‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 21 sur 90 · REINS. - ANOMALIES DE SUDATION. MARCHE. DURÉE. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

REINS. - ANOMALIES DE SUDATION. MARCHE. DURÉE. PRONOSTIC

constatation d’une tumeur dans le ventre, qu’on a des raisons sérieuses de prendre pour la glande rénale déplacée. Cette constatation est plus facile à faire chez les personnes très-maigres que chez celles qui sont obèses. Voici comment on doit procéder dans cette recherche : Le malade est couché sur le dos, les cuisses fléchies, le côté un peu relevé, et on lui commande de respirer largement, après quoi l’explorateur applique une de ses mains sur la partie externe de la région lombaire, entre le rebord des fausses côtés et la crête iliaque ; de l’autre main il déprime progressivement la paroi abdominale jusqu’à atteindre le rein déplacé, après avoir écarté par cette manœuvre les circonvolutions intestinales qui le recouvrent. La tumeur se trouve alors comprise entre les deux mains, et d’après les caractères perçus on juge que c’est bien la glande rénale. On a cité des cas où il n’a été possible d’atteindre le rein mobile qu'en plaçant le patient sur les mains et les genoux. Cette exploration directe sera complétée par la palpation de la région lombaire du côté correspondant, qui permettra de reconnaître l’absence du rein au niveau de son siège habituel.

Le rein mobile a été confondu surtout avec des tumeurs stercorales , des tumeurs de la vésicule biliaire, des ganglions mésentériques et de la rate ; avec de petits kystes pédiculés de l’ovaire. Ebstein mentionne un fait où un kyste échinocoque du mésentère fut pris pour un rein flottant. Dans un autre cas de rein mobile, relaté par Kemper, la tumeur rénale participait aux excursions respiratoires du thorax, caractère que l’on considère comme propre aux tumeurs du foie.

Il faut dire pourtant que, lorsque la tumeur est accessible à la palpation, le diagnostic ne prête pas, en général, à des difficultés considérables. Dans le cas contraire, l’existence de la mobilité anomale du rein ne peut qu’être soupçonnée avec plus ou moins de vraisemblance, en considération de certains troubles fonctionnels, tels que des douleurs lombaires extrêmement violentes, revenant chez les femmes à chaque péi'iode cataméniale.

Une observation de Desnos et Barié fera juger des difficultés que peut offrir le diagnostic en pareilles circonstances. Ces deux observateurs distingués avaient en traitement une jeune fille de 19 ans, chlorotique, qui n’avait pas eu ses règles depuis quatre mois, et qui se plaignait de douleurs violentes dans la région lombaire gauche, irradiant dans la fosse iliaque du même côté. L’apparition de ces douleurs avait succédé à une chute sur le côté gauche, la patiente avait alors deux ans. Jusqu’à l’âge de 10 ans, les douleurs reparaissaient régulièrement tous les mois, pour durer de trois à quatre jours ; elles étaient accompagnées de vomissements. La menstruation s’était établie chez cette jeune fille à l’âge de 16 ans. Les règles avaient toujours été peu abondantes. Les crises douloureuses devenues plus rares étaient violentes surtout aux époques des règles. Les vomissements n’avaient pas reparu. Dans l’intervalle des accès, la palpation du ventre permettait de reconnaître la présence dans la fosse iliaque gauche d’une tumeur qui n’adhérait ni à l’utérus ni à ses annexes.

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