TOUCHER. — T. EXTER-NE OU PALPATION
commençant par son fond, et en arrivant vers les pubis; chez une femme dont la grossesse est avancée ce simple attouchement éveille quelquefois une légère contraction de la matrice, qui a pour effet de durcir tout l’organe, et d’empêcher l’appréciation de sa consistance; il faut attendre un peu jusqu’à ce que la matrice ait repris sa souplesse et recommencer la palpation avec douceur et légèreté, ne presser que graduellement et que quand ce sera nécessaire pour reconnaître la forme et la consistance des parties fœtales. « En palpant légèrement la surface de la matrice on ne sent presque pas d’inégalités, mais en exerçant une pression un peu forte on rencontre des endroits plus durs, d’autres plus élastiques; ceux-ci correspondent aux places où le corps du fœtus n’est pas appliqué contre les parois utérines; cette différence dans la consistance n’altère que peu la rondeur de l’organe. Ce n’est que par la palpation qu’on peut percevoir ces différences. Le côté du fond dans lequel est logée une des extrémités de l’ovoïde, côté qui présente le plus de consistance, est souvent plus élevé que l’autre qui est vide » (extrait de ma thèse inaugurale, p. 12). Au-dessous du fond de celui-ci on trouve ordinairement des petites parties qu’on sent remuer sous la main en la laissant appliquée un peu de temps. Si la partie résistante a été à gauche, les petites parties à droite, à la place que nous avons indiquée, on peut présumer qu’on a affaire à une présentation crânienne occipito-iliaque gauche ; c’est dans cette position que ces phénomènes sont les plus saillants ; si le dos est incliné à droite, on le perçoit moins distinctement, mais on trouve plus facilement les petites parties à gauche en entrant (fig. 46 et 47).
Fia. 48. — Présentation du sommet en occipito-iliaque gauche antérieure.
HG. 49. - Ham »
L’attitude dn
TirPTifli-P Ifl php , ® represeatee dans la figure 48 fait aisément com- ^ 1 3 celui qui a bien étudié chez le nouveau-né Y attitude-
naturelle^ du tœtus, en l’examinant après sa naissance dans la liberté de sa situation et de ses mouvements. Mais, pour avoir la certitude de la présentation, il faut déterminer la situation de l’autre pôle fœtal,, rechercher où se trouve la tête, et bien la reconnaître; voici comment il faut agir (fig. 49). On tourne le dos à la parturiente, la main gauche est placée sur la partie inférieure gauche de la matrice, la main droite du côté opposé, les doigts des deux mains dirigés vers le pubis ; de chaque côté on suit la matrice qui va en se rétrécissant, et bientôt on sent à gauche une tumeur dure, ronde, dont la consistance, la forme et le volume, rappellent ceux de la tête fœtale qui s’enfonce plus ou moins dans l’excavation; du côté droit les sensations sont moins claires, la tumeur est moins nettement arrondie, car on y trouve quelquefois les inégalités de la face (fig. 49).
Dans la présentation céphalique occipito-droite, les phénomènes sont en sens inverse, mais moins bien accusés, cependant ia consistance de la tumeur ne laisse que peu de doute sur la nature de l’organe qui est palpé. On ne peut ainsi de l’extérieur explorer l’excavation, mais sentir ce qui s’y engage plus ou moins ; le toucher qui suit la palpation donne des indications qui compensent par leur clarté les obscurités de la
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palpation faite dans certaines circonstances : ainsi moins la tête est engagée, plus elle est facile à trouver par la palpation, difficile, sinon impossible par le toucher; plus elle est engagée, plus elle est difficile à palper, plus elle est facile à caractériser par le toucher. On comprend facilement que les données de la palpation devront être contrôlées par le toucher et l’auscultation, dont les renseignements devront être combinés. Quand la matrice a une forme ovoïde irrégulière dont la grosse extrémité est en bas, il y a probabilité de présentation pelvienne, car le fœtus s’accommode ainsi le mieux à la forme et à la capacité de la cavité qui le contient.
JjB uus peut eue en avaiii uu eu anieie ; quauu le dos est en avant ^fig. 50), la partie résistante étant placée à gauche peut en imposer pour une présentation céphalique en une position occipito-iliaque gauche, mais, au lieu de la bosse arrondie qu’on trouve à la partie la plus élevée de l’utérus, à côté de laquelle on trouve à droite et un peu plus bas des parties mobiles, on trouve au fond une tumeur dure arrondie, que la consistance et la forme indiquent comme étant la tête; c’est vainement qu’on cherche les petites parties mebiles ; par le toucher on ne trouve le plus souvent rien dans le segment inférieur et, si on y trouve une partie fœtale, on la reconnaît moins pour ce qu’elle est réellement que pour une partie qui n’est pas la tête. C’est plusieurs fois qu’il faut recommencer l’exploration et à des moments divers, surtout ne pas renoncer au contrôle obligé des autres moyens d’exploration.
Quand le dos est tourné en arrière (fig. 51), l’exploration est plus difficile en ce sens que les documents sont bien plus difficiles à apprécier ; la tête peut être difficile à atteindre en haut, on finit cependant par la trouver et par caractériser sa forme par de petites pressions faites avec le bout du doigt qui donnent alors la sensation d’un corps dur arrondi, comme quand on déprime la rotule soulevée dans un léger épanchement articulaire ; les extrémités supérieures sont difficiles à caractériser et peuvent faire croire à la présence des pieds, etc., mais le toucher et l’auscultation viennent contrôler leurs sensations et leur donner leur signification vraie. Dans la grossesse gémellaire le diagnostic de la pluralité des enfants est quelquefois difficile, plus difficile encore le diagnostic précis de la situation et de la présentation de chacun des deux enfants. Le grand développement et la dureté du ventre (en dehors de toute contraction) éveillent l’attention, et, une fois celleci éveillée, elle conduit à un examen fait avec plus de circonspection. Il y a peu de jours qu’à la clinique de Nancy a été posé par la palpation seule le diagnostic de grossesse gémellaire avec présentation céphalique du fœtus inférieur, présentation podalique de l’autre, et l’accouchement a justifié complètement le diagnostic posé ; pour le premier fœtus la pré-