REINS. - AKOMALIES DE SITUATION. K
rein droit et 14 fois seulement le rein gauche qui était doué d’une mobilité anomale. Pour rendre compte de cette particularité de siège, on a fait intervenir les rapports du rein droit avec le foie; la présence de cette glande volumineuse dans l’hypochondre droit déprime naturellement le rein de ce côté et lui réserve un espace moindre qu’à celui du côté opposé. Donc, lorsqu’une violence extérieure atteint l’une des moitiés de l’abdomen chez un sujet qui présente des dispositions anatomiques favorables au déplacement du rein, ce déplacement aura plus de facilité à se produire si c’est le côté droit qui se trouve froissé.
Simpson et Gérard ont rencontré dans quelques autopsies un véritable mésentère formé autour du rein droit par le péritoine ; on a également voulu faire intervenir cette disposition spéciale, pour rendre compte de la fréquence plus grande du rein mobile à droite. Mais comme le fait remarquer Lancereaux, cette disposition exceptionnelle ne saurait convenir à la généralité des faits.
En somme, la laxité plus ou moins grande de l’atmosphère celluloadipeuse qui entoure chaque rein prédispose cet organe à la mobilité anomale, et cette prédisposition se trouve accrue pour le rein droit par suite de ses rapports anatomiques avec le foie.
Parmi les causes occasionnelles capables de provoquer la dislocation du rein et la mobilité anomale, nous venons de citer le traumatisme ; mais les deux sexes ont les mêmes chances d’être exposés aux violences extérieures. A quoi attribuer l’extrême fréquence du rein mobile chez les femmes? Différentes circonstances ont été invoquées, l’influence des congestions cataméniales, la distension de l’abdomen par des grossesses antérieures, l’abus du corset, etc.
C’est Becquet qui le premier a parlé de l’influence des congestions cataméniales sur la production du rein mobile chez la femme et a consacré un long mémoire à mettre ce l’apport en évidence. Chez beaucoup de femmes atteintes de cette infirmité, le rein mobile devient le siège de violentes douleurs au moment des époques menstruelles. Tous les cliniciens sont d’accord sur ce point comme le démontrent les observations de Trousseau, de Peter, de Gueneau de Mussy, de Lancereaux, de Martineau, et d’autres relatées dans différentes thèses. Mais la congestion qui, aux époques des règles, envahit les organes du petit bassin, est-elle la cause du déplacement même du rein, ou bien ne fait-elle que favoriser l’ectopie, en même temps qu’elle réveille les douleurs dans le rein déplacé pour toute autre cause? Cette dernière hypothèse nous paraît beaucoup plus vraisemblable; au contraire, Becqueta soutenu que les reins en s’associant à la congestion des organes génitaux augmentent de poids au moment de chaque crise cataméniale ; par suite ils descendent peu à peu de leur loge pour occuper une position de plus en plus déclive. A l’appui de cette théorie, Becquet cite l’observation d’une femme chez laquelle, à chaque époque menstruelle, le rein venait proéminer au-dessous des fausses côtes, pour reprendre ensuite son siège habituel. Or, il advint qu’un jour, la fluxion cataméniale dépassant ses limites, servit de point