THYROÏDE. — ANATOMIE DD CORPS
THYROÏDE. — Anatomie dü corps. — Situation générale. — Le ■corps thyroïde est situé à la partie antérieure et moyenne du cou, au-dessous du larynx, au-dessus du creux sus-sternal, en avant de la trachée, à laquelle il est fixé, et séparé par elle de l’œsophage, de la colonne vertébrale et des muscles prévertébraux.
Il répond à l’union du 1/3 inférieur et des 2/3 supérieurs de la région •cervicale antérieure.
Lorsque le développement du corps thyroïde est normal, on ne l’aperçoit pas à l’inspection directe du cou : mais son exploration est cependant possible sur le vivant par la palpation, pendant le déplacement de cette glande (ascension), lié aux mouvements de déglutition. Reconnaissez avec soin de haut en bas l’arc formé par l’os hyoïde, puis à un travers d’index au-dessous la saillie échancrée du cartilage thyroïde {pomme d’Adam), puis au-dessous la tubérosité antérieure et rugueuse du cricoïde. Appliquant alors le pouce et l’index de la main droite immédiatement au-dessous du cartilage cricoïde, sur les parties latérales de la trachée, dites au sujet de déglutir : à ce moment vos deux phalanges exploratrices seront pour ainsi dire écartées l’une de l’autre et repoussées •en avant par deux saillies mousses arrondies. Ce sont les deux parties latérales du corps thyroïde qui, remontant avec la trachée, viennent produire cette sensation que le chirurgien doit s’habituer à reconnaître.
Les vai’iations de volume congestives on hypertrophiques si fréquentes du corps thyroïde le rendent souvent perceptible à l’inspection directe du cou, sans qu’il soit besoin d’employer la manœuvre que nous venons d’indiquer.
Rapports. — Après avoir incisé la peau et le tissu cellulaire du cou sur la ligne médiane depuis le bord supérieur du thyroïde jusqu’au •creux sus-sternal, divisé l’aponévrose cervicale superficielle toujours sur la ligne médiane, il suffit d’écarter cette longue boutonnière verticale pour apercevoir le corps thyroïde en partie bridé par des lames musculaires.
Ces muscles, qui passent en s’arrondissant sur le corps thyroïde, sont disposés de la façon suivante : du bord inférieur de l’os hyoïde partent quatre muscles, les sterno-hyoïdiens en dedans, les scapulo-hyoïdiens en dehors qui, divergeant après leur origine, vont s’insérer à la partie postérieure du sternum, dans la portion excentrique de sa première pièce audessous de la facette claviculaire.
Les bords internes de ces deux muscles forment un triangle allongé à base inférieure qui laisse voir l’isthme de la glande thyroïde.
Au-dessous de ce premier plan musculaire se trouvent les sterno-thyroïdiens, qui forment un triangle, inverse du premier, c’est-à-dire dont la base est située en haut : ces muscles s’étalent, s’aplatissent sur les parties latérales du corps thyroïde : souvent même on aperçoit dans l’aire lozangique constituée par ces groupes musculaires quelques fibres détachées dusterno-thyroïdien qui vont se perdre dans le corps thyroïde.
Détachons ces muscles, divisons le feuillet aponévrotique mince qui
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réunit les deux omoplalo-hyoïdiens (aponévrose moyenne), et nous pouvons apprécier la forme du corps thyroïde.
Le corps thyroïde, d’un rouge hrun obscur, nous apparaît sous la forme d’un croissant à bord inférieur convexe, légèrement échancré à la partie médiane. Il présente une partie moyenne ou isthme, transversal, aplati d’avant en arrière, et deux parties latérales ou lobes. Ceux-ci sont volumineux, allongés, leur base, plus épaisse (celle qui dans l’exploration vient à la rencontre des doigts explorateurs) , est dirigée en bas et en avant ; leur sommet, aminci, plus aigu, regarde en haut et en arrière. On pourrait aussi appeler ces extrémités des lobes : cornes du corps thyroïde, les supérieures effilées {sommet, petites cornes), et les inférieures {base,
* 1, veine cave supérieure; 2, tronc veineux brachio-céphalique gauche; 3, veine sous-clavière gauche: i, veine jugulaire interne gauche ; 5, veine jugulaire externe gauche; 6, veine thyroïdienne inférieure gauche; 7, veine thyroïdienne supérieure gauche; 8, veine faciale gauche;
9, anastomose remarquable sur ce sujet et formant une variété de veines jugulaires antérieures;
10, tronc veineux brachio-céphalique droit; 11, veine thyroïdienne inférieure droite (Beaunis et Bouchard] .
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grosses cornes du corps thyroïde). La glande est ordinairement surmontée d’un prolongement verticalement allongé jusqu’au devant du larnyx: c’est la pyramide de Lalouette. Elle est souvent remplacée par des grains glanduleux erratiques pei-dus, véritables satellites de la thyroïde.
Cette disposition permet de considérer à la glande une face antérieure, celle que la dissection nous a permis d’apercevoir, une face postérieure, et quatre bords, supérieur, inférieur et latéraux.
La face postérieure profondément excavée représente un demi-canal qui embrasse tous les organes sur lesquels elle repose. L’isthme répond aux trois ou quatre premiers anneaux de la trachée; un tissu cellulaire assez lâche l'unit à ces cerceaux.
Se recourbant sur les parties latérales, cette face postérieure embrasse le conduit trachéo-laryngo-pharyngo-œsophagien ; de haut en bas on voit ces lobes latéraux entrer en rapport par leur face postérieure avec les lames du thyroïde et les parois du pharynx, avec le cricoïde et les muscles crico-thyroïdiens, avec les trois ou quatre premiers cerceaux de la trachée et la partie correspondante de l’œsophage. Le nerf récurrent intermédiaire à la trachée et à l’œsophage est aussi en rapport avec le corps thyroïde.
Le bord supérieur est mince, demi-circulaire ; oblique souvent de bas en h^aut et d’avant en arrière, se continuant avec les cornes effilées du corps thyroïde. 11 repose par sa partie moyenne sur le bord inférieur du cricoïde : quelquefois cependant un peu plus bas sur le deuxième anneau de la trachée (obs. personn.). Ses parties latérales ou ascendantes croisent le cricoïde sous un angle de 45" (Sappey) et reposent sur les muscles crico-thyroïdiens, sur le cartilage thyroïde doublé en ce point de l’attache du constricteur inférieur du pharynx.
Le bord inférieur est épais, très-court, transversal, à peu près rectiligne, assez souvent concave : c’est de ce bord que partent les principales veines du corps thyroïde : il est important pour le chirurgien qui se dispose à pratiquer la trachéotomie de se rappeler que la distance qui sépare ce bord de l’extrémité supérieure du sternum est de deux centimètres chez l’adulte, de 15 millimètres chez l’enfant (Sappey). Mais l’extension de la tête (attitude à donner à l’opéré pendant la trachéotomie) augmente cet intervalle d’un centimètre environ ; il serait donc possible de pratiquer la trachéotomie sans intéresser l’isthme du corps thyroïde ; cependant il est presque toujours sectionné dans cette opération.
Les bords latéraux, qui seraient mieux dénommés postérieurs, sont épais et constituent presque de véritables faces. Ils présentent une gouttière dans laquelle se loge l’artère carotide primitive, c’est le sillon, le lit de l’artère. Les deux bords de cette gouttière ou berges sont plus ou moins accusés, et il est facile de constater que la berge interne répond à l’œsophage et au pharynx, tandis que la berge externe sépare la carotide primitive de la veine jugulaire interne.
Enveloppe et moyens de fixité. — Tous les rapports que nous venons d’énumérer sont médiats. La glande est, en effet, entourée par une enve-