TOUCHER. - T. EXTERNE
rALPATIOK.
agir avec lenteur et précision et surtout éviter tout excès de zèle ; c’est la patience qui est la vertu maîtresse de l’accoucheur.
Toccher externe ou palpation. — Le toucher externe, comme l’appelle Velpeau, ou la 'palpation, ou le palper du ventre fait, dans le hut d’apprécier le volume que prend la matrice aux différentes époques de la grossesse, a été pratiqué de tout temps, mais il n’a acquis une véritable importance, n’a été étudié sérieusement dans ses procédés et ses résultats, que quand il fut démontré que la forme de la matrice influait sur le mode de présentation du fœtus, et qu’on sut qu’en changeant la forme de l’organe on pouvait obtenir un changement de présentation ; on avait alors un intérêt sérieux à explorer rigoureusement la forme de la matrice et à se rendre un compte exact de la présentation fœtale. Wigand a découvert cette loi d’accommodation, et en a tiré immédiatement les conséquences pratiques qui en découlent.
Stoltz dès 1834 a éveillé l’attention sur la palpation; ses élèves sont entrés dans cette voie. En 1839 j’ai soutenu ma thèse inaugurale sur les différentes variétés de forme de la matrice série, n“ 40), qui, on le comprend, ne pouvaient être déterminées que par une palpation exacte et minutieuse; on y trouve naturellement décrite la manière de la pratiquer.
En 1855 le docteur Mattéi publia un livre intitulé ; Essai sur V accouchement physiologique, dans lequel se trouvent plusieurs chapitres consacrés à la palpation, et où se trouve aussi recommandé de faire la version par manœuvres externes dès le V mois, quand, à cette époque, le fœtus n’est pas en présentation régulière. L’auteur est convaincu qu’il dote la science d’un moyen nouveau; mais l’honneur d’avoir le premier consacré un travail spécial à la palpation appartient à Pinard. Désormais le palper et la version par manœuvres externes sont toujours réunis (Mattéi, Hubert). Bien que l’auteur ait eu soin de faire un historique consciencieux et d’emprunter le texte même des auteurs, il se produisit une revendication ardente de priorité de la part de Mattéi et Hubert (de Louvain) ; celui-ci démontrait que son père avait déjà, dès 1843, publié, dans V Encyclographie des Sciences médicales, juillet et août, des faits qui prouvaient l’importance qu’il attachait au palper abdominal entrepris dans le même but que Wigand, dont il paraît n’avoir pas connu l’écrit.
Règles pratiques. — Quand on veut pratiquer le palper abdominal sur une femme enceinte, il faut avoir eu la précaution préalable de faire vider le rectum et la vessie. La femme est couchée sur son lit, la tête peu élevée; on soulève la chemise jusqu’à l’épigastre, on ramène la couverture jusque sur le pubis et les cuisses sont horizontalement étendues; de cette façon on se conforme au précepte rigoureux de ne mettre à découvert que ce qui est strictement indispensable. L’accoucheur peut se placer à la droite comme à la gauche du lit. Supposons qu’il soit placé à droite, voici comme on procédera : on détermine le volume et la forme de la matrice, en la circonscrivant avec les deux mains, en