‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 49 sur 117 · L. Gosselin et Ch. Walther · texte numérisé non relu

L. Gosselin et Ch. Walther

TÉTAIVOS, deT£’V!.ietTtTai'vw(jetends) : grec, cTtaciAÔç ; lat., Tetonws; ital., Tetano; esp., Emoramiento ; angï., Locked-Jaw, Tetany; ail., Todtenkrampf, Slarrkrampf, Hundskramps ; holl., Krampbrekning- Spanning, Halsslyfte ; Doodstrupen; iAa., Dodning krampe; suéd., Kjust ; capistrum (Vogel) ; Entasia trismus, Entasia tetanus (Good) ; Catochus (auteurs divers) ; Catarrhe de Cayenne (Bajon) ; Sarelte du Vivarais, Mal des mâchoires.

Définition. — Le tétanos est une contracture douloureuse, tonique, qui, partant de la mâchoire, envahit progressivement le cou, le tronc, les membres, en se compliquant de secousses générales rapides et plus ou moins fréquentes. En anatomie pathologique, c’est une myélite aiguë centrale des régions supérieures de la moelle, avec exagération des réflexes.

Historique. — H n’existe peut-être pas d’affection qui démontre mieux que le tétanos, la faiblesse et l’impuissance des recherches dans toutes les parties de Tart de guérir. Connue d’Hippocrate, dont les aphorismes n’ont pas été beaucoup ébranlés, cette maladie, étudiée depuis deux mille ans parce qu’elle a toujours conservé un caractère terrible de danger, n’a rien laissé connaître de bien certain ni dans sa nature, ni dans les lésions qui l’accompagnent, ni dans les méthodes de traitement qui auraient pu seulement diminuer sa gravité. Et cependant que d’observations recueillies sous tous les climats, à tous les âges, dans tous les temps, pendant la paix et pendant la guerre ! combien de médicaments nouveaux préconisés chaque jour ! Avec quel soin n’a-t-on pas examiné les centres nerveux, enregistré les températures avant et après la mort, pour arriver à une thérapeutique rationnelle ! Les résultats aujourd’hui connus n’ont pas un caractère de certitude absolue en rapport avec la longueur et la multiplicité des recherches. L’anatomie pathologique est assurément 3ur la voie des lésions, et notre arsenal thérapeutique peut répondre à quelques indications précises.

Hippocrate [Des affections internes, 52, trad. Littré, t. VH, p. 299) a fixé la gravité du pronostic, à son point capital. A cette période de l’histoire, le tétanos traumatique devait être fréquent, et les aphorismes qui nous ont été laissés par le divin vieillard sont le fruit d’une longue série d’observations. « Ceux qui sont pris de tétanos meurent en quatre jours; s’ils dépassent ce terme, ils guérissent » (Aphorismes, trad. Littré, t. IV sect. V, .Aph. 6). Il mitige un peu ce jugement, car il ajoute en parlant du tétanos généralisé : « Le malade meurt le troisième jour ou le cinquième, ou le septième ou le quatorzième. Passant ce terme, il guérit » (Des maladies, trad. Littré, t. VH, p. 132).

Page 1