‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 41 sur 117 · TENDON. — DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

TENDON. — DE LA SYPHILIS

aux fibres nerveuses. Dans le cas de Lagrange il s’agissait d’une tumeur fibre-plastique d’un tendon fléchisseur des doigts, qui probablement avait été envahi secondairement.

Dans les nombreuses recherches que nous avons faites sur les tumeurs des synoviales et celles des tendons, nous avons pour notre compte presque toujours vu que le néoplasme était parti de la gaine pour envahir ensuite l’organe engainé.

Demarquay a enlevé chez un vieillard une tumeur fibro-plastique qui faisait corps avec les tendons fléchisseurs de l’index ou mieux de la paume de la main ; il semble que dans ce cas il ne soit pas possible non plus de déterminer le point de départ exact de la tumeur.

Martin de Pedro signale un cas de cancer primitif paraissant développé dans le tendon rotulien et qui se généralisa ensuite au médiastin.

Nous signalerons en terminant ces quelques lignes sur les tumeurs des tendons les faits mis en évidence par le professeur Gübler ; il se produit chez les saturnins des tuméfactions simulant une tumeur siégeant au niveau des tendons extenseurs de la main ; elles surviennent sous l’influence d’un trouble nutritif engendré par te plomb, et se portant sur le tissu tendineux. Gübler a désigné l’affection sous le nom de ténopathie saturnine.

Si les néoplasmes proprement dits et primitivement développés dans les tendons sont rares, il n’en est pas ainsi des manifestations syphilitiques, le plus souvent tertiaires, qui envahissent les gros tendons vasculaires du genou, du cou-de-pied, etc.

De la syphilis des tendons. — Les tumeurs syphilitiques des tendons ont été indiquées et décrites dans le Traité de Lagneau dès 1828, puis dans l’iconographie syphilitique de Ricord. Monginot étudia les tumeurs syphilitiques des muscles et des tendons dans une thèse publiée à Paris en 1851 ; vinrent ensuite celles de Saint-Arroman, de Thévenet, en 1858.

En 1842, dans un article publié dans la Gazette des Hôpitaux, Lisfranc avait déjà signalé les nodosités blanches des tendons. ■

Après les travaux de Bouisson et Notta, nous trouvons la description que Lancereaux fait de la ténosité syphilitique dans son traité de la syphilis, puis une thèse de Sabail sur les tumeurs syphilitiques des tendons et des aponévroses.

Les lésions se montrent soit sous forme d’un épaississement, d’une hypertrophie du tendon, qui semble infiltré par une matière de nouvelle formation, soit sous forme de tumeurs uniques ou multiples disséminées sur le trajet de l’organe. D’après Lancereaux, l’infiltration partielle des tendons semble produite par une hypertrophie circonscrite du tissu, ferme et solide ; dans d’autres cas, molle et moins consistante, elle semble tenir à la présence d’une matière molle, comme gélatiniforme. Le tendon par luimême présente peu de modifications; il arrive cependant que l’ossification ou plutôt la calcification gagne les parties malades, et alors ou bien elle

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