‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 10 sur 90 · REINS. - TDMEURS. CANCER. ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

REINS. - TDMEURS. CANCER. ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Il arrive encore que la tumeur cancéreuse perfore les organes creux qui l’entourent. C’est ainsi que Rayer a rapporté un cas de cancer du rein avec perforation dans le duodénum. Abele a publié l’observation d’une petite fille de trois ans chez laquelle un cancer du rein, après avoir contracté des adhérences avec la paroi abdominale antérieure, avait fini par la .perforer de part en part, au point qu’une anse intestinale faisait hernie à travers l’orifice ulcéré et fut frappée de gangrène.

Les autres organes de la cavité abdominale sont refoulés et comprimés par la masse cancéreuse. Lorsque cette compression porte sur le duodénum, il se développe consécutivement une dilatation de l’estomac. Le refoulement de bas en haut du diaphragme retentira naturellement sur les organes intra-thoraciques.

Dans des cas plus rares, le cancer du rein peut-être le point de départ d’une péritonite. Monti en a observé un exemple, qui a été publié par Guembel.

On a signalé toute une série de cas de cancer du rein coïncidant avec la présence de calculs dans la glande dégénérée ou dans celle qui était demeurée saine.

Au point de vue de la nature histologique du cancer du rein, on rencontre le plus souvent le squirrhe, le carcinome médullaire et le carcinome simple qui, suivant Waldeyer, tient une place intermédiaire entre les deux premières formes. Le cancer médullaire a une consistance trèsmolle. C’est que son stroma e.st constitué, en majeure partie, par des vaisseaux ténus; en certains points toute trace de trame conjonctive fait défaut. Cette richesse en éléments vasculaires favorise naturellement l’accroissement rapide de la tumeur. Dans le carcinome simple, et surtout dans le squirrhe, le stroma conjonctif tient au contraire une place prépondérante au sein de la masse cancéreuse.

Quand on examine avec soin la zone périphérique où le tissu primitif intact confine à un foyer de carcinome simple, on y découvre, au sein d’une prolifération conjonctive exubérante, des canalicules volumineux remplis de grosses cellules granuleuses et foncées. Quelquefois aussi de tels canalicules s’aperçoivent au sein d’une masse épithéliale en voie de prolifération et constituent des nodosités pressées les unes contre les autres. Klebs a décrit des formes intermédiaires à l’adénome et au carcinome simple, qui se rapprochent de la description précédente ; le seul caractère différentiel entre les deux variétés de tumeur est le suivant ; dans le cas de carcinome simple, il se fait une prolifération atypique de l’épithélium, donnant naissance aux corpuscules cancéreux de Waldeyer. Dans la forme médullaire du carcinome, la prolifération cellulaire est tellement exubérante qu’elle masque le stroma ténu de la tumeur. Ce stroma ne devient visible que lorsqu’on a pris le soin d’énucléer préalablement les amas cellulaires des alvéoles de la trame. Nous avons dit que le cancer médullaire est riche en vaisseaux à parois ténus; de là des déchirures vasculaires fréquentes, avec extravasations sanguines. Voilà poui’quoi cette variété de carcinome du rein est souvent décrite sous le nom de

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fongus hématode. Dans un cas publié par notre ami Neumann, l’examen histologique du rein, pratiqué par Cornil, fit voir sur le trajet des vaisseaux de la tumeur carcinomateuse des dilatations anévrysmales.

On observe aussi dans le rein, à titre de tumeurs primitives, des cylindromes. E. Wagner en a décrit un exemple très-curieux en ce qu’une portion de la tumeur, du volume d’un œuf, était constituée par tissu conjonctif calcifié, et avait une consistance osseuse. Puis, on trouve dans le rein, des tumeurs mixtes constituées par un mélange «le carcinome, de sarcome, et d'adénome (E. Wagner). Ebstein, à qui nous empruntons ces détails, a examiné un carcinome du rein, dont le stroma était, en certains points, formé par des cellules fusiformes faciles à isoler, tandis qu’en d’autres points il offrait l’aspect habituel du stroma des tumeurs cancéreuses. On a aussi rencontré des cas de cancer colloïde (Gluge et Rokitansky). Schüppel à vu un cancer du rein droit, pesant dix kilogrammes, qui présentait en partie les caractères d’un cancer médullaire dégénéré en graisse, en partie ceux d’un cancer colloïde alvéolaire. Enfin Rokitansky a publié des cas de tumeur mélanique, mais il est difficile de dire si c’étaient des tumeurs sarcomateuses ou carcinomateuses.

Presque toujours dans les cas de cancer primitif du rein on rencontre des dépôts secondaires dans d'autres organes. Ces dépôts se localisent de préférence dans les ganglions lymphatiques voisins, dans les poumons, le foie, le testicule, dans les capsules surrénales, beaucoup plus rarement dans les voies urinaires inférieures; ces foyers secondaires n’ont pas, le plus souvent, d’importance clinique.

Symptomatologie. — La symptomatologie du cancer du rein est trèsobscure. Les cancers secondaires qui se développent dans cet organe à titre de noyaux métastatiques, échappent à peu près toujours à l’attention du médecin, du vivant des malades. Il peut en être de même dans le cas de cancer primitif du rein. Ebstein a publié un exemple de carcinome latent chez une vieille femme qui succomba à une affection mitrale. A l’autopsie on trouva dans les deux reins, mais surtout dans le gauche, un petit nombre de noyaux blanchâtres, durs, l’ésistants, ayant chacun les dimensions d’une châtaigne. Les reins n’étaient pas augmentés de volume, et du vivant de cette femme, les urines n’avaient jamais présenté de caractères anomaux. Il est toutefois permis de douter qu’il se soit agi là d’un cas de cancer primitif de la glande rénale, car le foie renfermait un certain nombre de noyaux pareils à ceux des reins. L’examen histologique révéla l’existence de carcinomes simples.

Voici d’ailleurs quelles sont les principales manifestations auxquelles peut donner lieu la présence dans l’un des reins d’une humeur cancéreuse primitive :

a) Douleurs lombaires. Ce symptôme est très-inconstant, et quand il existe isolément il n’a pas, comme il est facile de le concevoir, une grande signification. Dans les différentes observations, où on trouve notées ces douleurs, on leur attribue des caractères extrêmement variables.

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