‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 42 sur 117 · TENDON. — DE LA SYPHILIS DES T · texte numérisé non relu

TENDON. — DE LA SYPHILIS DES T

envahit toute la longueur de l’organe ou seulement une de ses parties en formant comme un os sésamoïde artiticiel sur son trajet.

Les tumeurs syphilitiques ou gommes proprement dites se développent à la surface ou au centre des tendons ; le premier siège est le plus fréquent. Dans le premier cas elles sont bosselées, irrégulières ; dans le second elles prennent généralement la forme ovoïde ou fusiforme. Les tendons envahis de préférence sont les gros tendons d’Achille, rotulien, du petit psoas, du sterno-mastoïdien, le jambier antérieur, les fléchisseurs des doigts. Nous avons eu l’occasion d’observer cette année à l’hôpital Saint-Louis une gomme du tendon d’Achille qui transformait toute la partie saillante de la corde tendineuse en une masse multilobée, dure, non adhérente aux tissus environnants.

Bouisson observa un cas de gomme des fléchisseurs des doigts, comme aussi Lisfranc. Nélaton relate l’histoire de 2 fumeurs gommeuses siégeant dans le tendon du triceps crural.

Il n’est pas rare, quand elles sont au voisinage d’une articulation, de voir se développer une arthropathie de voisinage que dans certains cas on a prise pour une tumeur blanche.

La gomme subit dans le tendon l’évolution ordinaire : périodes de crudité, de ramollissement, d’ulcération. Nûnn a vu une gomme des tendons de la patte d’oie se ramollir et ulcérer la peau. Presque toujours les.gommes sont indolentes au repos ; quand le malade exécute des mouvements, il éprouve des douleurs plus ou moins vives au niveau du tendon tiraillé et malade: d’où une gêne fonctionnelle facile à expliquer.

Que les tumeurs se ramollissent ou s’ulcèrent, la continuité de l’organe est respectée et le tout guérit sans qu’il y ait de rétraction du tendon.

Quelquefois cependant le tendon se détruit en partie ; dans une observation de Saint-Arroman nous trouvons que le tendon rotulien envahi par la gomme avait en partie disparu ; l’articulation du genou contenait un liquide séreux abondant; il en était de même dans un cas cité par Nélaton; la gomme développée dans le tendon rotulien avait produit par voisinage un épanchement considérable dans le genou et l’on aurait pu facilement prendre la maladie pour une tumeur blanche.

Le diagnostic des tumeurs syphilitiques des tendons est généralement facile quand le tendon est isolé, non entouré d’une bourse synoviale; par exclusion, quand on constate les caractères indiqués plus haut, on pose le diagnostic de syphilis qui se confirme presque toujours par la présence d'autres lésions tertiaires et l’examen des commémoratifs et des antécédents.

Il nous semble qu’il serait difficile de confondre les tumeurs syphilitiques avec un névrome, beaucoup plus douloureux, plus limité et situé sur le trajet de nerfs connus.

Lorsque le tendon est engainé par une synoviale, il est très-difficile de dire si c’est elle ou lui qui est le siège de la gomme, d’autant plus que celle-ci a une prédilection toute spéciale pour les culs-de-sac, là où la séreuse se réfléchit sur le tendon. Le diagnostic différentiél n’aura pas grande

TENDON. — TÉNOTOMIE.

importance; ce qu’il faudra reconnaître, c’est la nature spécifique du néoplasme que l’on a sous les yeux.

Le pronostic de ces lésions est relativement favorable, une fois qu’elles sont reconnues; les organes atteints sont généralement épargnés dans leur continuité, pourvu que le médecin institue un traitement rationnel.

Ce traitement sera celui des accidents tertiaires de la syphilis. On administrera l’iodure de potassium à doses progressivement croissantes de 1 gr. par jour jusqu’à 4 gr., en augmentant de 0,50 gr. tous les deux jours et en le continuant pendant un temps suffisant. Suivant la précocité ou l’ancienneté des accidents tertiaires on donnera ou non le mercure, soit sous foi’me de frictions, soit à l’intérieur. La tumeur sera elle-même traitée localement par des applications de bandelettes de Vigo. Elle cédera toujours à un traitement sérieux et suffisamment prolongé. Ed. Schwartz.

TÉ\'OTO.vii£. — L’histoire de la ténotomie est tellement vaste, les matériaux réunis par les chirurgiens et ayant trait à la section des tendons sont tellement nombreux, qu’il est impossible, dans les limites que nous impose cet article, de passer en revue les phases diverses de cette opération, ses indications dans tel ou tel cas, les procédés opératoires différents suivant les régions : le lecteur trouvera d’ailleurs aux articles Pied bot. Strabisme, Torticolis, tous les détails que comporte la ténotomie dirigée contre les difformités ou les déviations qui la nécessitent le plus souvent.

Nous n’exposerons ici que l’histoire générale de la ténotomie, ses indications générales, l’appareil instrumental et la manière de s’en servir, en renvoyant pour la physiologie pathologique, c’est-à-dire pour l’histoire de la régénération du tendon coupé, au chapitre des plaies souscutanées déjà traité par nous.

On désigne sous le nom de ténotomie la section d’un tendon par le chirurgien. Certains auteurs, ceux du Compendium, par exemple, ont englobé dans cette dénomination la section des muscles (myotomie), celle des aponévroses et des ligaments. Nous croyons que cette manière de voir prête à des erreurs et à des confusions regrettables et nous n’aurons en vue ici que la ténotomie proprement dite.

L’opération de la ténotomie, avant d’être pratiquée par la méthode souscutanée, a été faite à ciel ouvert. Son histoire se divise tout naturellement en deux périodes. Dans la première le chirurgien fait une plaie exposée du tendon ; dans la seconde il le divise par la méthode sous-cutanée ; cette dernière s’étend depuis l’opération que pratiqua Delpech sur le tendon d’Achille, en 1816, jusqu’à nos jours, tandis que l’autre débute dès le milieu du dix-septième siècle.

Si nous en croyons Tulpius, la section du sterno-mastoïdien aurait été faite en 1685 par Isacius Minnius pour un torticolis avec rétraction musculaire; le malade guérit. Puis Roonhuysen cite deux cas de ténotomie pratiquée sur le même muscle. Joba Mekren et Sollingen citent ou

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