RÉTINE. — DES RÉUNÎTES
surtout ceux placés juste en face. Parfois à cela s’ajoute le symptôme de la
métamorphopsie, qui fait qu’une ligne droite paraît brisée.
Lorsqu’une partie périphérique ou un secteur du champ visuel font franchement défaut, c’est que d’autres altérations se surajoutent aux hémorrhagies. Telles sont la thrombose et l’embolie partielles, ou le décollement de la rétine, lésions qui toutes entraînent, tôt ou tard, l’atrophie de la papille du nerf optique et offrent dès lors un pronostic fort grave.
Causes. — Les contusions et les blessures de l’œil peuvent produire des épanchements sanguins dans le tissu de la rétine. Cela est surtout à craindre, si après une élévation du tonus de l’œil le traumatisme entraîne une détente brusque par perte de l’humeur aqueuse ou du vitréum.
C’est précisément ce qui peut arriver à la suite de l’iridectomie pour glaucome ou après simple ponction de la cornée dans certains cas d’hydrophthalmie. La règle en pareil cas est de procéder à l’opération avec lenteur et d’appliquer sur l’œil, immédiatement après, un bandage compressif.
Toutes les affections qui altèrent la composition du sang, ou qui s’attaquent au cœur et aux vaisseaux, deviennent souvent cause d’apoplexies rétiniennes. Celles-ci sont tantôt simples, et d’autres fois accompagnées d’une inflammation du tissu de la rétine : aussi est-ce à propos des rétinites hémorrhagiques que nous en parlerons en détail. Pour le moment nous ne ferons que mentionner l’artério-sclérose, les affections organiques du coeur, l’embolie et la thrombose des petites artères, les anévrysmes miliaires et la dégénérescence graisseuse des vaisseaux de la rétine. Parmi les affections générales nous avons : le diabète, l’albuminurie, la leucémie, l’ictère, l’anémie pernicieuse, le scorbut et le purpura hemorrhagica.
Une classe toute particulière d’apoplexies rétiniennes s’observe chez des individus jeunes, enfants ou adolescents des deux sexes, habituellement faibles ou anémiques, mais qui n’offrent d’ailleurs aucune autre lésion appréciable. Tout au plus a-t-on signalé parfois des épistaxis concomitantes, ou, ce qui est plus rare, des troubles de la menstruation.
Ce genre d’hémorrhagies rétiniennes récidive souvent, elles occupent une large surface dans la région de la macula, ou en avant vers l’ora serrata, se combinent fréquemment avec des épanchements dans le vitréum et peuvent aboutir au glaucome.
Chez les femmes qui allaitent on a signalé parfois la cécité unilatérale. Celle-ci, d’après Critchett, serait due à des apoplexies rétiniennes, ou rétrorétiniennes.
Traitement. — Celui-ci devra s’adresser à la cause générale, toutes les fois que la chose est possible.
Localement, on peut agir par des applications froides dans les cas traumatiques, par le bandage compressif lorsqu’il y a diminution du tonus, et finalement par le collyre d’ésérine, au cas d’hypertonie. Un temps généralement long, cinq à six mois, est nécessaire pour voir disparaîti’e les ecchymoses. '
Des Rétinites. — L’inflammation de la rétine est rarement primi-
RÉTINE. - RÉTISITE SUPPURATIVE. 41 l
tive. Le plus souvent il s’agit là d’une extension de la phlegrnasie du tractus choroïdien, ou mieux encore d’une manifestation qui dépend d’une altération organique éloignée.
Dans le premier cas nous avons affaire aux différentes variétés de choriorétinites ; dans le secend, aux rétinites symptomatiques d’une altération fonctionnelle des principaux organes, tels que : le cœur, les reins, le foie, la rate ou le cerveau.
Rêtinite suppiira.tive. — La rétinite suppurative peut être traumatique ou spontanée.
La suppui’ation coexiste, presque toujours, avec une irido-cyclite ou une choroïdite suppurative. Toujours est-il que la suppuration peut commencer par la rétine, ainsi que cela a été constaté par Virchow, Sehweigger, Knapp et Berlin.
L’inflammation débute dans la rétine, tantôt par la papille, et d’autres fois par la portion ciliaire de celle-ci.
L’infiltration purulente gagne de dedans en dehors et sur plusieurs points à la fois les différentes couches de la rétine. En même temps le pus s’infiltre dans le corps vitré, qui adhère de plus en plus à la rétine au point de se confondre.
C’est à cette période qu’il n’est pas rare de rencontrer des taches hémorrhagiques disséminées dans le tissu de la rétine, aussi bien que des épanchements sanguins ou séro-fibrineux sous la membrane nerveuse partiellement décollée.
Sur une coupe histologique, on y distingue, outre les éléments du sang et du pus, de la fibrine ayant la forme d’un fin réseau. De plus, lorsque la maladie reconnaît une cause infectieuse, telle que le typhus, la méningite cérébro-spinale épidémique, l’endocardite ou la fièvre puerpérale, on rencontre dans les vaisseaux des thromboses et des embolies. Ces dernières ont été reconnues parfois pour des amas de microbes.
La rapidité de la marche de la rétinite suppurative est telle, qu’en quelques heures la vue est perdue et que l’œil, en état de panophthalmie, proémine hors de l’orbite.
C’est dire que dans l’immense majorité des cas tout traitement est incapable d’arrêter la marche foudroyante du mal, et que l’énucléation reste le seul remède lorsqu'un seul œil en est atteint.
Rétinite pnrencliyniateuse plastique. — La rétinite parenchymateuse se présente sous deux formes différentes, la diffuse et la circonscrite, qui a également reçu le nom àepérivasculite, de péripapillite et de rétinite de la macula, suivant le siège qu’elle occupe.
Les lésions anatomo-pathologiques qui caractérisent ce genre de rétinite ont été bien étudiées par Iwanoff.
I. Forme diffuse. — Quand la maladie revêt la forme diffuse, elle débute toujours par la couche des fibres nerveuses, où elle reste longtemps localisée, avant de gagner les couches granuleuses, plus rarement aussi les cônes et les bâtonnets.