TÉTANOS. — MÉDICATION GÉNÉRALE
Cependant il existe à cette méthode une objection sérieuse : au sortir du bain, très-souvent, les secousses convulsives se déclarent, et nous savons avec quel soin elles doivent être évitées. En outre le bain, au moment où le malade change de vêtements, se déplace dans son lit, est une cause de mouvements qui peuvent encore amener des contractures réflexes. En résumé, si les bains de vapeur au lit du malade sont un utile adjuvant, les bains tièdes, prolongés ou non, présentent des dangers réels avant et après l’immersion, à cause des contractures musculaires qu’ils imposent au malade.
A l’encontre des bains chauds, les bains froids ont été aussi préconisés. Hippocrate, Cullen et Calubera, font peu de cas de cette méthode, mais Currie, en 1748, en signalait les bons effets dans un cas aigu. Ce moyen fut employé par Mac Gregor en Espagne, et il le serait, dit-on, fréquemment dans l’Amérique du Nord, où l’on abuse de la glace. Pakatschel (1875) a obtenu une guérison par ce moyen, Cox a guéri un malade chez lequel le chloroforme et l’opium avaient échoué, en le plongeant dans la rivière, et en ramenant la sudation dans le lit. Ces bains répétés 5 à 4 fois par jour firent disparaître la contracture. A Montréal, suivant Cox, un médecin placerait ses malades sous la douche froide jusqu’à syncope et ramènerait la chaleur par l’enveloppement. Eliotson a vu au contraire la mort survenir à la suite de ce traitement. Le lecteur n’a pas oublié le cas de rupture du D. antérieur de l’abdomen et la scène qui accompagnait l’immersion dans l’eau froide, du malade de Larrey.
L’application de la glace, le long du rachis, peut être rangée dans cette méthode, bien qu’elle ait pour but assurément d’éloigner la congestion de la moelle. Falconner et Adams (de Londres) pensent avoir guéri deux malades par ce moyen. Plonger un tétanique dans l’eau froide ou lui appliquer de la glace sur la colonne vertébrale est assurément un hommage audacieux rendu au principe de thérapeutique : Similia similibus. Yandell indique cependant 6 cas guéris sur 9 par ce moyen .
Le traitement antiphlogistique du tétanos comprend les sangsues, les saignées, les purgatifs, les mercuriaux, toutes les médications déplétives et altérantes. Comme toutes les autres maladies, le tétanos a subi l’influence de la doctrine de l’irritation et des doctrines de Broussais. Les indications se tiraient alors de la fièvre, de la rareté des urines, de la constipation et de l’état congestif des enveloppes ou du système nerveux lui-même. Les exploits de Lisfranc et de Pelletier nous épouvanteraient aujourd’hui. Le premier appliqua à un tétanique, en 26 jours, 772 sangsues, et lui pratiqua 19 saignées. Pelletier a tiré 15 livres de sang à un malade. Guyon, médecin militaire en Algérie, contemporain • de Broussais, a guéri par ce moyen 7 tétaniques sur 9. Mirbeck, qui a exercé longtemps sous les tropiques, n’employait guère que les saignées légères, les bains et les ventouses. Il cite 11 cas de guérison sur 14 cas.
442 TÉTANOS. — médication ; acide salictliqde.
Poland donne ... 4 cas traités par la saignée 4 morts, Yandell . 58 cas, 35 guérisons ... 25 morts.
Soit . 62 cas avec 29 morts ou 487o de décès.
C’est à la méthode antiphlogistique que nous devons rapporter aussi les purgatifs, le tartre stibié, recommandés par Desault et Comaz {Lancet, 1860).
Si le temps de déplétions sanguines est passé, si nous ne considérons plus aujourd’hui la congestion des centres et des enveloppes comme active, mais plutôt comme le résultat d’une action vaso-motrice, il est vrai néanmoins qu’à la suite de cette congestion des exsudais périvasculaires peuvent se produire, dont le contact est un motif de dégénérescence pour les éléments anatomiques de la moelle.
A ce point de vue tout traitement qui favorise la résorption de la sérosité épanchée ou diminue la congestion répond à une des indications importantes fournies par l’anatomie pathologique.
Les mercuriaux, résolutifs par excellence et altérants, ont été employés sous toutes les formes : frictions et calomel jusqu’à salivation.
Trnka conseillait déjà l’onguent mercuriel à la dose de 50 grammes en frictions. Heurteloup, Hutin, Briart de Beauregard, recommandaient cette méthode ; Renault-Bonafos recherche le ptyalisme que Valentin a vu réussir dans des cas traumatiques. Larrey, au contraire, Blizard Curling, Howship, repoussent le mercure qui, selon le chirurgien de l’Empire, aggraverait toujours les accidents ; mais Emery et Guthrie, Mae Gregor, préconisaient les frictions à l’époque même de Larrey. L’ancienne école de Dupuytren etBoyer usaient largement de cette médication : Botter prétend qu’on ne meurt pas du tétanos quand on a pu produire une salivation abondante. Forget (Strasbourg) a porté la dose d’onguent mercuriel en friction jusqu’à 30 grammes par jour. T. Reeb, à Milan, pendant la campagne de 1859, a obtenu un beau succès par les bains tièdes et les frictions.
C’est en Italie que les mercuriaux paraissent être surtout employés, sous la forme du calomel à dose fractionnée, joint à l’opium. Les médecins anglais et des colonies, habitués à manier cet héroïque médicament dans les inflammations hépatiques ou intestinales, l’appliquent volontiers à la cure du tétanos .
Les statistiques sont contradictoires. Poland donne 21 cas — 2 guérisons qu’il n’attribue pas à la médication mercurielle seule.
Yandell sur 75 cas — trouve 42 guérisons. Nous avons dans la première une mortalité de 90% et dans le seconde elle n’est que de 457o*
Acide salicylique. — Ce médicament, qui paraît agir surtout sur le développement de la fièvre, a été employé par Wunderlich {Archiv von Virch., t. XXVIII, p. 620). Cette observation est assez rare pour être analysée, bien qu’elle se rapporte à un cas de tétanos léger.
Dans un cas de tétanos mitis chronique, avec température normale, le malade prit 17 doses de 50 centigr. d’acide salicylique d’heure en heure.
TÉTANOS. — MÉDICATION : chloral. 443
L’amélioration fut considérable; la bouche s’ouvrait, la tension des muscles était moindre. La médication fut continuée pendant 2 jours avec un peu de surdité et de bourdonnements d’oreille, ce qui fit suspendre son emploi. Mais alors les accidents reparurent assez intenses, et les spasmes revenaient toutes les cinq minutes. Le médicament repris à 50 centigr. toutes les 2 heures arrêta franchement les accidents à la première dose. La guérison fut obtenue au 18® jour, avec 57 grammes d’acide salicjlique.
Sulfate de quinine. — Le sulfate de quinine ne trouve son indication que dans les cas où l’élément palustre semble jouer un certain rôle dans la production des phénomènes tétaniques; alors il devient un agent héroïque pour distinguer le tétanos vrai des accidents convulsifs liés à la fièvre pernicieuse. Les observations des médecins de la Guyane mon trent que, dans le tétanos vrai, le sulfate de quinine perd sa puissance : les accidents se développent malgré les doses massives : certaines complications peuvent disparaître, mais la contracture réflexe persiste.
En France, on rencontre quelquefois dans le Midi et dans certains pays marécageux l’occasion d’employer utilement la poudre de quinine. Coste (de Marseille), se rappelant un fait de François (de Saint-Maxence), heureusement traité par le sulfate de quinine, donna à son malade, garçon de 16 ans, ce médicament, alors que les autres avaient échoué. La dose fut de 1 à 2 grammes, et le tétanique guérit. Il obtint un deuxième succès en 1874. Mais, à Londres, Taylor compte, sur 4 cas traités par cette méthode, 4 morts. Et cependant en Angleterre le sulfate de quinine jouit d’une certaine réputation, grâce aux observations de Grantham [Med. Times, vol. I, p. 246, 1861), d’IIutchinson (1865, vol. I, id^), et deHaynes Walton (1868, vol. II, p. 558).
Yandell sur 15 cas relève 11 cas de guéi’ison, et sur ces 15 cas il y avait 1 cas aigu, 3 cas nés avant le 14® jour et 3 cas chroniques.
Chloral. — 0. Liebreich et Langenbeck ont proposé contre le tétanos l’emploi du chloral, dont l’action .se traduit par une anesthésie avec perte des mouvements volontaires et réflexes. En France, ce médicament a surtout été’préconisé par Verneuil, à la Société de chirurgie, après 1870.
D’après Vulpian, le chloral agirait d’abord sur les fonctions des deux hémisphères, puis sur les corps striés, les couches optiques, atteignant enfin les centres médullaires où il éteindrait les mouvements volontaires et réflexes. Ce serait, suivant Couty, une action modificatrice directe de la cellule nerveuse et des éléments musculaires. Dans le tétanos, le chloral modifie aussi la sensibilité de la plaie, relâche la contracture, éloigne les secousses. C’est là un point acquis par la clinique et qui reste d’une importance majeure. En ce sens, le chloral ne servirait-il qu’à détendre, pour quelques minutes seulement, les muscles massétérins et pharyngiens, qu’il aurait une action précieuse, car il permet alors d’alimenter le malade et il pare aux accidents d’asphyxie. Les tétaniques, comme l’a dit Larrey autrefois, ne meurent pas de faim aujourd’hui.
Le premier effet du chloral est en clinique une somnolence douce.
444 TÉTANOS. — médication : chloral.
avec un peu de congestion de la face et de sueur. La température s’abaisse aussi légèrement; alors dans cette période de sommeil, qui arrive bientôt après l’ingestion du médicament, la contracture des muscles disparaît, sinon en totalité, du moins dans quelques groupes. Les secousses générales ne se produisent pas. Au réveil, elles reparaîtront, mais on donnera le chloral à nouveau, et ainsi l’affection peut être prolongée; heureux malade et médecin, si le terme fatal des 4 jours hippocratiques est dépassé ! Il est assurément des tétanos suraigus ou aigus dans lesquels le chloral n’arrête pas l’élévation rapide du pouls ou de la chaleur, diminue peu la contracture, laissant les dents à 1 cent, les unes des autres, avec dysphagie. Mais en répétant, en augmentant les doses, en allant jusqu’à 15 à 16 grammes par jour, il est bien rare que les symptômes de contracture ne se calment pas.
Malheureusement le pronostic reste aussi grave : la mort arrive presque toujours, dans ces cas terribles, en 4 fois 24 heures.
Néanmoins le triomphe du chloral : c’est le tétanos chronique, dont la gravité est démontrée par les statistiques ; gravité moindre que celle de la forme aiguë, mais bien réelle. Dans ces cas, le chloral calme les symptômes douloureux, s’oppose à la généralisation du mal, à la répétition des secousses. Il peut être continué pendant 15 et 20 jours et conduire ainsi par une voie très-douce, le sommeil permanent, à la convalescence,
Il ne faudrait pas croire, nous l’avons dit, à la guérison du mal alors même que sous l’influence de hautes doses de chloral les contractures toniques et cloniques auraient en partie disparu. Sous le sommeil chloralique, le danger reste, comme l’indiquent le thermomètre, le pouls et la respiration haletante. Malgré le bon pronostic qui semblait devoir être attribué aux sueurs établies, au sommeil, à la détente partielle, la mort peut arriver dans ces conditions de calme apparent. Au milieu d’une espèce de coma léger, le malade pousse quelques plaintes, la respiration s’accélère, le pouls devient filiforme, très-rapide, et la moindre petite secousse générale emporte le malade. Il n’est guère rationnel d’attribuer dans ces conditions la mort à l’épuisement nerveux. Les contractures ont été rares depuis le début du mal, car le chloral les a modérées dans leur étendue et leur fréquence, mais il est impuissant à supprimer Faction de la moelle sur le cœur, peut-être même favorise-t-il l’arrêt de l’influx nerveux nécessaire à la contraction de cet organe. Son emploi demande donc une surveillance active.
Monro (d’Edimbourg), Meikiesen, paraissent avoir établi que le chloral devait être réservé aux maladies de la moelle sans lésions organiques. Il serait contre-indiqué aussi quand le malade est affaibli par les hémorrhagies. Or, si nous admettons que les lésions de la moelle, congestions passives, peuvent produire des altérations anatomiques cellulaires, dans le centre de l’axe, l’emploi du chloral devrait être limité aux premiers jours pendant lesquels la moelle n’a pas encore eu le temps de subir cette désintégration épendymaire ou des cellules dans les cornes postérieures. Quand le pouls est petit, filiforme, la respiration courte et précipitée, si
TÉTANOS. — MÉDICATION : chloral. 445
le malade présente déjà quelque tendance à l’épuisement cérébral, alors le chloral nous semble contre-indiqué, parce qu’il ne ferait que diminuer une action de la moelle déjà fortement compromise. A ce moment le tétanos n’est plus une contracture, il rentre dans une période de paralysie nerveuse dont le médicament hâterait la gravité.
Nous n’avons pas à élucider la cause de l’action du médicament, , ni à savoir s’il se décompose en chloroforme et acide formique, ainsi que l’avait penséO. Liebreich. 11 est cependant probable, d’après les recherches de Personne et celles deChopard, dont la thèse sur le chloral (1876) fait époque dans la question, que la décomposition n’a pas lieu. Après l’injection intra-veineuse du chloral, le sang ne contient pas d’oxyde de carbone, condition nécessaire à la transformation en acide formique. Toutefois, il est certain que le chloral absorbé dans l’économie peut produire des éruptions rubéoliques. Elles ont été désignées par les Anglais sous le nom de rash chloralique. Bryant, Blunt et Chri. Brown ont alors pensé que, dans ces cas qu’il ne faut pas confondre avec les éruptions propres au tétanos, la peau était irritée par les formiates, résultats de la décomposition du chloral. Brown aurait assez souvent rencontré ces éruptions chloraliques : 19 fois sur 40. Gubler pense au contraire que cette transformation est difficile, lente, et qu’il n’y a jamais dans le sang qu’une très-minime quantité de chloroforme dont les effets disparaissent devant ceux engendrés par le chloral. Musculus a trouvé dans l’urine des malades soumis au chloral une quantité relativement grande d’un nouvel acide urochloralique dont les sels ne seraient pas décomposés par l’acide acétique.
Le mode d’administration du chloral reste aujourd’hui limité à l’absorption par la bouche ou en lavement, en dehors des applications faites sur les plaies (Bigelow, 1877, American Practit.).
Il peut être continué longtemps en intercalant quelques jours de suspension du médicament, et quelques malades ont pu en absorber jusqu’à 150 et 200 grammes, sans danger, dans le courant d’un tétanos. Les troubles gastriques qu’il produit ne deviennent sérieux que chez les enfants.
En 1874, Oré, de Bordeaux, proposa et pratiqua l’injection intra-veineuse du chloral pour combattre le tétanos : il guérit un de ses malades [Gaz. méd. de Bordeaux, n" 9). Le tableau clinique de cette opération est véritablement saisissant. 'Voici ce qu’observa Tillaux dans un cas trèsgrave où il fit l’injection par la céphalique droite, en 9 minutes, de 10 grammes de chloral dissous dans 20 grammes d’eau. L’effet immédiat fut un changement à vue tenant du prodige. La cyanose avait diminué dès la première seringue et la contracture cessa comme par enchantement, la malade ouvrit les yeux, parla. A la fin de l’opération, toute contracture avait disparu, même le rire sardonique. La coloration de la face était normale et rosée. La malade, anesthésiée, dormait^ d’un sommeil paisible, le pouls avait diminué et le relâchement complet de tous les muscles laissait la respiration suivre son cours habituel.
TÉTANOS. — 3iÉuiCATio.N : chlorai,.
Mais le mal reparaissait un quart d’heure après. En une heure, les phénomènes étaient à peü près les mêmes qu’avant l’opération ; la malade était froide, déprimée, pâle et dans la résolution. Les secousses reparaissaient, avec la forme dysphagique. Nouvelle injection dans la nuit. Impossibilité de franchir l’œsophage avec une sonde. Nouvelle injection à midi pendant laquelle la malade meurt : 20 grammes de chlorai avaient été injectés.
Chose beaucoup plus grave : par le fait de l’injection dans les veines, il se forme des caillots, qui viennent arrêter la circulation dans l’artère pulmonaire. Lannelongue a rapporté l’autopsie d’un cas malheureux de cette nature. L’injection avait laissé des caillots dans la radiale et la saphène, caillots résistants, dont les analogues se montraient dans le ventricule droit et l’artère pulmonaire. Labbé, Cruveilhier, ont aussi échoué par cette méthode.
L’injection sous-cutanée, outre qu’elle comporte une absorption assez lente, expose à des accidents locaux très-sérieux. Elle agit peu, à moins d’être concentrée, et alors elle devient caustique. Tizoni et Togliata repoussent formellement ce mode d’introduction du chlorai. Ils citent un fait (Biirney Yeo, Lancet, 1875) d’abcès gangréneux consécutif aux injections sous-cutanées de chlorai. Cependant Lauri [Il Raccoglitore, nov. 1874) aurait obtenu un succès parce moyen et Polaillon ne serait pas éloigné de l’accepter. Bouchardt, Purefoy, l’ont employé à la dose de un gramme. Cruveilhier, dans un cas malheureux traité parles injections intra-veineuses, constatait un abcès assez volumineux à l’avant-bras. La coagulation du sang par le chlorai a même été démontrée expérimentalement par Porta (de Turin) [Union méd., 1874), et Valerani (1875), qui ont employé ce liquide pour la cure des varices. Oré a proposé en injections intra-veineuses la même dilution (2/2) qui avait été employée par les expérimentateurs italiens. Vulpian ne l’admet qu’à 1/5.
Faucon, à Lille, a traité avec succès un cas d’empoisonnement traité par la strychnine, au moyen des injections sous-cutanées de chlorai. Il put faire plus de 120 piqûres sans accident, avec une solution au cinquième.
L’injection intra-veineuse d’Oré est aujourd’hui abandonnée : le chlorai s’administre, soit en potions le plus souvent, soit en lavements : ce dernier mode est même nécessaire, si le trismus est complet, si l'âcreté du médicament qui irrite un peu la gorge produit des contractures réflexes. Il est quelques malades qui se refusent absolument, après 1 ou 2 jours, à boire la potion concentrée de chlorai.
Chopard, dans sa thèse faite sous l’inspiration de Verneuil, énumère, sans formuler une statistique, 132 cas avec 69 guérisons et 68 morts.
Labbé, en 1871, sur 32 cas citait 14cas suraigus guéris et 18 morts.
Beck, en 1872, trouvait 56 cas, 21 guérisons, 15 morts.
Enfin Knecht, en 1878, dans des recherches plus complètes [Schmidt’s Jahrh.), a réuni : 134 cas, 79 guérisons, 55 morts, soit une mortalité de 41 7o • chiffre fatal aux environs duquel nous ramènent toutes les médications.
TÉTANOS. — MÉDICATION : chloroforme. 447
Chloroforme. — L’éther, le chloroforme surtout, ont été employés dans le traitement du tétanos pour amener un sommeil permettant le relâchement général des muscles par arrêt du pouvoir réflexe de la moelle. C’est à peu près le même mode d’action que le chloral ; la voie d’ahsorption est différente.
Cette méthode des inhalations fut employée par J. Roux dès février 1847 pour l’éther, et presque en même temps par Pertusio à Turin. Celui-ci guérissait un malade en 12 jours. Puis les observations se succèdent dans une période d’engouement. Petit (Ermenonville), Théobald (de Baltimore), publient deux succès. En 1849, le chloroforme fut employé par Forget, par Philippe, Mignot, Ledru, etc.
Dès 1854, il existait 54 observations de guérison par le chloroforme. Cependant J. Roux, Velpeau, Robert, Putegnat, enregistraient des revers : 15 cas malheureux étaient publiés à l’encontre des observations précédentes.
Poland (1857) indique 4 cas traités par ce moyen, 4 morts.
Yandell sur 55 cas, dont 29 aigus ou subaigus, donne le chiffre remarquable de 24 guérisons par le chloroforme, soit une mortalité de 51 7»*
Grisolle a échoué d’abord dans un cas avec les inhalations de chloroforme, et conduisit cependant son malade à la guérison par l’opium à haute dose. Cetteobservati6n(RMZ/. de the'rap., IS&i, t. LX, p. 50), est intéressante parce qu’elle montre les dangers des inhalations répétées. Le tétanique fut chloroformisé six fois ; à chaque reprise le calme se prolongeait, une détente se manifestait, mais à la dernière tentative l’inhalation était régulière et le malade à la période d’excitation, lorsque tout à coup les pulsations cessent, sans être précédées d’un ralentissement ou d’une irrégularité. Les traits s’allèrent, trois ou quatre inspirations ont lieu, puis tout signe de vie disparaît. Le malade revint difficilement à lui; il finit par reprendre ses sens, grâce à la respiration artificielle. II fut mis au régime de l’opium : 0,51 c. par jour, et guérit en 25 jours.
Un fait curieux a été publié par Simonin de Nancy {Bulletin de VAcad, de médecine, 26 avril 1870, t. XXXV). Il a eu un certain retentissement, et peut être considéré comme un des derniers succès du chloroforme bientôt remplacé par le chloral. Le malade de Simonin était un tétanique au 9“ jour de la maladie, avec pouls à 120 et température à 40. Le pronostic chez cet homme de 57 ans était donc grave. Simonin mit son blessé dans une petite pièce de 40 mètres carrés et versa sur une serviette placée sur la poitrine du malade du choroforme pendant 22 jours. Du 5® au 27® jour du tétanos, 20 kilos furent employés; la dose a été de 400 à 1400 grairimes par jour. L’amélioration apparut au 24® jour, et la guérison ne fut assurée qu’au 49®. Au 75® jour, la plaie à peine cicatrisée laissait une certaine raideur au bras.
Simonin a lui-même échoué sur deux autres malades avec le chloroforme.
Simpson a chloroformé un enfant pendant 15 jours et usé 5 kilos de chloroforme. Wagner a pratiqué 58 inhalations.
TÉTANOS. — MEDICATION : alcool.
Depuis cette époque, les observations de tétanos traité par le chloroforme sont rares : cette méthode présente en effet des dangers réels dans toutes les périodes du sommeil chloroformique ; période d’excitation, qui peut amener des spasmes du gosier et des convulsions générales; période de sommeil pendant laquelle la circulation pulmonaire, compromise souvent dans le tétanos, s’engorge et devient une cause d’asphyxie. Enfin la dose de chloroforme absorbée, difficile à mesurer, peut dépasser les limites où l’arrêt du cœur se produit.
Physiologiquement, le sommeil chloroformique constitue un danger réel pour le tétanique ; le chloroforme, sous ce rapport, est infiniment inférieur au cliloral dont nous pouvons mesurer l’action et suivre l’influence sur les symptômes dangereux à maîtriser. C’est une thérapeutique à rejeter, étant donné les autres agents médicamenteux que nous possédons aujourd’hui.
Avant les inhalations d’éther. Butin en Algérie, sur 60 cas de tétanos, en avait traité 20 par l’éther intus et extra, sans avoir eu à se louer de cette méthode. Bien plus tard, en Espagne, les applications locales d'éther pvlvérisé ont été employées à Lisbonne dans le service de Barbosa, qui aurait eu un succès par ce moyen. Da Silva Amado, chirurgien de Saint- Joseph, aurait employé le premier, suivant A. Paterson, l’action locale de l’éther sur la plaie. Le chirurgien anglais se proposait, en 1864, de se servir de douches d’éther sur la colonne vertébrale.
Un praticien américain, le D' Hinkle, s’est servi sur un malade de compresses imbibées de chloroforme en application le long de la colonne vertébrale. Les inhalations n’avaient produit aucun effet. Les applications locales suivant Hinkle agiraient directement en anesthésiant la moelle. Cette méthode lui aurait réussi pour arrêter les convulsions et guérir définitivement ses malades dans quatre cas de tétanos traumatique (Pacff. med. andsurg. Jowrn., juin 1868).
Il faut avouer que ces faits d’application locale d’un anesthésique, et peut-être même de la glace, se rapprochent singulièrement des phénomènes d’imbibition produits par Brown-Séquard sur les cobayes et les chats par les applications de chloral sur la peau. Ces résultats devront être suivis avec plus de soin qu’ils ne l’ont été jusqu’ici.
Alcool. — La méthode stimulante qui consiste à administrer largement le vin, l’eau-de-vie, les cordiaux, a été proposée par Rush (de Philadelphie) ; considérant le tétanos comme une maladie de faiblesse ( Transactions de la Soc. Phil. Americ., t. II), il recommande d’user largement du vin et du quinquina ; la plaie est dilatée et pansée à l’essence de térébenthine. Rush et Porack auraient ainsi obtenu de véritables et nombreux succès.
Cette médication, connue dans les régions boréales, est aussi très-employée sous les tropiques, où le tafia remplace le vin et l’alcool ; elle a été préconisée par Dutroulau. Chisholm nourrit et fait boire largement ses tétaniques (forced Nourihsment) ; il guérit 3 tétanos sur 6. Moffit
TÉTANOS. — MÉDICATION : opium, belladone. 449
{New South. Wales Gazette, yoI. III, n“ 8), a employé cependant sans succès, dans un cas aigu, des doses considérables de ce médicament, qui peut rencontrer son utilité chez les tétaniques alcooliques.
Desprez [British med. Journ,, IV, 1864) pense que l’alcool dilué produit sûrement la résolution musculaire et il obtint cet état de détente chez un tétanique ivrogne en lui donnant de l’eau-de-vie à discrétion. Le malade eu but jusqu’à 2 litres par jour pendant une dizaine de jours et fut guéri.
Percy avait déjà signalé les bons effets du vin.
Poland nous donne 15 cas traités par ce dernier liquide, 4 avec guérisons : soit une mortalité trop forte, 73 %•
Opium. — L’application de l’opium à la guérison du tétanos n’a bien été réglée que depuis Trousseau et Pidoux. Dazillc, à Saint-Domingue (1788), avait déclaré que dans ces régions tout succès était impossible dans le traitement du tétanos sans l’opium. Tel n’était pas l’avis de Tr’nka, ni de Rocheux, ni de M. A. Petit, qui sur 14 cas traités par l’opium ne put compter que deux guérisons.
Cullen avait bien observé la tolérance des tétaniques pour ce médicament, et Monro a pu faire prendre 7 grammes d’opium à un de ses malades, dans le même jour. Chalmers prescrivit dans le même temps 30 grammes de teinture thébaïque. Murray parle d’un tétanique qui absorba 600 gr. de laudanum en quelques jours sans dormir, ni . voir les spasmes se détendre. Les exemples de ce genre ne sont pas rares.
Chazarain, observant dans la Sénégambie, où le tétanos est endémique, sur 20 malades qu’il eut à soigner, les perdit tous en employant le traitement antiphlogistique, le chanvre, le tartre stibié. Mais sur 8 autres traités par l’opium à dose croissante, depuis 1,50 jusqu’à 3 et 6 grammes, puis en diminuant, un seul malade succomba.
Les injections hypodermiques ont rendu l’application de l’opium ou de ses alcalis bien plus facile et puissante ; on peut même dire qu’il est peu d’observations de tétanos où la morphine ne soit pas employée seule ou jointe à d’autres médications. C’est en effet le calmant par excellence : il toniüe le cœur et, sans la congestion des centres nerveux qu’il produit, son action serait plus précieuse encore.
Taylor, dans cinq cas, s’est servi de cet alcaloïde; tous ces cas étaient traumatiques et se sont terminés par la mort dans les trois jours.
Mais Yandell nous donne, sur 165 cas traités par l’opium, 94 cas de guérison, 61 décès : soit une mortalité de 31 chiffre fort peu élevé, si nous remarquons que ces 165 cas contenaient 22 cas aigus, 29 survenus avant le 14® jour et 26 chroniques.
Belladone. — S. Cooper en 1826 ne connaissait aucun cas de tétanos où la belladone eût été donnée : suivant lui, c’est un remède qui méritait d’être essayé.
Martin Solon, vers 1847, se servit le premier de l’extrait de belladone avec succès dans un cas de tétanos traumatique; Bresse (th., Paris, 1848
Nouv. uiCT. iiÉr.. ET ciim. XXXV ~ 29
450 TÉTANOS. — médication ; chanvre indien, tabac, curare. publiait 2 autres cas de succès. Lenoir obtint 4 guérisons par la combinaison de la belladone aux saignées et aux bains de vapeur.
D’après Knecht, les narcotiques mélangés, belladone, chanvre, aconit, camphre, etc., auraient dans ces derniers temps fourni 16 cas avec 12 guérisons.
Chanvre indien. — Le chanvre indien a été préconisé dans ces dernières années par Bouchut, qui, aux Enfants, l’a recommandé en se basant sur trois succès. D’un autre côté, Fanaye [Lancet, 1860), Lowe (Med. Times, 1865), ont échoué avec l’extrait de Cannabis indica ; cet extrait alcoolique est donné à la dose de 15 à 20 cent, toutes les 2 heures.
Yandell a réuni 25 cas traités par ce médicament, qui aurait fourni 64 7o de guérisons : soit 16 succès et 9 morts.
Lucas [Med. Times, 1880) a préféré à l’extrait les cigarettes de feuilles sèches mêlées au tabac. Le malade doit fumer jusqu’à l’arrêt des convulsions ou au sommeil, chaque dose étant de 1 gramme à 1 gr. 50. D’après l’auteur anglais, les convulsions seraient abrégées, espacées et moins intenses.
Tabac. — En lavements, il a été préconisé par Barthon, Rogers, O. Beirne et Anderson, surtout en Amérique et en Angleterre. Tyrelle, à Dublin (1864), llaughton (1862), ont employé la nicotine, ou les applications de décoction de feuilles (50 7o)-Biilington a perdu un malade malgré l’emploi de la nicotine à la dose de 1/5 de goutte toutes les 5 heures. Les sueurs s’établirent; elles exhalaient une forte odeur de tabac.
Curare. — Si dès 1855 Morgan avait eu l’idée d’employer le curare dans le tétanos, si Laville paraît s’en être servi pour le tétanos des chevaux dès 1812, les indications précises de l’action du curare après étude physiologique viennent de Cl. Bernard (1856) et de Thibeaud de Nantes, qui l’ont signalé comme devant produire le relâchement musculaire [Voy., pour l’action jihysiologique, l’art. Cürare de ce Dictionnaire). Mais c’est Vella (de Turin) qui sur un -blessé employa le premier cette médication. Le cas se rapporte à un tétanos survenu au douzième jour de la blessure par un coup de feu (Magenta). Vella se servit d’une solution à 19 c., puis 50 c. pour 40 gr. d’eau, avec laquelle il lavait la plaie. Le malade, qui était auparavant en contracture, put immédiatement boire, prendre quelques soupes et s’asseoir sur son lit. Après trois jours, l’absorption par la plaie fut remplacée par celle d’un vésicatoire. Le traitement dura 25 jours et le blessé guérit. Sayres (de New-York) aurait eu à la même époque un insuccès. Chassaignac, l’année suivante, publiait aussi une guérison, mais ces succès étaient accompagnés dans la presse de quatre cas malheureux. Manec et Vulpian en six heures avaient donné 0,27 c. de curare dont 10 c. environ furent perdus : le malade ne ressentit aucune amélioration et mourut. Follin injecte 0,50 c. en cinq heures et perd son malade. Gintrac et Middeldorpf échouent aussi avec le curare. Spencer Wells eut un succès et deux échecs. Demme obtenait par cette méthode 8 guérisons sur 22 et Busch 5 sur 11 en injectant 1/50 à 1/50
TÉTANOS. — MÉDICATION : calabar.
de grain, toutes les deux heures. Eu 1872, Pavy a donné 1/2 grain chaque heure : en 41 heures son malade avait pris 0.30 centigr. de curare et ne mourut qu’au quinzième jour. Pavy avait remarqué que les injections sous -cutanées ramenaient quelquefois les spasmes.
Capozzi, Morra, Gherini, ont eu des succès par ce mode de traitement (Union méd., 1869). Hansen, dans trois cas de tétanos dont deux essentiels, a vu que la morphine lui réussissait mieux que le curare, il accuse ce médicament d’augmenter les contractures. Taylor, dans 4 cas traités par le curare, consigne 3 morts.
En dernier lieu, Knecht relève 51 cas avec 26 guérisons et 25 morts. Mortalité : 59 “/o-
Aug. Voisin a parfaitement posé les indications de ce médicament : le donner à haute dose, 1 décigr. d’abord, puis augmenter de 2 cent, toutes les deux heures. La contre-indication formelle, c'est la fièvre. Le curare la produisant, il ne faut pas à l’hyperthermie tétanique adjoindre une autre cause d’aggravation.
Couty, à Rio-Janeiro, a démontré encore dernièrement que le curare dans la première phase de son action produirait une excitation de la moelle avec secousses. L’observation clinique de Pavy est donc conhrmée par la physiologie expérimentale, qui nous révèle une contre-indication sérieuse.
Calabar. — La fève de Calabar (Voy. Fève), dont le principe fut isolé par Vée en 1864 (ésérine), a été employée en 1863 pour le traitement du tétanos par Holmes Coote, à l’hôpital de Saint-Bartholomée de Londres. La médication était, il est vrai, unie à la morphine. Cependant l’élan était donné, et Watson, en 1865, traitait quatre cas de T. par l’ésérine. Il eut trois succès et dans le quatrième il y eut une amélioration assez sérieuse, quoique passagère. En France, l'ésérine fut employée par Giraldès et Bouvier, qui guérirent un enfant. Germain Sée faisait connaître aussi deux cas heureux en 1868 (Leçons de thérapeutique).
En 1867, Bourneville publiait ses recherches sur la fève de Calabar, et deux ans plus tard Navarro, dans sa thèse inaugurale, pouvait relever 17 observations de tétanos traitées par l’ésérine, avec 12 .succès. A partir de cette époque, comme le fait remarquer Charrier, dans un bon travail sur ce sujet (Paris, 1881), l’ésérine est négligée pour le chloral. En 1875, deux observations d’Anger et Reulos terminent la série des cas de T. traités en France par l’alcaloïde de la fève de Calabar.
Charrier a rapporté cinq autres laits de guérison dans des cas de tétanos traumatique de forme subaiguë. Ils appartiennent à Fauvel (Havre), Cl. Burnam, Pooley, Morton et Silbermann,
Mais la statistique la plus complète est celle de Knecht, qui en 1878 compte 60 cas avec 33 guérisons, 27 morts : soit 45 "/o de mortalité.
Sous l’influence de l’ésérine, à dose minime, le phénomène qui se produit de suite est la résolution musculaire : la mâchoire se détend, le corps reste affaissé, la tête repose inerte sur les oreillers, les contractures s’arrêtent; si au contraire le poison est absorbé à hautes doses.
452 TÉTANOS. — médication : bromdre de potassium.
il peut survenir des secousses violentes, des convulsions à tremblements fibrillaires : la gêne de la respiration est augmentée, le cœur bat d’une façon irrégulière.
De plus, l’ésérine produit toujours un certain degré de congestion de la face, une hypersécrétion bronchique d’autant plus dangereuse que les muscles respiratoires fonctionnent mal, et chez les animaux la mort par syncope ou asphyxie est la règle. On ne peut donc nier que cet agent médicamenteux énergique soit en même temps l’origine d’accidents graves, s’il est manié trop largement.
La diminution que nous avons signalée dans l’emploi de l’ésérine tient peut-être à ce que nous en connaissons mieux l’action. En effet, elle ne détruit pas, comme on l’avait pensé, la puissance excito-motrice de la moelle, et il faut renoncer à l’espoir d’agir favorablement sur le centre même du tétanos : cet alcaloïde tendrait plutôt à exciter l’axe médullaire. Toutefois l’ésérine fournit précisément un moyen de supprimer les effets dangereux des excitations par cela même qu’elle détruit la conductibilité des nerfs moteurs, isolant pour ainsi dire tout le système musculaire.
Pour ces motifs son action doit être surveillée avec soin et son absorption, tout à fait maîtrisée. Ace point de vue, les injections hypodermiques sont moins sûres que la méthode d’ingestion par la bouche ou en lavements, parce que sous la peau l’effet du médicament est rapide, et il est assurément plus aisé d’en suivre l’action quand il est donné par le tube digestif. Toutefois au début, pour maîtriser de suite les contractures et parer à un danger, les injections constituent une ressource précieuse.
La solution de sulfate d’ésérine doit être fraîche, prise toujours chez le même fournisseur, pour être d’une action égale. Sa puissance varie souvent suivant le lieu de provenance, et le sel cristallisé ne donne pas toujours des actions identiques. 11 ne faut pas dépasser 1 à 2 centigr. dans les 24 heures. La poudre, l’extrait, s’emploient en pilules. La teinture n’est pas une préparation du Codex.
\¥atson, qui a eu les premiers succès, donnait de 30 à 60 cent, d’extrait ; chez les enfants Giraldès se limitait à 20 c. de fève en poudre. Morton employait l’extrait alcoolique de la fève, à la dose de 5 centigr. toutes les quatre heures, puis l grain 1 /2. Il arriva rapidement à 60 grains par jour et même 80, quand les crises paraissaient s’aggraver. En 18 jours son malade, enfant de 12 ans, avait absorbé 45 grammes.
En injections hypodermiques, la solution usitée est à 1/100. Reulos (de ATllejuif) , dans un cas aigu prolongé au treizième jour, injectait de 1 5 à 20 gouttes toutes les deux heures, puis de 30 à 40 gouttes.
Bromure de potassium. — Ce médicament, dont l’action sur les mouvements réflexes de la moelle a été bien étudiée par Laborde, possède aussi la faculté de contracter les vaso-moteurs ; il est, en un mot, sédatif nerveux et modérateur de la circulation et de la chaleur (Voy. Potassium, t. XXIX) ; à haute dose, il produit l’ivresse bromique sans excitation. Malgré ces qualités, il ne peut guère être employé dans le téta-