‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 18 sur 90 · REINS. - AKOMALIES DE SITUATION. ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

REINS. - AKOMALIES DE SITUATION. ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE

(le départ à une péritonite limitée qui fixa le rein dans sa position anomale. Mais il est permis de se demander, si, en pareils cas, il n’existait pas déjà des fausses membranes, résidus d’une péritonite antérieure, reliant le rein aux organes génitaux, de telle sorte que par le fait de la turgescence cataméniale, les reins éprouvaient des tiraillements. La rétraction de ces fausses membranes expliquerait aisément le déplacement durable du rein. Il ne faut pas perdre de vue que le feuillet péritonéal, qui passe au-devant de l’atmosphère celluleuse du rein, constitue le principal moyen de contention de cet organe et que des péritonites partielles, comme il s’en développe souvent sous l’influence de la puerpéralité et même de la menstruation créeront facilement des adhérences entre le péritoine d’une part, le rein et les organes génitaux de l’autre. « Le seul fait de mobilité anomale du rein où j'ai pratiqué la nécropsie, dit Lancereaux, m’a permis de constater l’existence d’une inflammation ancienne qui occupait l’ovaire et la trompe du côté droit, et qui se prolongeait sur les vaisseaux utéro-ovariens et sur les uretères. » Le même auteur ajoute que la plupart des malades chez lesquels il a trouvé un rein mobile présentaient les signes d’une ovaritc plus ou moins ancienne. Une autre fois il a rencontré un rein mobile chez une femme qui avait du même côté une tumeur de l’ovaire ; or, en pareils cas, il est assez rare que l’ovaire ne contracte pas des adhérences, avec les organes, de voisinage. Déjà notre excellent maître N. Gueneau de Mussy, dans ses Leçons cliniques, avait émis l’opinion que la fluxion cataméniale n’intervient pas toujours comme condition pathogénique, dans le déplacement du rein flottant, mais comme simple épiphénomène. Une observation relatée par Martineau, dans sa thèse inaugurale, démontre également que la congestion sympathique du rein, au moment des règles, peut n’être qu’une circonstance adjuvante qui exige l’intervention d’une cause occasionnelle pour la production d’un déplacement durable de l’un des reins. Il s’agit d’une femme de 55 ans qui, depuis l’âge de 18 ans, éprouvait dans l’hypochondre droit des douleurs vivesi’cvenantà chaque époque menstruelle. Le repos au lit suffisait à calmer ces douleurs, qui reparaissaient quelquefois à la suite d’un exercice violent ou de la fatigue. A l’àge de 25 ans, cette femme, qui se trouvait au troisième mois d’une grossesse, fut jetée par son mari, du haut d’un premier étage. La grossesse néanmoins suivit sa marche normale, et ce n’est que deux ans après cet accident que la malade se rendit compte, en palpant son ventre, de la présence d’une tumeur mobile dans l’hypochondre droit. Cette tumeur ne devenait douloureuse que lorsque la malade faisait des efforts violents. Plus tard, elle se fit admettre à l’Hôtel-Dieu, dans le service de Ilérard qui reconnut la tumeur pour un rein mobile. Contrairement à l’opinion de Martineau, nous croyons que le traumatisme violent dont avait été victime cette malade a eu la plus large part dans le déplacement durable du rein et que la congestion cataméniale et la distension de l’abdomen par l’utérus gravide n’ont été que des circonstances adjuvantes.

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