‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 9 sur 117 · NOUV. DICT. MED. ET CHIB. XXXV · texte numérisé non relu

NOUV. DICT. MED. ET CHIB. XXXV

TACHES. - HÉDECIKE LÉGALE.

gique même après une dessiccation très-prolongée. Si en effet on dissocie dans l’eau les fragments que nous venons de décrire, on aperçoit nettement les faisceaux du tissa cellulaire, à stries parallèles, ondées, se gonflant et devenant homogènes avec disparition des stries sous l’influence de l’acide acétique, qui fait au contraire apparaître les fibres du tissu élastique. Ces faisceaux diffèrent cependant quelquefois un peu de ce qu’ils sont sur des préparations fraîches, parce que, quand ils ont subi un commencement de putréfaction, ils sont devenus plus ou moins granuleux. A côté des faisceaux, et entre eux, se trouvent les grosses cellules adipeuses d’un diamètre moyen de 0““,050, sphériques, ovalaires ou polyédriques, à contours nets, à bord foncé ou à centre clair ; beaucoup de ces cellules se sont rompues ou se rompent sous l’œil de l’observateur, et l’on aperçoit leurs parois flasques ou ridées, tandis que leur contenu forme des gouttelettes graisseuses de dimensions variables. Dans un mémoire très-intéressant. Ch. Robin a indiqué les caractères qui permettent de distinguer le tissu adipeux de l’homme de celui du bœuf et du mouton ; chez ceux-ci les cellules adipeuses sont beaucoup plus volumineuses et de dimensions plus uniformes; leur contenu ne s’écoule pas en gouttes, ce qui tient au point de fusion plus élevé de la graisse qui le constitue.

Les taches de matière cérébi’ale sont de couleur grise ; elles se gonflent dans l’eau, se ramollissent et prennent une consistance analogue à celle du cerveau à l’état frais. Ces caractères n’ont rien de bien spécial et sont tout à fait insuffisants à faire reconnaître la nature de ces taches ; mais ceux fournis par l’examen chimique et surtout par l’examen microscopique sont tout à fait démonstratifs.

Orfila a montré que l'acide sulfurique concentré dissout immédiatement la matière cérébrale et que le liquide prend une couleur violette ; que, mise au contact avec l’acide chlorhydrique concentré et pur, la matière cérébrale ne se dissout pas, et que la liqueur reste d’abord incolore pour prendre au bout de quelques jours une teinte gris sale tirant légèrement sur le violet. La réaction par l’acide sulfurique s’obtient également avec les taches d’albumine et de fromage blanc ; toutefois Lassaigne a montré qu’en mouillant légèrement avec une petite quantité d’acide sulfurique monohydraté les taches de substance cérébrale, on voit se produire successivement et en quelques secondes une teinte jaune de soufre, puis orangée, puis rouge vermillon et enfin violette, tandis que ces colorations successives ne se produiraient pas sur les taches d’albumine et de fromage. La constatation de ces caractères chimiques ne doit pas être négligée ; cependant l’examen microscopique offre plus de certitude et ne permet pas de confusion. On connaît la composition histologique de la substance cérébrale ; elle est formée de cellules et de tubes sur la description desquels nous n’avons pas à revenir ici. Les cellules sont rapidement détruites et ne pourraient pas être retrouvées dans une tache, mais les cylindres-axes des tubes résistent très-longtemps à la dessiccation, et ce sont eux qui caractérisent la substance des taches. Pour obtenir ces

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