REINS. - TDMEÜRS. CANCER. MARCHE. DORÉE. DIAGNOSTIC
était évidemment la conséquence d’une compression du canal cholédoque par la tumeur rénale.
En évidant le canal rachidien, la tumeur peut également donner lieu à des accidents de compression du côté de la moelle. Cornil a publié un fait de cette nature. 11 s’agit d’une femme de trente-trois ans qui de son vivant avait présenté une paralysie motrice des membres inférieurs avec anesthésie et abolition complète des reflexes. A l’autopsie, on trouva le canal rachidien perforé par un cancer du rein gauche, qui comprimait les nerfs de la queue de cheval.
fj Cachexie. — Naturellement, le carcinome du rein, comme les tumeurs malignes en général, entraînera tôt ou tard un état de cachexie à marche progressive. Toutefois, chez un adulte bien constitué, la tumeur peut subsister fort longtemps sans compromettre la nutrition. Chez les vieillards et chez les enfants, la cachexie est très prompte à se développer.
Marche, Durée. — On ne peut rien dire de précis quant à la marche de la maladie, à l’ordre d'apparition et au mode de succession des symptômes et quant à sa durée. Il semble que la maladie évolue plus rapidement chez les enfants que chez les adultes. Toujours elle aboutit à une terminaison fatale, amenée tantôt par les progrès de la cachexie, tantôt par une complication accidentelle, telle qu’une hémorrhagie dans la cavité abdominale.
Diagnostic. — Nous avons insisté sur ce que le carcinome du rein ne se traduit par aucune manifestation caractéristique. Dans ce.s conditions, le diagnostic de cette grave affection pouraitprêter à des difficultés considérables. Quand on a reconnu l’existence d’une tumeur rénale très-volumineuse, l’hésitation n’est possible qu’entre un carcinome, un sarcome et une dégénérescence kystique du rein. Si le malade a de temps en temps de l’hématurie, les plus grandes chances sont pour une tumeur carcinomateuse, surtout lorsque le sujet est en proie à un dépérissement marqué. Toutefois, chez les enfants, nous l’avons dit, le carcinome paraît être aussi rare que le sarcome est fréquent, et il y a tout intérêt à se mettre en garde contre la confusion commise, jusque dans ces derniers temps, par la plupart des cliniciens. En effet, le sarcome primitif du rein se prête avec quefques chances de succès à une intervention chirurgicale, comme le démontre une observation rapportée dans le chapitre précédent ; tenter une néphrotomie dans le cas de carcinome du rein serait s’exposer à hâter l’issue fatale, comme un chirurgien allemand, Czerny, en a fait récemment l’expérience.
Nous avons vu que Baginsky et Monti se sont fiés aux résultats d’une ponction exploratrice, pour affirmer que les fragments retirés par la canule après l’opération préliminaire d’une tumeur rénale étaient bien des débris de sarcome. Encore faut-il que ces fragments soient assez gros pour permettre à l’iiistologiste d’en reconnaître la structure, car la cellule cancéreuse n’a pas de caractères spécifiques. Dans un cas de Dôderlein, on retira à l’aide de la ponction exploratrice une matière blanchâtre assez semblable à la substance cérébrale, dans laquelle l’examen microscopique découvrit un stroma conjonctif fibrillaire très -ténu emprisonnant un
Rfc][NS. - TDMEÜRS. CANCER. DIAS.NOSTIC.
nombre considérable de noyaux. Dans un cas de Schüppel relatif à un homme de quarante ans affecté d’une tumeur colossale de l’hypochondre droit, avec ascite, on avait pensé à un kyste échinocoque. Une ponction exploratrice donna issue à de petites masses gélatiniformes dont quelquesunes avaient le volume d’un pois; sous le microscope elles étaient constituées par une matière gélatineuse homogène qui emprisonnait des cellules granuleuses et dégénérées en graisse. D’après ces caractères, l’auteur se crut autorisé à diagnostiquer un cancer colloïde du rein, Mont affirme avoir reconnu trois fois la nature carcinomateuse des tumeurs du rein en se fondant sur l’examen des matières évacuées à l’aide d’une ponction exploratrice.
Il nous reste à parler du diagnostic du siège de la tumeur. Comment reconnaître que le néoplasme a son point de départ dans la glande rénale?
Quand le cancer du rein siège à droite, on le distinguera d’une tumeur hépatique par son niveau peu élevé; jamais une tumeur rénale ne fera une saillie notable dans la cavité thoracique. De plus, quand le malade est dans le décubitus horizontal, on arrive, sans trop de peine, à introduire la main entre le rebord des fausses côtes et l’extrémité supérieure de la tumeur. Enfin, presque toujours un segment d’intestin côtoie la face antérieure du néoplasme, ce qui n’arrive pas dans le cas de tumeur du foie, mais seulement dans les cas d’atrophie de cet organe. Naturellement, lorsque le cancer a envahi simultanément le foie et le rein, on est fort exposé à se tromper sur son véritable siège.
Quand un cancer occupe le rein gauche, on risque surtout de le confondre avec une hypertrophie de la rate. L’erreur sera d’autant plus facile à commettre que les tumeurs spléniques peuvent donner lieu à des hématuries. La palpation minutieuse de la tumeur, la constatation en avant d’elle d’un segment d’intestin, permettront, dans bien des cas, d’exclure l’idée d’une hypertrophie de la rate.
Il est beaucoup plus facile de distinguer le cancer du rein des tumeurs résultant de l’accumulation des matières fécales dans la portion ascendante ou descendante du colon. Dans le cas de coprostate, l’administration d’un purgatif énergique ou l’emploi des douches ascendantes trancheront rapidement la question.
On a vu prendre un cancer du rein pour un kyste de l’ovaire. Quand on suit le développement de la tumeur, qu’on la voit sortir peu à peu de la cavité du petit bassin, refouler sur les parties latérales les circonvolutions de l’intestin et donner lieu à du tympanisme dans les points où précisément on perçoit de la matité dans le cas d’une tumeur rénale, il est vraiment difficile de se tromper. Enfin, dans les cas douteux, le toucher vaginal et rectale et la ponction exploratrice fourniront des renseignements précieux pour le diagnostic d’une tumeur de l’ovaire.
Chez les enfants, on peut encore confondre le carcinome rénal avec un abcès du psoas, ou une dégénérescence des ganglions abdominaux. L’abcès du psoas ne se reconnaît pas toujours à la fluctuation; il est vrai qu’il ne remonte jamais aussi haut que le cancer du rein, il donne lieu à
SODV. BICT. MÉD. ET OHIB. XXXI — 4