douleur, sur la difficulté de certains mouvements, sur la sensation de corde mobile, pour reconnaître la lésion.

Pronostic. — Toujours sérieux. En effet la luxation d’un tendon n’est pas toujours facilement réductible et ne se maintient pas au gré du chirurgien ; quand elle n’est pas réduite, elle entraîne à sa suite des troubles du côté des mouvements, surtout quand il s’agit de la luxation la plus fréquente, celle des péroniers latéraux. Elle exige, de la part du chirurgien, des soins très-éclairés, et de celle du blessé un repos complet et une interruption de travaux de quelques semaines.

Traitement. — La luxation étant reconnue, que convient-il de faire? Le chirurgien peut se trouver en présence d’une luxation récente ou d’une luxation ancienne et non réduite.

Dans le premier cas il devra avant tout chercher à la réduire. Pour cela, il fera à l’aide des doigts des pressions sur le tendon luxé de façon à le ramener peu à peu dans sa position normale en relâchant autant que possible le muscle qui s’y attache. Le tendon une fois réduit, il s’agit de maintenir la réduction.

Le professeur Gosselin conseille de mettre d’abord pendant quelques jours, jusqu’à ce que les adhérences .solides soient établies, un appareil de surveillance, consistant en compresses graduées et bandes ; il craint, si l’on met immédiatement un appareil plâtré, de voir la luxation se reproduire sous l’appareil, comme il l’observa d’ailleurs une fois. Chassaignac est au contraire pour la pose immédiate d’un appareil inamovible silicaté. .

Vertheimer, à la suite du cas qu’il relate, propose aussi l’application

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immédiate d’un appareil inamovible, puis l’usage d’une enveloppe protectrice destinée à immobiliser le tendon. En tout cas, il ne faut pas permettre au malade de se servir trop tôt de son muscle, sous peine de voir la lésion se reproduire.

Pour la luxation des péroniers, il est bon d’attendre au moins cinq semaines.

Le chirurgien peut se trouver en face d’une luxation ancienne : que doit-il faire? La conduite est plus délicate. Dans un cas de luxation des péroniers datant de huit mois, Mollière de Lyon fit la ténotomie du péronier déplacé en avant de la malléole, puis réduisit le tendon et avec un ténotome enfoncé dans la direction delà gaine en irz’ita les parois de façon à créer des adhérences entre elle et l’organe qu’elle contenait. Il réussit, puisque la guérison fut complète un mois après l’opération, que la marche fut très-bonne et facile. Mollière croit que cette opération est indiquée quand, toute inflammation s’étant dissipée, l’infirmité semble devoir être définitive.

Maydl rapporte une manière de faire du professeur Albert qui a donné un excellent résultat. Il s’agissait d’une jeune fille de dix-sept ans qui s’était luxé un an avant le tendon du long péronier. Albert détacha le périoste de la gouttière osseuse du péroné, creusa avec la gouge les parois de l’os, réduisit le tendon, sutura le périoste par-dessus, puis les parties molles. On appliqua ensuite un appareil plâtré en supination et extension, c’est-à-dire dans la position la plus relâchée pour le muscle. Six semaines après la malade marchait facilement et la luxation ne s’est pas reproduite.

Ce fait est intéressant à signaler, mais la conduite d’Albertne doit être imitée que dans les cas tout à fait désespérés, quand la marche est trèsdifficile ou impossible. Elle expose en effet à de sérieux accidents, soit du côté de la gaine, soit du côté de l’os et de l’articulation.

La réduction une fois obtenue, il sera bon de faire porter au blessé pendant un certain temps un appareil contentif, de masser et de doucher le pied ou la partie luxée pour lui rendre la plus grande somme de mouvements possible.

IsFLAMMATioK DES TEXDOKs. — Quoîque peu vascuiaires et formés par un tissu extrêmement condensé, les tendons peuvent s’enflammer et donner lieu à certains accidents que nous avons déjà signalés en partie lors de notre étude sur les synovites tendineuses. Nous avons montré l’influence de l’état de la synoviale sur le tendon et réciproquement, comment le plus souvent l’inflammation se propageait de la membrane séreuse à la corde tendineuse et vive versâ en naissant d’emblée sur l’une ou l’autre.

Quand un tendon est exposé au fond d’une plaie, il se passe à son niveau des phénomènes pathologiques qui sont évidemment des manifestations de l’inflammation de l’organe. Dans un certain nombre de cas, sa substance se recouvre de bourgeons charnus, qui en se transformant en tissu cicatriciel fibreux le font adhérer aux parties environnantes. Le

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chirurgien doit autant que possible s’opposer à ce bourgeonnement de la surface tendineuse, soit en la recouvrant ou en tâchant d’obtenir la réunion parpremière intention et la non-suppuration, soit,quand cette dernière n’a pu être évitée, en tâchant de la diminuer autant que possible.

D’autres fois, le tendon subit des lésions beaucoup plus graves : c’est lorsque l’inflammation suppurative qui l’environne est très-violente. Qu’il soit entouré de tissus celluleux ou renfermé dans une gaine synoviale, du moment que la suppuration a détruit les voies par lesquelles lui arrivent les éléments de la nutrition (tissu cellulaire dans un cas, mésotendons dans l’autre), le tissu de l’organe subit ce que l’on est convenu d’appeler l’exfoliation. Des lambeaux plus ou moins étendus de substance tendineuse tombent comme en putrilage et sont éliminés sous une forme ressemblant à des écheveaux d’étoupe mouillée. Il est facile de reconnaître les fibrilles conjonctives séparées par une multitude de globules blancs et de globules de pus.

Des tendons entiers peuvent s’exfolier de la sorte, de manière à abolir tout mouvement des muscles qu’ils continuaient. Plus souvent l’exfoliation n’est que partielle : alors au niveau de la partie lésée se forment des bourgeons charnus, qui déterminent ensuite par leur adhérence à d’autres et par leur transformation en tissu fibreux des adhésions trèssolides avec les tendons ou les organes avoisinants. Une fois ces adhérences produites, il sera bien difficile d’y obvier, pour peu qu’elles soient un peu étendues; nous citerons à ce propos ces cas désespérants de mains en griffe consécutifs aux synovites suppurées de la paume de la main et du poignet. Le chirurgien est alors presque impuissant, il pourra tout au plus essayer de rompre ou d’étendre les adhérences par des mouvements communiqués, des massages, des douches appropriées. Quand l’adhérence est moins étendue et surtout quand elle se fait avec des organes superficiels, la peau, par exemple, il sera indiqué de les sectionner par la méthode sous-cutanée pour rendre au tendon sa liberté.

Les difficultés qu’éprouve la chirurgie dans le traitement des destructions et des adhérences tendineuses montrent assez que le but visé doit être d’empêcher ou d’atténuer autant que possible la mortification du tendon soit en le recouvrant avec les tissus sains, soit en évitant de faire des pansements irritants.

Tdmedrs des tendons. — Gommes. — Les tumeurs primitives proprement dites sont très-rares dans les tendons et certains auteurs, comme Cornil, ne sont pas loin de les regarder comme des curiosités anatomopathologiques.

Dans une discussion récente à la Société anatomique (nov. 1882) à propos d’une communication de M. Lagrange, le professeur Cornil fit remarquer, comme nous-même d’ailleurs, que la plupart du temps les tumeurs dites tendineuses pouvaient être regardées comme ayant la synoviale pour point de départ; il n’y a de certitude au point de vue de l’origine que pour les tumeurs qui ont dissocié les fibrilles tendineuses en les rejetant vers la périphérie, à la manière d’un névrome central par rapport

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