TÉTANOS. — NATURE DU TÉTANOS
La région des olives était particulièrement normale ; la branche descendante de la 5® paire, absolument intacte. A part la congestion des vaisseaux, nous n’avons constaté aucune lésion dans un grand nombre de coupes faites sur le bulbe. Ces préparations ont été examinées par notre ami Mathias Duval, auquel l’état normal de cette région est si familier : elles lui ont paru absolument saines.
Enfin, des parties du nerf médian et des branches collatérales du pouce, traitées par l’acide osmique n’ont fourni aucune trace de névrite, ni interstitielle, ni parenchymateuse (Soc. Biologie, 28 févr. 1881).
Que conclure de toutes ces observations souvent contradictoires? D’abord, il est un certain nombre d’examens qu’il faut éliminer comme entachés d’erreur, parce que les recherches ont porté sur des moelles recueillies plus de 24 heures après la mort. En elfet, le tissu nerveux est de tous ceux de l’économie celui qui s’altère le plus rapidement, surtout chez les malades morts avec une température élevée. Et quelle est la maladie qui donne une hyperthermie plus forte que le tétanos? Cette condition à elle seule suffirait peut-être pour rendre compte des altérations dans les cellules épendymaires, névro-épithélium des plus délicats . Alors nous remarquerons que les observateurs qui ont pris soin d’avoir des matériaux frais ont souvent obtenu des résultats négatifs. Autre point : ces altérations constatées sont-elles primitives ou secondaires ; proviennent-elles de la congestion si évidente à toutes les autopsies? Les examens pratiqués sur des moelles de tétaniques enlevées en deux jours laissent une grande probabilité au caractère primitif des altérations hémorrhagiques exsudatives et même régressives rencontrées par Aufrecht. Les lésions secondaires n’auraient guère eu le temps de se former en un laps de temps aussi court. Toutefois aux résultats positifs dus à Lockard-Clarke, Dickinson, Michaud, Aufrecht et Amidon, il faut opposer les investigations négatives de Ranvier, Yulpian, Joffroy, et c’est à ces dernières que nous avons apporté notre contribution.
Est-ce à dire que rien n’existe? nous n’oserions l’affirmer. Dans notre esprit, le contraire est plutôt vrai ; seulement jusqu’ici notre technique pour la préparation de la moelle est peut-être imparfaite. Elle est encore d’une délicatesse extrême : une négligence dans l’enlèvement des pièces, dans le renouvellement ou la préparation des liquides, le durcissement avec ou sans gomme, le mode de teinture, tout cela peut modifier le résultat à consigner et tromper l’observateur le plus consciencieux. Notre avis est que le débat doit être poursuivi, en accumulant des matériaux choisis avec soin, et en figurant scrupuleusement les altérations rencontrées.
Nature du tétanos. — Connaissant les résultats fournis par les autopsies, pouvons-nous établir la nature du tétanos? Deux théories sont en présence ; 1° celle qui considère le tétanos comme la suite de l’irritation nerveuse partie de la périphérie, avec augmentation du pouvoir réflexe de la moelle altérée; 2° celle de l’intoxication générale de l’économie par un principe spécial amenant les accidents convulsifs.