RÉTENTION D’URINE
commencer les insufflations, on doit promener le doigt sur le larynx et la trachée, faire saillir en avant le bout de l'instrument et s’assurer qu’il est bien à sa place... Quand l’air est poussé dans les voies digestives, un soulèvement de la région épigastrique s’observe tout d’abord et la base de la poitrine ne se dilate que consécutivement; s’il entre au contraire dans les poumons, la dilatation de la poitrine est uniforme, et l’abaissement du diaphragme seul produit une saillie moins considéi’able de la partie supérieure du ventre ».
Les insufflations devront être faites avec assez de force pour surmonter au besoin l’obstacle apporté par les mucosités ; on n’a pas à craindre la déchirure des poumons, tant qu’on se contente de pousser l’air avec la bouche. L’insufflation devra être répétée 10 à 15 fois par minute, et l’expiration pourra être favorisée par une légère compression de la poitrine.
Ces manœuvres doivent être continuées pendant 1 heure, 2 heures et même plus, si l’enfant donne de temps à autre des signes de vie, et on ne les cesse tout à fait que quand la mort est absolument évidente ou qu’au contraire l’enfant crie et respire vigoureusement. Il va sans dire que pendant tout ce temps on continuera à réchauffer l’enfant et à favoriser par des excitations légères : frictions, etc, les manifestations vitales qui se produisent.
Tardied, Nouvelle étude médico-légale sur la submersion et la suffocation, à l’occasion des expériences de la Société médico-chirurgicale de Londres sur la mort apparente [Annales d’hyg. publ. et de médecine légale, 2» série, 1803, XIX, p. 312).
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ÊTEIXTION D’URIXE. Voy. Vessie.
Ch. Vibert.
RETINE.
RÉTINE. — La Rétine, ou membrane sensible de l’œil, est la plus interne des trois tuniques qui forment les parois du globe oculaire, c’est-à dire qu’elle est placée en dedans de la choroïde, et recouvrant immédiatement le corps vitré. On lui distingue, en anatomie descriptive, une face externe, une face interne, une extrémité postérieure et une circonférence antérieure.
La face externe, en rapport avec la face interne de la choroïde, adhère assez intimement à cette dernière pour qu’il soit impossible d’isoler l’une de l’autre ces deux membranes sans que la plus grande partie du pigment choroïdicn interne reste adhérent sur la rétine. C’est qu’en effet les cellules pigmentaires de la face interne de la choroïde appartiennent en réalité à la rétine, ainsi que nous le démontrera l’étude du développement et de la structure intime de cette dernière membrane.
Sa face interne recouvre le corps vitré et adhère à la membrane hyaloïde.
Son origine postérieure est représentée par le point de pénétration et d’épanouissement du nerf optique; mais ce point n’est pas à l’extrémité postérieure de l’axe visuel ; il est situé un peu en dedans et au-dessous de cette extrémité. Ce qui correspond à peu près exactement à cette extrémité, c’est une tache ovalaire à grand diamètre transversal, de coloralionyaune (chez l’homme et le singe), au milieu de laquelle on remarque une dépression ou fossette [fovea centralis) (Voy. Art. Œil, t. XXIY, p. 263, fîg. 30).
Cette région dite macula lutea est toujours en effet colorée en jaune sur le cadavre; mais sur le vivant, par l’ophthalmoscope, on trouve toujours cette tache d’un brun sombre, ce qui la fait ressortir sur le fond de. l’œil qui est d’un rouge plus clair. Or Schmid (de Marburg) a pu se convaincre que la coloration jaune est due à un phénomène cadavérique; sur un œil énucléé chez un individu sain, sur un autre œil pris sur le cadavre d’un sujet mort depuis une heure, il a trouvé la macula lutea d’un brun sombre; l’autre œil, examiné 21 heures après la mort, présentait la couleur jaune ordinaire.
L’extrémité ou circonférence antérieure de la rétine paraît se trouver au niveau d’une zone festonnée qui' correspond exactement au bord, également festonné, de la zone choroïdienne (ligne de séparation entre la choroïde et sa portion ciliaire : cette ligne, ou ora serrata, est située en avant de l’équateur de l’œil) ; mais l’embryologie, ainsi que l’étude histologique, démontrent que la rétine se prolonge plus loin en avant et présente également nne portion ciliaire, dans laquelle cependant sa composition se réduit à une simplicité qu’on peut dire embryonnaire
L’épaisseur moyenne de la rétine est de 0'““, 18 à 0““, 24; elle s’amincit progressivement en avant.
La rétine est à peu près complètement transparente sur le vivant et à l’état frais sur le cadavre ; mais elle devient bientôt opaline après la mort,- et se présente alors, lorsqu’on dissèque les membranes de l’œil de dehors en dedans, comme un voile blanchâtre recouvrant le corps vitré.
RÉTINE. - DÉVELOPPEMENT. SIO*
Cette membrane est très-délicate, très-fragile. Le plus léger degré de macération permet de la décomposer, comme l’avaient dès longtemps indiqué Ruysch et Albinus, en deux membranes, l’une externe, nerveuse, l’autre interne, cuticulaire, connue aujourd’hui sous le nom de membrane limitante. La membrane nerveuse fut elle-même dédoublée en 1819 par Jacob en une couche externe mince, à laquelle cet anatomiste donna son nom [membrane de Jacob ; couche des cônes et des bâtonnets), et une couche interne plus épaisse, que l’on nomma infe?’OTédiaire (entre la membrane limitante et la membrane de Jacob), et que Langenbeck en 1836 montra composée de 'plusieurs parties stratifiées, les unes fibreuses, les autres analogues à la substance grise du cerveau. Ces vues furent confirmées par les travaux de Remak (1836) et de Bidder (1840).
C’est à H. Müller que nous devons nos premières connaissances précises sur la structure et la texture de la rétine : dans une série de mémoires publiés de 1851 à 1856, cet histologiste s’attacha à déterminer la composition intime de chacune des couches de la rétine, les connexions qui unissent entre eux les éléments d’une même couche et ceux des couches différentes. Il montra ainsi que l’épaisseur de la rétine est formée d’une série de fibres juxtaposées perpendiculairement au plan de cette membrane, et que l’on peut poursuivre depuis la limitante interne jusqu’à la membrane de Jacob : de ces fibres de Müller, les unes sont de nature nerveuse, ou du moins doivent être considérées comme faisant suite aux fibres, ^du nerf optique ; les autres, auxquelles on a plus spécialement donné' le nom de fibres de Müller, sont des fibres de soutien, de nature longtemps assimilée à celle des éléments conjonctifs, mais auxquelles l’embryologie assigne aujourd’hui une origine épithéliale. Depuis les travaux de Müller, la composition de la rétine a été l’objet des études d’un très-grand nombre d'histologistes, parmi lesquels nous devons surtout l’appeler Ritter, Jacubowitsch, Manz, Krause, Kôlliker, Renie, fiasse, Zenker et Max Schultze.
Comme nous venons de le voir, en rappelant l’anatomie descriptive de la rétine, l’embryologie est appelée à résoudre les diverses questions litigieuses relatives aux rapports de cette membrane ; c’est également l’embryologie qui fournit les renseignements les plus explicites sur la nature des éléments anatomiques rétiniens. Nous devons donc, dès maintenant, et avant d’aborder l’étude histologique, tracer rapidement l’histoire des origines embryonnaires de la rétine et du développement de ses divers éléments.
I. Développement. — Quand on examine un embryon de poulet dès la fin du second jour de l’incubation, alors que la gouttière médullaire, provenant du feuillet externe du blastoderme, vient de s’occlure en un canal médullaire présentant en avant trois dilatations ampullaires (vésicules cérébrales), on voit partir de la vésicule cérébrale antérieure deux diverticules situés transversalement, un de chaque côté, et se dirigeant en dehors. Ces deux bourgeons creux, à parois formées de cellules