TOUCHER. — t. interne
ment appréciées, car alors la main gauche les distingue bientôt aussi
avec clarté.
La main de l'accoucheur, cet instrument si délicat, réclame aussi certains soins sur lesquels les maîtres ont toujours porté leur attention.
Dans Soranus (ch. i et ii) , parmi les qualités requises pour la sagefemme, on lit : « qu’elle doit avoir des doigts longs, effilés, et les ongles bien arrondis... avoir soin que la main soit douce, affranchie de tout travail qui pourrait la durcir. » Ces préceptes ont toujours leur valeur; il est urgent que l’accoucheur s’en souvienne pour conserver à sa main, cet admirable instrument de sensibilité, de souplesse et de force, l’intégrité de ses qualités, pour la préserver de toute blessure qui pourrait ouvrir pour lui la source d’amères tribulations.
Le toucher peut avoir pour objet de constater un état maladif des organes génitaux, nous ne parlerons pas de cette exploration qui appartient à la séméiologie des affections utérines ou abdominales, ou de s’assurer de l’existence de la grossesse, d’apprécier sa durée, sa fin, par le travail, de reconnaître son degré plus ou moins avancé, et le mode suivant lequel il s’accomplit, afin de savoir s’il y a lieu d’intervenir ou non; quel pourra être le moyen le plus approprié à la circonstance actuelle, etc. La femme peut donc se trouver ou se croire enceinte, désirer ou craindre de l’être, ou bien être en travail; celui-ci peut être plus ou moins avancé, marcher normalement ou être entravé par une cause ou une autre.
L’exploration manuelle ne doit jamais être faite de prime abord, elle ne doit être, ou du moins ne paraître que le complément indispensable d’une information préalable minutieuse; ainsi une interrogation sérieuse, qu’on a intérêt parfois à prolonger un peu, pour laisser à la femme le temps de se remettre, de gagner confiance, doit toujours précéder cette information, dans laquelle l’accoucheur tâchera de savoir adroitement si la femme désire être enceinte ou craint de l’être ; il se rappellera les conséquences graves qui pourront découler de sa réponse ; il ne perdra jamais de vue ce mot si sage de Van Swieten : « Nunquam fama medici magis periclitatur quam ubi agitur de graviditate determinanda ; undique fraudes, undique sæpe insidiæ struuntur incautis. » Aussi trouvonsnous de la plus haute sagesse ce principe de Levret (§ 458) : « On doit éviter, autant qu’il est possible, de toucher une femme dans les premiers mois de la grossesse, parce que, comme le produit de cette opération est souvent infidèle, et que le publie est presque toujours porté à juger inconsidérément, la décision de l’accoucheur pourrait devenir préjudiciable à sa réputation. »
Il ne faut donc demander ce mode d’exploration que quand on présume qu’il pourra donner une lumière positive : éviter avec le plus grand soin de céder à des questions instantes pour dire plus ou autrement que ce que l’observation rigoureuse a révélé, et ce qu’il est prudent de révéler. Il n’est pas l’are, quand le toucher est demandé (en dehors du travail, bien entendu, car alors la nécessité s’impose), de rencontrer de la résis-