‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 31 sur 90 · EXPIRÉ · texte numérisé non relu

EXPIRÉ

dépôt de rosée. Or, si l’on fait cette petite expérience en soufflant sur un cube de Leslie rempli d’eau à 36“, on constate ce léger dépôt de rosée, ce qui indique que l’air inspiré est satui’é de vapeur d’eau (Gréhant) . On peut donc d’après cette donnée calculer la quantité de vapeur d’eau exhalée par les poumons, c’est-à-dire la valeur de ce qu’on appelle la transpiration pulmonaire; on peut aussi déterminer expérimentalement cette quantité en faisant passer l’air expiré par un appareil à boules contenant de l’acide sulfurique, lequel fixe la vapeur; l’augmentation de poids de l’appareil dans un temps donné donne la quantité d’eau exhalée pendant ce temps. Ces divers procédés ont fixé en moyenne à 500 grammes par 24 heures l’eau de la transpiration pulmonaire.

Cette eau ne s’est pas formée dans le poumon ; elle ne résulte pas d’une combustion directe des matériaux hydrogénés du sang par l’oxygène introduit : sa présence dans l’air expiré n’est que le résultat d’une évaporation, c’est-à-dire d’un phénomène purement physique : aussi sa quantité varie-t-elle selon les conditions physiques de la respiration, c’està-dire que, par exemple, plus il passe d’air par les voies respiratoires, et plus il y a de vapeur d’eau entraînée : l’accélération, l’amplitude des mouvements respiratoires, augmentent donc la transpiration pulinonaire . En même temps le vide inspiratoire agit puissamment, il était facile de le prévoir, sur cette évaporation : c’est pourquoi, comme l’ont montré Breschet et Milne-Edwards, lorsqu’on pratique la respiration artificielle sur un animal dont on a largement ouvert le thorax, c’est-à-dire qu’on renverse le mécanisme normal de la respiration (vide inspiratoire remplacé par insufflation), on voit diminuer l’exhalation d’eau par le poumon, de même que l’exhalation de toutes substances volatiles introduites dans le torrent circulatoire.

La composition de l’air expiré diffère de celle de l’air inspiré sous plusieurs rapports dont le sens général a été précédemment indiqué et qu’il nous reste seulement à préciser, et compléter. La composition de l’air atmosphérique est la suivante : 100 parties d’air renferment 20, 9 en volume (25 en poids) d’oxygène et 79, 1 en volume (77 en poids) d’azote ; ils renferment de plus des traces d’acide carbonique et une proportion très-variable de vapeur d’eau. En somme, l’air ambiant est un mélange d’oxygène et d’azote dans des proportions qui sont sensiblement les mêmes sur tous les points du globe, dans les vallées et dans les plaines, dans des villes et les campagnes. A une haute altitude, la quantité absolue d’oxygène que renferme un volume d’air est moindre qu’au niveau de la mer; mais la proportion centésimale est toujours la même {Voy. ci-après les effets des changements àe pression sur la respiration).

Dans l’air expiré, le fait le plus frappant et le plus facile à mettre en évidence, c’est la présence d’une proportion relativement considérable d’acide carbonique : il suffit pour le démontrer d’expirer par un tube de verre dans une solution de chaux ou de baryte, et on y voit aussitôt se former un précipité qui n’est autre chose qu’un carbonate (de chaux ou de baryte) . Mais, pour doser exactement la quantité de gaz carbonique exhalé,

Page 1