TOUCHER. — T. INTERNE
tance inspirée par un sentiment de pudeur, de timidité ou de crainte, quelquefois par de l’afféterie, un caprice, ou un sentiment autre ; l’accoucheur vient à bout de ces résistances en n’étant pas trop pressant, tout en restant ferme, en inspirant par sa gravité une confiance qui bientôt fera cesser toute résistance. Un grand nombre de maîtres recommandent de ne toucher une jeune femme qu’en présence d’une autre personne; cela n’est pas toujours nécessaire ni même utile. Le médecin doit par son caractère, sa réputation, être affranchi de ces précautions. Quand la femme a consenti à être visitée, il faut y procéder de suite. La femme peut être touchée debout ou couchée, chaque position offre ses avantages et aussi ses inconvénients; il s’agit de les examiner. Rœdercr disait (I 259) : « Lorsqu’on a à visiter une femme de condition, on la fait ordinairement coucher.... (§ 262). Les femmes du commun se tiennent debout lorsqu’on les visite. » On comprend que ce n’est plus aujourd’hui la condition de la femme qui fait choisir le mode d’exploration.
On touche debout appuyée contre un meuble la femme enceinte et bien portante, et celle en travail, quand elle est à une période’peu avancée (effacement du col, dilatation légère de l’orifice, intégrité des membranes). Dans ce cas, l’accoucheur se met à genoux, ou assis devant elle sur une chaise basse ; le plus souvent il se met à genoux, pose en terre le genou du côté de la main qui ne louche pas ; voici pourquoi : nous supposons que c’est la main droite qui touche ; quand il faudra faire quelque effort pour pénétrer plus avant dans les parties génitales, le coude trouvera sur le genou droit placé à côté de lui un appui qui donnera à ce mouvement à la fois plus de douceur et d’énergie, celle-ci pourra au besoin être augmentée par l’élévation du talon et laisser à la main toute sa liberté.
Dans la situation debout, la femme peut être touchée facilement partout, les organes génitaux sont dans leur situation normale, la matrice est un peu abaissée par le poids des organes abdominaux et la tonicité des parois abdominales ; malgré cela on pénètre quelquefois moins loin que quand le toucher est pratiqué sur la femme couchée.
Dans la situation couchée, qui est celle du travail, il faut avoir soin d’élever un peu le siège, afin que le médius, l’annulaire et l’auriculaire écartés de l’index puissent facilement se loger dans le sillon interfessier, afin de permettre à l’index d’avancer de toute sa longueur.
La main qui explore sera d’abord soigneusement examinée, afin de bien s’assurer qu’il n’y existe aucune plaie ou écorchure ou soulèvement d’épiderme à la racine des ongles, afin de les protéger avec un peu de sparadrap, du taffetas d’Angleterre ou une légère cautérisation au nitrate d’argent, pour rendre la surface blessée impropre à l’absorption; si ■c’est en hiver, on chauffera la main, on pouri-a laver les mains à l’eau chaude, ce qui donne plus de souplesse à l’épiderme et augmente la finesse de la sensibilité tactile.
On aura à sa proximité un corps gras. Depuis quelque temps je me sers de la vaseline neutre, qui a l’avantage de ne jamais rancir ni s’épaissir et qui donne une grande onctuosité. M. Sims conseille de mouiller un peu