‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 46 sur 117 · TESTICULES · texte numérisé non relu

TESTICULES

îLOri'EMEST.

I, II, ni, VI : Les quatre temps principaux de la

TESTICULES. — bibliographie.

que le fœtus grandit, le gubernaculum testis conserve sa longueur première; il en résulte que le testicule, à un moment donné, se trouve tout porté à l’orifice du canal inguinal. Il est très-vraisemblable que cette inégalité de développement de deux plans superposés favorise.le mouvement de descente. Mais il est impossible aussi de ne pas admettre que les faisceaux musculaires servent à quelque chose. Ils ne peuvent pas être simplement destinés à orner le gubernaculum, et comme leur activité ne peut avoir d’autre effet que de rapprocher le testicule de l’orifice abdominal, on persitera longtemps encore à leur attribuer un rôle primordial dans la migration du testicule.

C’est vers la fin du cinquième mois que le testicule arrive à l’orifice supérieur du trajet inguinal ; au septième mois il est dans le canal ; au huitième il se montre à l’orifice inférieur ; au neuvième il est dans les bourses.

Dans ce parcours, en même temps qu’il entraîne à sa suite les vaisseaux du mésorchium , il attire avec lui, en l’allongeant, le feuillet pariétal du péritoine qui ferme l’orifice inguinal. En dessous de ce feuillet est situé le fascia transversalis. Il le repousse également et sans peine, puisque le conduit est large et que les fibres musculaires du crémaster peuvent encore agir. D’ailleurs, à ce niveau le fascia transversalis est d’une minceur extrême et déprimé à l’orifice du canal. Au sortir du trajet inguinal, les fibres du crémaster proprement dit ne servent plus à rien. Le testicule tombe en quelque sorte dans le scrotum où l’attire et le dirige le petit faisceau médian du gubernaculum.

Il arrive parfois qu’au moment de la naissance le testicule n’est pas encore descendu dans les bourses. La rétention inguinale du testicule peut donner lieu, si elle se prolonge, à des accidents qui seront étudiés ultérieurement. Mais, lorsque les choses se sont passées régulièrement, la communication du ventre avec le scrotum ne tarde pas à se combler. Le canal séreux formé par deux feuillets, le pariétal et le viscéral, se ferme, à quelques millimètres au-dessus du testicule, par l’accolement de ces feuillets. Le cordon peut donc être comparé à un tendon dans sa gaîne, et la séparation du péritoine et de la vaginale se fait, en somme, par un procédé analogue à celui des adhérences qui s’établissent sur un trajet de gaîne tendineuse.

Lorsque la vaginale a été isolée, le testicule présente à considérer les enveloppes suivantes : 1° la vaginale (feuillets viscéral et pariétal) ; 2° la tunique fibreuse, qui représente une sorte de fascia transversalis virtuel, «’est-à-dire une lamelle celluleuse, intimement adhérente à la vaginale d’une part, au crémaster d’autre part; 3“ la tunique érythroïde, constituée par l’épanouissement des fibres du crémaster, écartées les unes des autres, plus épaisses en dehors qu’en dedans, parallèles dans leur ensemble, et ne parvenant jamais à l’extrémité inférieure du testicule; enfin (4“ et 5°) le dartos et le scrotum, qui ont été précédemment décrits.

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240 TESTICULES. — anomalies.

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E. Brissaüd.

Anomalies. — L’étude des imperfections congénitales et des vices de conformation du testicule n’a pu être faite d’une façon précise qu’ après que l’on eut découvert le mode de formation et de migration de l’organe jusqu’à la naissance ; et ce n’est qu’à la lin du siècle dernier que les travaux de Haller, de Wrisberg, de Hunter, de Rœdlinder, firent connaître ces phénomènes physiologiques dont l’étude a été plus tard complétée par Millier, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, puis Rohin, Follin, etc. Aussi, jusqu’à ces dernières années, ne trouvons-nous aucun travail d’ensemble qui donne une description méthodique et complète des anomalies. Ce n’est même que fort tard que furent prises les premières observations exactes de ces vices de conformation, et il nous faut arriver jusqu’à Nicolas Massa et Ambroise Paré pour avoir une description exacte des faits relatés; à partir de ce moment, des observations isolées, des mémoires sur presque tous les points de la question sont publiés par un assez grand nombre d’auteurs; nous rappellerons seulement les noms de Rosenmerkel, de Montfalcon, de Lecomte, de Goubaux, de Follin, de Roubaud. En 1856 paraît le travail de Godard : « Études sur la monorchidie et la cryptorchidie chez l’homme », travail considérable, auquel jl ajoute dans sa thèse inaugurale, en 1858, un résumé de tout ce que la science renferme de relatif à la question. Cette étude de Godard, si importante par le nombre des faits relatés et par l’exactitude des observations, sert de base à toutes les recherches ultérieures. Sans nous

TESTICULES. — anomalies : hïpertbophie. ATROPaiË. 241

arrêter à énumérer les divers mémoires qui ont été publiés depuis cette époque, nous ne citerons que les ouvrages qui donnent une description d’ensemble des anomalies : la thèse d’agrégation de Le Dentu, le mémoire de Wenzel Grüber sur l’anorchidie, l’article de Trélat et Peyrot [Dîct. encyclop. des sc. méd.).

Les anomalies peuvent porter sur le nombre, sur la situation, absolue ou relative, du testicule. Nous étudierons donc en premier lieu : l’hypertrophie et l’atrophie ; puis la polyorchidie et la synorchidie ; enfin les arrêts ou les déviations dans la migration et, en terminant, l’inversion.

1° Hïperirophie. — Le poids et le volume du testicule sont assez variables pour qu’il soit difficile de fixer avec précision la limite au delà de laquelle on doit admettre qu’il existe une hypertrophie. Cette hypertrophie, indépendante de tout état morbide de la glande, doit être d’ailleurs extrêmement rare ; en tout cas elle est à peine connue ; elle n se manifeste qu’au moment de la puberté et, si on l’appelle congénitale c’est qu’on la regarde comme reliée à une prédisposition originelle (Le Dentu). Dans les cas signalés par Velpeau, elle a presque toujours frappé des habitants des pays chauds, et de plus ne s’est montrée qu’à un âge assez avancé, de sorte qu’il est permis de nier qu’il s’agisse là réellement d’hypertrophies essentielles congénitales. Les seuls cas bien observés sont ceux dans lesquels, un testicule étant absent, ou atrophié ou arrêté dans sa migration, l’autre présente un volume certainement anomal (cas de Curling, de Cosselin, de Crüber).

Atrophie. — Nous ne voulons parler ici que de l’atrophie congénitale, c’est-à-dire, par arrêt de développement, et nous ne nous occuperons pas des diminutions de volume qui surviennent dans la vieillesse ou qui succèdent si fréquemment aux affections de la glande.

Chez certains sujets, les testicules ne subissent pas, à l’époque de la puberté, les transformations qui d’ordinaire les rendent aptes à remplir leurs fonctions. Il s’agit donc bien là d’un arrêt de développement plutôt que d’une atrophie proprement dite. Le testicule garde, après la puberté, pendant toute la vie, le volume qu’il avait dans l’enfance ; cet état est habituel aux testicules arrêtés dans lenr migration, comme nous le verrons en étudiant la cryptorchidie. Mais il peut exister aussi alors que les deux testicules sont descendus dans les bourses, ou bien encore plus souvent se manifester sur le testicule descendu alors que l’autre a été retenu (Codard, Mercier).

Cette atrophie des testicules est souvent liée à l’idiotie ou au crétinisme ; dans quelque cas elle semble devoir être rapportée à un traumatisme du crâne. Enfin il ne faut pas oublier que, d’après les recherches d’Hutinel, beaucoup de ces cas d’atrophie réputée congénitale ne

sont probablement que des manifestations de la syphilis héréditaire.

L’état des organes génitaux externes est ordinairement en rapport avec le volume des testicules : verge petite, scrotum peu développé, sans rides; le testicule ne dépasse pas, en général, le volume d’une noisette; il est peu consistant, son tissu est normal et semblable à celui qu’on

242 TESTICULES. — aîsomalies : polyorchidie. asorchidie.

trouve dans la première période de la vie, lorsque la substance tubuleuse n’est pas encore distincte (Curling) ; il ne renferme pas de spermatozoïdes. Cet état s’accompagne du reste presque toujours d’une frigidité et d’une impuisance plus ou moins marquées. Il est inutile de dire que l’infécondité est absolue.

Mais ces organes, arrêtés dans leur évolution et restés, pour ainsi dire, à la période infantile, peuvent, sous l’influence d’une émotion, d’une vive passion, se développer rapidement et la fonction spermatique s’établir en même temps. Curling cite, d’après Wilson, un curieux exemple de cet éveil tardif de la puberté chez un homme de vingt-six ans : « Ses testicules et son pénis n’étaient guère plus gros que ceux d’un enfant de huit ans. Il n’avait jamais éprouvé de désirs vénériens jusqu’à l’époque où il avait connu sa future ; depuis ce moment il avait eu de fréquentes érections et des pollutions nocturnes. Il se maria, devint père de famille, et ces mêmes organes qui, à vingt-six ans, étaient si inférieurs au volume normal, avaient à peu près atteint, à vingt-huit ans, les proportions qui sont habituelles chez l’adulte » (Curling).

3“ Polyorchidie. — Testicules surnuméraires. — On a rapporté un certain nombre de cas de polyorchidie et les exemples, mentionnés par Schaarf et par de Blégny, de sujets ayant l’un cinq testicules et l’autre quatre, sont partout connus et cités. Assez fréquentes sont les observations de triorchidie, dans les ouvrages anciens. Mais aucune de ces observations, sauf celle de Gérard Blasius, n’est authentique, car elles manquent toutes d’examen nécroscopique confirmatif. Dans le fait rapporté par Blasius, au contraire, l’autopsie fut faite et on trouva à droite deux testicules en tout semblables à celui du côté gauche ; une artère venant de l’aorte se rendait à chacun d’eux ; une veine particulière partant de chacun d’eux se dirigeait vers la veine cave [ohs. méd. anat.).

Les autres exemples de testicule surnuméraire ne sont bien probablement dus qu’à des erreurs de diagnostic. Une tumeur graisseuse, une tumeur fibreuse du cordon, une hydrocèle enkystée du testicule ou du cordon, une hernie épiploïque, peuvent en effet être facilement prises pour un testicule. Cependant, on peut presque toujours par un examen attentif arriver à reconnaître la nature de la tumeur; Morgagni fut pourtant trompé par une portion d’épiploon. Curling cite le cas du docteur Monsey qui semblait, de son vivant, avoir trois testicules. Le prétendu troisième testicule était formé par une tumeur fibreuse adhérente à la tunique vaginale. « Le seul signe sur lequel on puisse compter pour le diagnostic (sauf la transparence des kystes), la sensation spéciale causée par la compression du testicule, n’est pas d’une valeur absolue; il suffit que la production nouvelle soit en connexion intime avec le plexus spermatique pour que cette sorte d’exploration cause des douleurs » (te Dentu) .

4“ Amorchidie. — Absence d’un testicule ou de tous les deux. — L’anorchidie est un vice de conformation rare. Beaucoup des faits publiés ont du être écartés de la statistique, après un examen sérieux. L’absence du

TESTICULES. — anomalies : anorchidib. 245

testicule est en effet fort difficile à constater; on ne peut en aucune façon la reconnaître sur le vivant, et à l’examen anatomique même des organes les causes d’erreur sont souvent difficiles à éviter. Sans parler de ces cas dans lesquels l’arrêt de développement de la glande l’a laissée à un volume si insignifiant qu’elle passe inaperçue à une observation superficielle, nous voyons que souvent à la place de cette glande on a trouvé de petites masses graisseuses ou fibreuses, lobulées ou non, qui, sans posséder en rien une structure analogue, en présentent toutes les connexions.

Il devient alors presque impossible de décider si l’on a affaire à un arrêt de développement, à une transformation de l’organe ou à une véritable anorchidie.

11 n’en existe pas moins un certain nombre de faits bien prouvés, et, dans son relevé statistique, Grüber en signale 31, dont 93 d’anorchidie simple et 8 d’anorchidie bilatérale.

Anorchidie simple ou unilatérale. ■ — L’anorchidie simple paraît être plus fréquente à gauche qu’à droite (Grüber). Mais la différence des chiffres n’est pas assez considérable pour avoir quelque valeur.

Le testicule peut manquer seul, l’épididyme restant intact, bien développé et occupant sa place habituelle dans le scrotum ou en un point du parcours de la glande. D’autres fois, on ne trouve ni testicule, ni épididyme, et une partie de la portion scrotale du canal déférent, quelquefois cette portion tout entière, fait défaut. Enfin, dans des cas extrêmes, tout l’appareil excréteur, canal déférent et vésicule séminale, est absent ou presque complètement atrophié.

a. Absence du testicule seul. — L’indépendance originelle du testicule et de l’épididyme permet de comprendre comment peut se produire cette malformation dont on ne possède que quatre ou cinq exemples (cas de Godard, de Legendre, de Gosselin, de Follin. Cas douteux de Deville). L’épididyme était comme d’habitude placé dans le scrotum, sauf dans le cas de Godard où, chez un foetus de quatre mois, il occupait la paroi postérieure de l’abdomen.

b. Absence du testicule et de l’épididyme. — C’est la variété de beaucoup la plus fréquente. Le canal déférent s’arrête à une distance variable. Il peut aller jusqu’au fond du scrotum: le plus souvent il s’arrête à la partie supérieure du scrotum ou au niveau de l’anneau inguinal superficiel ou encore au point où il croise l’uretère. D’après Godard, la vésicule séminale ne manque jamais qu’en même temps que la portion pelvienne du canal déférent, ce qui constitue alors la troisième variété.

c. Absence de tout l’appareil. — Velpeau et Blandin ont constaté des faits de ce genre ; d’autres ont été rapportés par Terreux et par Godard. Velpeau a constaté l’absence de l’artère et de la veine spermatiques du côté de l’anomalie : or l’artère spermatique paraît exister toujours dans les cas d’absence du testicule ; elle vient soit se terminer dans une petite masse cellulo-graisseuse contenue dans les bourses, soit se ramifier et

TESTICULES. — anomalies : ahorchidie.

se perdre dans les enveloppes ; pour qu’elle manque il faut donc, semble-t-il, une absence de tout l’appareil génital.

d. Il nous reste à signaler une quatrième variété fort curieuse constituée par des cas d’absence plus ou moins complète de l’épididyme, le testicule lui-même étant tout à fait normal. Il existe quatre observations de ce genre de malformations ; elles sont dues à Hunter, à Brugonne, à Godard et à Munchmeyer. Dans le cas de Godard manquait tout l’appareil excrétéur, épididyme, canal déférent, vésicule séminale.

Anorchidie double ou bilatérale. — Elle est trois fois plus rare que l’anorchidie simple. Toutes les variétés ont été observées ; on a constaté ; « l’absence simultanée des deux testicules et des deux épididymes, les canaux déférents et les vésicules séminales étant intacts ; l’absence des testicules, des vésicules séminales et de la portion extra-abdominale du canal déférent, l’absence de l’appareil entier, y compris la vésicule séminale. » (Trélat et Peyrot).

État de la verge et du scrotum. — Dans l’anorchidie unilatérale, le caractère dominant est le défaut de symétrie du scrotum,, qui forme audessous de la verge une poche unique renfermant le testicule. Cette asymétrie est d’autant plus accentuée que le canal déférent manque sur une plus grande longueur. D’après les recherches de Godard, quand tout l’appareil manque d’un côté, « les couches du scrotum sont représentées par le fascia sous-cutané, l’aponévrose superficielle et un tissu cellulograisseiix plus ou moins abondant, entre les mailles duquel rampent des vaisseaux de petit calibre. » Quand le canal déférent existe, quelques fibres des crémasters et une tunique vaginale plus ou moins rudimentaire l’enveloppent.

Dans l’anorchitlie double, les organes génitaux externes subissent des modifications profondes, ; le pénis est presque toujours atrophié. Deux fois le scrotum manquait complètement (Le Dentu).

Malformations concomitantes. — Celles qui accompagnent l’anorchidie simple ne portent guère que sur l’appareil urinaire ; atrophie ou absence du rein et de l’uretère. — On les rencontre surtout dans les cas de malformations de la portion centrale du canal déférent et de la vésicule séminale.

Avec Tanorchidie double on a signalé des malformations diverses : anus contre nature, exstrophie de la vessie, absence des organes génitaux externes, de l’anus, des reins, des uretères, de la vésicule biliaire, etc.

Diagnostic. — Il est impossible de reconnaître Tanorchidie sur le vivant et ce n’est qu'après un examen anatomique souvent fort délicat qu’oii peut affirmer l’absence de Tun des testicules ou de tous les deux. Un testicule arrêté dans sa migration et caché plus ou moins profondément dans Tahdomen échappe en effet à toute exploration. Godard avait cru pouvoir fonder le diagnostic différentiel de Tanorchidie double et de la cryptorchidie double sur l’absence ou la présence du sperme. — Pour lui le cryptorchide est puissant et éjacule une semence inféconde, tandis

TESTICULES. — sïjiorchidie des t. ectopies, a.rrêts dans la migration. 245 que l’anorchide est impuissant et n’éjacule pas une goutte de sperme. Ce signe est loin d’avoir la valeur que lui attribuait Godard, car certains cryptorchides peuvent être absolument impuissants et présenter tous les attributs du féminisme que l’on rencontre chez les anorchides. Lorsque l’anorchidie est double en effet, elle imprime à toute l’économie des modifications profondes ; l’individu qui en est atteint, véritable eunuque, présente tous les caractères du sexe féminin. On ne retrouve plus ces caractères dans les cas d’anorchidie unilatérale, surtout lorsque le testicule qui reste présente, comme cela est fréquent, une véritable hypertrophie compensatrice. Les fonctions génératrices ne subissent alors aucune atteinte de ce vice de conformation.

Stoorchidie ou fusion des testicules. — Isidore-Geoffroy Saint-Hilaire a rapporté le seul exemple connu de fusion des testicules dans l’abdomen, anomalie qui rappelle une disposition normale chez les batraciens. Dans ce cas unique, communiqué à Geoffroy Saint-Hilaire par Breton et Chauvet, « le scrotum bifide était vide ; les deux reins, les deux capsules surrénales et les deux testicules étaient réunis sur la ligne médiane. Les veines et artères spermatiques, les vésicules séminales et les canaux déférents, étaient doubles ; chaque moitié du double testicule recevait ses vaisseaux particuliers » (Cruveilhier, Anat., path., t. I, p. 301.).

Dans une seconde variété, la fusion s’opère dans le scrotum ; on a cité quelques exemples de cette disposition, qui ne serait que l’exagération de ce qui existe chez les didelphes (kanguroos), dont les deux testicules sont en contact dans un scrotum non cloisonné (Le Dentu). Mais Cruveilhier ne croit pas possible ce vice de conformation et élève des doutes sur l’authenticité des quelques faits observés.

Ectopies, Arrêts DANS la mgration; — Nous employons les mots d’ectopies ou mieux encore d’arrêts dans la migration pour désigner les anomalies de position du testicule. Il existe une étrange confusion dans les expressions employées par les auteurs qui ont écrit sur cette question, et nous devons rapidement indiquer les sens différents qu’on a attribués à chacune d’elles. On s’est servi des mots anorchides, monorchides, cryptorchides, pour désigner des individus « présentant tous ce caractère commun que chez eux, par le fait d’un vice congénital, un côté ou chaque côté du scrotum est dépourvu de testicule » (Trélat etPeyrot). Chez l’anorchide, nous l’avons déjà vu, l’absence du testicule est complète ; nonseulement le scrotum est vide, mais le testicule -ne s’est pas formé et n’existe en aucun point. Si on se fonde sur la signification précise et radicale des mots, l’expression de cryptorchidie doit caractériser l’absence dans le scrotum de la glande qui reste cachée en une autre région, et celle de monorchidie doit s’appliquer à l’anorchidie unilatérale. Or, tandis que, pour les ectopies, Goubaux et Follin n’emploient que le mot crytorchidie (qu’ils divisent en simple ou double), nous voyons Godard appeler monorchide tout individu qui n’a qu’un testicule dans sa position normale (que l’autre manque conplétement ou soit arrêté dans sa migration), et cryplorchide celui dont les deux testicules

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