‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 13 sur 90 · REINS. - PARASITES. STRONGLE GÉANT · texte numérisé non relu

REINS. - PARASITES. STRONGLE GÉANT

une sensibilité plus grande et il finit par faire saillie au pli inguinal. Dans le cas de dégénérescence certaine des ganglions intra-abdominaux, on découvre à la palpation du ventre deux tumeurs bosselées, symétriques, le tout chez un enfant rachitique et scrofuleux qui présente habituellement d’autres tumeurs ganglionnaires.

Traitement. — Le traitement médical est tout-à-fait impuissant contre les tumeurs cancéreuses du rein. Doit-on en dire autant du traitement chirurgical ? Nous avons déjà eu occasion de mentionner la tentative infructueuse de Czerny qui a pratiqué la néphrotomie chez un malade affecté d’un carcinome du rein gauche. Le malade mourut pendant l’opération des suites d’une hémorrhagie par l’artère rénale. Dès 1861, un américain, Wollcott, avait extirpé ün cancer du rein qu’il avait pris pour un kyste échinocoque du foie. La tumeur pesait 2 livres et démie. Le patient succomba le quinzième jour après l’opération. Le dénoûment fatal fut hâté par la suppuration profuse. Plus récemment, il est vrai, un chirurgien allemand, Martin, a extirpé un rein carcinomateux chez une femme de cinquante-trois ans qui supporta très-bien cette grave opération et qui était en parfaite santé un mois après que ce fait eut été livré à la publicité.

La rareté relative des métastases (oO fois sur 115 cas, d’après Rohrer) peut être considérée comme une circonstance favorable à l’extirpation du cancer du rein, qui justifie cette opération lorsque l’état général du malade l’autorise.

XX. Pa;rasites. — § 1. Strongle géant. — Le strongle géant a été rencontré dans les reins et dans les voies urinaires, plus rarement dans d’autres organes, chez les carnivores. Il rappelle assez bien l’aspect d’un gros ver de terre. Il se distingue de l’ascaride lombricoïde par sa couleur rouge attribuable à l’imprégnation de ses tissus par le liquide sanguinolent au sein duquel il nage dans les organes où il a élu domicile. Il a, en outre, des dimensions plus considérables ; chez le chien on a rencontré de ces vers qui mesuraient jusqu’à 60 centimètres de longueur, les femelles sont toujours plus longues que les mâles. Enfin l’orifice buccal du strongle géant est entouré de six saillies ou papilles, au lieu de trois qu’on trouve chez les lombrics [Voy. fig. 3).

Le strongle géant a été rencontré dans les organes du chien, du loup, du cheval, du bœuf, de la marte américaine, etc. , beaucoup plus rarement, chez l’homme. Davaine, dans son Traité des Entozoaires, (p. 280 à 284) n’en compte que sept exemples probables empruntés à la pathologie humaine et disséminés dans la littérature médicale. On a quelquefois pris pour ce parasite des coagulations fibrineuses, filiformes obstruant un des uretères.

Il faut savoir d’ailleurs que le strongle géant a presque toujours été trouvé logé dans les calices et le bassinet. Sa présence en ce point se traduisait par les mêmes symptômes que ceux qu’on observe dans les cas de concrétions calculeuses du rein ; hématurie, pyurie, douleurs plus ou moins semblables à celles de la colique néphrétique, quelquefois aussi rétention d’urine.' Le diagnostic, du vivant du malade, n’est possible

REINS. - PARASITES. PENTASTOME DEKTICLLÉ. DIST03IA HÆMATOBIUM.

qu’après constatation de la présence du parasite dans Turine. A ce propos, Lancereaux signale l’erreur qu’on est e.xposé à commettre en prenant pour un strongle géant, un lombric qui de l'intestin se serait introduit dans les voies urinaires.

Fig. 5. — Strongle géant femelle *.

Du pronostic de celte affection parasitaire, nous ne savons rien jusqu’à ce jour.

§ U. Pent.\.stome dexticulé. — Ce parasite, dont la présence est relativement fréquente, dans le foie, n’a été signalé qu’une seule fois dans le rein de l’homme par E. Wagner. C’était chez un peintre qui succomba à l’âge de 62 ans aux accidents de la maladie de Bright. Wagner découvrit sur le bord convexe de l’extrémité supérieure du rein droit un corpuscule blanchâtre, fibrineux, long de 4 millimètres, large de 5. Ce corpuscule logé sous la capsule fibreuse du rein dont il était tout à fait indépendant, adhérait de la façon la plus intime au parenchyme rénal. L’examen microscopique fit voir qu’il s’agissait d’un pentastome denticulé, enkysté dans la substance du rein.

§ III. Distoma HÆM.4.TOBIÜM. — Ce parasite du rein est propre aux habitants des pays chauds. Il est fréquent surtout au cap de Bonne-Espérance et en Égypte. C’est dans ce dernier pays qu’il a été observé pour la première fois par Bilharz qui lui a donné le nom sous lequel il est connu. Sa fréquence y est telle que Griesinger, sur 365 cadavres dont il a fait l’autopsie en Égypte, l’a rencontré 117 fois.

Ce parasite est allongé, lisse, blanchâtre. Le mâle et la femelle diffèrent

« Anatomie d’un strongle géant femelle provenant d’un chien, 1 l’animal réduit de moitié et dont l’appareil génital est étalé pour faire voir sa disposition et celle du tube digestif; a, bouche; b, anus; a, c, œsophage recourbé en S ; e ft, intestin ;//■, ovaire et oviducte ; g, g, ce dernier dilate en quelques points h, h; i i matrice ; i k, vagin ; k, vulve ; 2, extrémité antérieure (D.ivaine, Traité des Entozoaires fig.68. p. CXXI).

52 REINS. - TROUBLES DE îiUTRITlOS. ATROPHIE RÉKALE.

tellement par la taille et la forme, qu’on croit au premier aspect avoir affaire à des individus d’espèces différentes. Les femelles atteignent une longueur plus grande que les mâles.

Ces entozoaires se rencontrent chez l’homme dans les voies urinaires, (vessie, uretère, bassinet), dans les veines du rein et les branches de la veine porte où ils pénètrent sans doute venant du foie. Dans ces derniers teirips (Sachs-Bey, dans une notice analysée par Quekerkaridl, s’est attaché à démontrer l’e-xistcnce d'anastomoses directes entre les racines de la veine porte et les veines de la vessie et qui rendent compte de la pénétration des parasites, dont il est question ici, du système porte dans les voies urinaires.

Les œufs sont souvent entraînés avec les urines et facilitent le diagnostic de cette maladie qui se traduit par des accidents de la plus haute gravité. En effet les œufs du parasite, entraînés dans les capillaires de la muqueuse vésico-uréthrale, y déterminent des embolies et consécutivement des ulcérations et des hémorrhagies. Quelquefois ces œufs s’enkystent dans la muqueuse, en formant des végétations qui peuvent atteindre jusqu’au volume d’un pois et qui rappellent jusqu’à un certain point l’aspect des condylomes. Ces hémorrhagies des voies urinaires sont accompagnées de douleurs lombaires, et entraînent tôt ou tard une anémie grave avec toutes ses conséquenese.

Déjà Griesinger avait émis l’hypothèse que l’hématurie endémique des pays chauds n’était peut-être que le résultat de la présence du distoma hæmatobium dans les voies urinaires des malades. Un certain nombre de faits sont venus confirmer l’opinion de Griesinger : tels sont les trois cas obsei’vés par John Harley au cap de Bonne-Espérance. Cependant à une époqueplus récente, un médecin de Bahia, Wûcherer(1868) et un médecin de la marine française, Crevaux (1870), ont cherché en vain le distoma hæmatobium dans les urines sanguinolentes et chyleuses de malades qui étaient affectés de l’hématurie endémique des pays chauds (Bi’ésil, Guadeloupe) ; ils y ont rencontré des helminthes appartenant à la classe des strongles. Tous ces faits en somme concordent à établir que l’hématurie endémique des pays chauds est liée à la présence de certains parasites dans les voies urinaires.

XXI. Troubles de nutrition. — § I. Atroi>hieréxale. — En étudiant les caractères anatomo-pathologiques de la néphrite interstitielle chronique, nous avons insisté sur l’importance qu’offre la distinction de l’atrophie granuleuse, conséquence de cette variété de néphrite, des atrophies d’antre origine, que nous allons passer en revue dans ce chapitre.

En dehors de l’atrophie rénale engendrée par la néprhite interstitielle (petit rein rouge granuleux) et de celle qui est l’aboutissant possible de la néphrite parenchymateuse chronique (petit rein gras), on a décrit l’atrophie sénile, l’atrophie urique, consécutive aux affections des voies urinaires inférieures, l’atrophie par rétraction cicatricielle consécutive à une embolie, à un abcès du rein, l’atrophie syphilitique, l’atrophie consécutive à une stase veineuse.

REINS. - TROUBM

XUTRITIOX. ATROPHIE RÉNALE.

A) Atrophie sénile. -Existe-t-il une atrophie rénale, indépendante de la néphrite interstitielle, simple retentissement de la régression sénile qui atrophie plus ou moins les principaux organes, avec les progrès de l’âge? Jamais ou n’a fourni de preuves positives à l’appui de cette opinion. Au contraire la plupart des auteurs qui, dans ces derniers temps, se sont occupés d’une façon spéciale de cette atrophie prétendue sénile du rein, l’ont rattachée à la néphrite interstitielle: ainsi Lancereaux déclare que la néphrite proliférative diffuse se rencontre à tous les âges, mais principalement dans la vieillesse, que presque tous les vieillards ont des reins indurés, diminués de volume, granuleux, et semés de kystes. Henouille, élève de Lancereaux, rattache la sclérose atrophique du rein sénile à l’athérome artériel (1877), opinion défendue également parSadler, dans sa thèse inaugurale, par Démangé (de Nancy), par DeboveetLetulle. 11 est vrai que Lemoine quia fait de cette question l’objet d’une étude con sciencieuse, fondée sur des cas nombreux observés à l’hôpital de la Charité de Lyon, tout en reconnaissant que l’atrophie sénile est liée à une hyperplasie conjonctive, a conclu qu’elle doit être séparée de la néphrite interstitielle vulgaire, suite de la goutte, de l’intoxication saturnine, tant par ses caractères anatomo-pathologiques que par sa marche et ses symptômes. C’est aussi l’opinion d’un auteur allemand Ziegler. D’après lui l’atrophie sénile du rein est causée par le ratatinement des glomérules et des canalicules qui en émanent. Il ajoute, il est vrai, que le tissu conjonctif avoisinant est d’ordinaire le siège d’une infiltration cellulaire, parfois d’une véritable hyperplasie, et il se demande quelle part revient, dans le développement de l’atrophie, au marasme sénile, quelle part à la dégénérescence du muscle cardiaque et des vaisseaux. Le même auteur insiste sur ce que l’artério-sclérose compte parmi les causes les plus fréquentes de l’atrophie rénale. Or l’artério-sclérose est voisine du marasme sénile.

Dans une publication récente. Ballet, qui a étudié l’atrophie sénile du rein à l’hospice de la Salpêtrière sous la direction du professeur Charcot, a pris le soin de démontrer qu’on a eu tort de vouloir isoler le rein sénile du groupe des néphrites interstitielles, goutteuse ou saturnine. Sans doute, ces dernières présentent avec l’atrophie rénale sénile certaines dissemblances cliniques, sans qu’il y ait lieu d’établir une séparation fondamentale entre la néphrite interstitielle de l’adulte et celle du vieillard. Déjà à l’œil nu, le rein sénile présente une ressemblance parfaite avec le rein contracté de l’adulte et l’analogie -serait complète si, dans le premier cas, l’atrophie ne restait pas d’ordinaire limitée au bord convexe de l’orgaiie. Sur des préparations histologiques, Ballet a pu se convaincre que cette atrophie est due à un affaiblissement des tubes contournés et de la portion initiale des tubes collecteurs et qu’elle co’incide avec une sclérose des zones périphériques ; que cette sclérose elle-même ne dépend pas d’une lésion artérielle (artério-sclérose) préalable, comme ouïe croit communément; qu’elle est la conséquence ou tout, au moins, l’accompagnement d’une sorte d’affaissement et de destruction progressive des tubes. Il est donc probable que l’altération destructive de l’épithélium qui entraîne

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