‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 35 (volume 3)Chapitre 93 sur 117 · TOUCHER. — T. INTERNE · texte numérisé non relu

TOUCHER. — T. INTERNE

ingénieux emblème représenté par la main armée d’un œil, dont il est fait un ex-voto qu’on offre à Lucine pour se la rendre favorable.

Bien que V exploration en général ait été considérée comme une grande partie de l'art, pensée de Galien queLaennee a mise comme épigraphe à son livre immortel, on ne trouve, pour la pratiquer, dans les auteurs anciens et ceux de la Renaissance, que des préceptes fort vagues et trop concis; il faut arriver jusqu’au commencement du dix-huitièrne siècle, à cette époque où l’obstétricie s’enrichit de si grandes découvertes, où elle entra dans la période vraiment scientifique, pour trouver des règles nettes pour pratiquer cette opération si délicate. A Dewenter (ch. xiii-xxii) appartient l’honneur d’avoir montré ce que le tact pouvait enseigner à l’accoucheur dans les diverses circonstances où il peut se trouver placé ; ils sont, comme le titre du livre l’indique, pour l’accoucheur une vraie lumière, qui n’a plus cessé de luire pour lui, car tous les auteurs qui ont écrit depuis se sont conformés à ces pi’éceptes et en ont ajouté de nouveaux dans leurs traités.

« L’art des accouchements, ditRœderer, est principalement fondé sur le toucher, et on ne peut trop en recommander la pratique. » 11 n’est pas étonnant que les grands maîtres de l’art : Levret, Smellie, Osiander, Baudelocque, Wigand, Naegele, Schmitt, etc., lui accordent une attention sérieuse, en fassent ressortir l’importance et les difficultés, et donnent pour le pratiquer de précieux conseils, qu’enfin l’exploration obstétricale ait fini par être traitée par Hohl (de Halle) dans un livre spécial qui n’a pas moins de 2 volumes de 500 pages chacun.

Ce n’est pas sans préparation qu’on peut entreprendre l’étude du toucher, ni sans précautions qu’on peut pratiquer cette opération.

Une étude minutieuse de l’anatomie des parties est indispensable, nonseulement pour connaître la structure des organes génitaux, mais encore la situation exacte de tel organe par rapport au bassin, sa forme, sa consistance dans les divers états dans lesquels il peut se trouver.

Rien n’est plus utile, après l’étude anatomique, que des exercices suite cadavre pour apprécier ces variétés de grandeur, de situation et de consistance, et de contrôler par la vue les sensations données par le toucher.

Dans l’état de grossesse la consistance des parties ayant subi une grande modification, on a de sérieuses difficultés de s’orienter au milieu de tissus également ramollis, pour en apprécier la forme.

Il n’y a point d’exercice plus nécessaire et plus important que celui de la clinique, où le maître guide l’élève, rectifie ses sensations et apprend à reconnaître ce qu’on a touché; quand la scolarité s’achève sans qu’on soit parvenu à la clarté des sensations, on risque i'ort de rester toujours dans une demi-obscurité. Ce n’est pas le confrère, souvent tout aussi ignorant que le premier, quelquefois son concurrent, qui peut ou qui veut lui donner la lumière qui fait défaut. Il est indispensable d’exercer les deux mains, la main droite d’abord, puis la main gauche, quand les sensations données par la main droite auront été bien nette-

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