TOUCHER. — T., LA FEMME ÉTANT DEBOOT
fessier et permettent à l’index de pénétrer jusqu’à ce qu’il se trouve arrêté à la fourchette par la commissure entre l’index et le médius, c’est-à-dire à une profondeur de 8 centimètres environ ; quant à la hauteur à laquelle on peut pénétrer le long du sacrum, elle est limitée par le maximum d’écartement possible entre l’index et le médius, environ 8 centimètres, auxquels on peut ajouter la quantité dont on peut déprimer la fourchette. Osiander recommande à l’accoucheur de mesurer exactement sa main dans toutes ses dimensions.
Après un léger arrêt, on ne tarde pas à reconnaître le coi, qui est contourné, apprécié suivant sa longueur, sa forme, sa consistance et sa hauteur : on connaît ainsi la profondeur des culs-de-sac ; il est facile de voir que c’est dans cette position de la main que le doigt pénètre le plus profondément dans la cavité vaginale. Cet avantage est compensé par la nécessité d’apprécier l’état des parties par le côté radial et non le milieu de la surface antérieure de l’index, qui a une sensibilité tactile plus fine.
Fig. 45. — Toucher vaginal. Position de le main pour l’exploration do la partie antérieure du vagin.
Quand l’exploration de la partie profonde du vagin est achevée, il est nécessaire d’explorer la paroi vaginale antérieure, à travers laquelle on sent le corps utérin ou le segment inférieur de la matrice dans un état avancé de la grossesse ; à cet effet on retire un peu l’index, on met la main dans la supination [Voy. fig. 45), ce qui amène la surface palmaire en haut, on fléchit les trois derniers doigts : la forme, la consistance de la matrice ou du segment inférieur, la partie fœtale qui s’y trouve, sont appréciées dans leur volume, leur forme et leur mobilité. A cet effet, on imprime une petite secousse au segment inférieur plus ou moins distendu, et alors on sent qu’on a déplacé, soulevé un corps flottant, qu’un instant après on sent retomber à sa place première. Ce phénomène a été appelé ballottement, nom qui étymologiquement ne lui convient qu’imparfaitement.
Quand toutes ces constatations sont faites, qu’elles sont bien nettes et claires, le doigt est retiré, caché à la femme, et examiné par l’accoucheur au moment où il procède à sa toilette; ce n’est qu’après qu’elle est achevée, qu’on a eu le temps de réfléchir à ce qui a été constaté, et à
678 TOUCHER. — t., la femme étakt couchée.
ce qu’il est utile de dire, qu’il convient de répondre aux questions qu’on
s’empresse toujours de faire.
Toucher, la femme étant couchée. — Ici, il y a deux distinctions à faire :
a. La femme est indisposée ;
b. Elle est en travail.
a. La femme est indisposée. — On se place au côté droit du lit, si l’on veut explorer avec la main droite. Si la femme est maigre, on’place un petit coussin sous le siège, en laissant notablement dépasser les parties génitales, on la prie de fléchir les genoux et de les écarter un peu ; l’accoucheur passe la main sous le genou droit, appuie sur le lit le côté cubital de la main, s’approche des parties génitales, la main étant placée dans la première position décrite ci-dessus, et procède comme il a été dit plus haut pour l’introduction de la main, l’exploration de la partie profonde ; puis, après avoir mis la main en supination, explore la partie antérieure de la matrice. Il est des accoucheurs qui, passant la main qui explore entre les cuisses de la femme, arrivent par cette voie aux parties génitales ; celte manière d’explorer se trouve figurée dans les planches de Maygrier, copiées dans beaucoup de traités. Nous croyons, après avoir souvent essayé les deux procédés, que le premier est préférable, puisque la main arrive plus directement aux parties génitales, et que le toucher peut se pratiquer, l’accoucheur pouvant rester assis, tandis que dans le deuxième procédé il est debout; pendant le travail, il est infiniment plus commode; il faut ajouter que l’opération n’exige pas que la femme soit découverte pour qu’elle puisse être pratiquée, ce qui lui est toujours désagréable et l’expose à se refroidir. Dans cette position, on peut combiner le toucher avec la palpation, qui sera pratiquée avec la main gauche, qui évalue la hauteur exacte de la tumeur qui dépasse le pubis, reconnaît si elle est connexe avec le col, si elle en suit les mouvements, en un mot, si c’est la matrice ou un autre organe. Le ballottement peut aussi se pratiquer dans cette situation plus facilement que dans la première et être constaté d’une manière plus claire. Par conséquent, dans certaines explorations où la situation debout n’a pas donné toutes les clartés désirées, on peut les obtenir dans le loucher simple ou combiné pratiqué la femme étant couchée.
On peut aussi explorer la femme couchée sur le côté; en Angleterre les femmes accouchent couchées sur un des côtés : il est donc utile de s’exercer à l’exploration dans cette situation; avec un peu de patience on y arrive, surtout quand on a l’habitude de l’exploration ; on reporte alors facilement avec un peu de réflexion à leur place normale les sensations qu’on a recueillies.
Dans certaines circonstances exceptionnelles où les organes sont fortement pressés dans la cavité pelvienne, comme, par exemple, une grossesse, l’utérus étant en rétroversion ; en mettant la femme sur les genoux, on obtient un désenclavement, une plus grande laxité des organes et une appréciation plus facile et plus exacte de leur forme et de leur consistance.
TOUCHER. — TOUCHER pendant le travail. 679
Le toucher peut se faire aussi avec deux doigts, l’index et le médius : on arrive ainsi plus haut dans la cavité vaginale ; la différence de hauteur à laquelle on arrive n’est pas représentée exactement par la différence de longueur dont l’index est dépassé par le médius, celui-ci dépasse le premier de 12 à 14 millimètres, mais la commissure entre l’annulaire et le médius est plus haute de 5 millimètres que la commissure entre le médius et l’index ; de plus l’écartement entre les extrémités de l’index et du médius peut être porté à 10 centimètres, tandis que l’écartement entre le médius et l’annulaire atteint difficilement au delà de 8 centimètres. Il faut tenir compte de ces mesures et, comme le recommande Osiander, bien évaluer sur sa propre main la longueur de chaque doigt, comme cela a été dit plus haut. Nous ne parlons pas de l’exploration avec toute la main, qui ne peut être entreprise que pendant le travail ou dans certains cas de maladie, alors qu’il s’agit d’entreprendre une opération grave.
b. Toucher pendant le travail. — Le procédé opératoire ne diffère pas de celui qui a été décrit plus haut, seulement il y a quelques observations spéciales à faire ;
L’index droit atteint plus facilement la partie fœtale dont la situation est à déterminer quand celle-ci occupe le côté gauche ; ainsi on trouve mieux la petite fontanelle dans la position occipito-gauche quand on touche avec la main droite, plus facilement avec l’index gauche la petite fontanelle dans la position occipito-antérieure droite ; nous n’insistons pas davantage sur ce point que ces exemples font parfaitement comprendre; en un mot, l’index gauche touche mieux ce qui se trouve dans le côté gauche du bassin, et viceversâ; mais, quandla cavité pelvienne est vide, l’index droit explore mieux la partie droite du bassin, le doigt gauche la partie gauche.
Quand faut-il toucher pendant le travail? Dans l’intervalle des douleurs d’abord, puisque la femme souffre moins ; et, pour cela, il faut procéder lentement, ne pas avoir la prétention de tout voir à la fois ; mieux vaut y revenir plus souvent et profiter du moment où l’on est questionné sur l’état d’avancement du travail. Plus tard il faudra toucher pendant la douleur pour se rendre compte de l’effet des contractions utérines sur la progression de l’enfant, et pour cela prendre pour point de repère un point de la tête qui n’est pas marqué par la tuméfaction du cuir chevelu. Mais il est un moment capital pendant l’accouchement où le toucher est rigoureusement imposé : c’est immédiatement après la rupture de la poche des eaux ; la partie fœtale qui se présente est alors à nu, et peut très-facilement être déterminée, puisqu’à ce moment se font les procidences qui imposent si souvent à l’accoucheur une intervention immédiate, surtout quand la partie fœtale, étant toujours restée élevée, inaccessible au doigt, ne s’était pas engagée dans l’orifice comme une soupape pour empêcher une présentation compliquée. A la rupture des membranes succède ordinairement un moment de suspension des contractions qui rend cette exploration plus facile. Pendant le travail il faut