RÉTINE. - ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA NÉVRITE OPTIQUE
avant nous, à savoir que, pour constater la présence ou l’absence d’un liquide épanché daus la gaine du nei'f, il importe de lier celui-ci au préalable et d'en faire la section entre la ligature et le cerveau. Sans cette précaution, le liquide s’écoule au moment de la section, et l’on est conduit à méconnaître l’hydropisie sous-vaginale du nerf. Pour celui qui est exercé à ce genre de recherches, cette précaution n’est pas toutefois indispensable, attendu que, même après l’écoulement du liquide, la gaine fibreuse, préalablement distendue, conserve une flaccidité caractéristique et reste écartée du tronc nerveux. Avant la section, le nerf distendu par l’accumulation de liquide présente une forme de boudin ou de tête de massue, avec fort étranglement au niveau de son insertion au globe. Cet aspect décèle la pi’ésence du liquide, et conduit l’anatomo-pathologiste à procéder à l’examen du nerf avec toute l’attention voulue.
Si la découverte des faits anatomiques qui précèdent, corroborés par les expériences de Manz sur les animaux, et par les observations cliniques, a beaucoup contribué à éclairer la pathogénie de la stase papillaire, il n’en est plus de même du mode de production de la névrite sans stase, et encore moins de V atrophie du nerf sans névrite préalable visible à l’ophthalmoscope, faits qui attendent encore leur explication véritable.
On n’a pas été sans invoquer différents processus morbides, tels qu’une névrite descendante, une névrite rétro-bulbaire, une périnévrite, une apoplexie de la gaine ou une ischémie primitive, suivant les cas auxquels on avait affaire. Mais, nous le répétons, de nouvelles recherches, surtout pour ce qui a trait aux névrites toxiques et dyscrasiques, sont nécessaires pour tirer au clair cette partie de la pathologie du nerf optique.
Anatomie pathologique. — Dans la stase papillaire au début, presque toutes les lésions sont concentrées à l’extrémité terminale ou intra-oculaire du nerf optique, qui est infiltrée de sérosité. La lame criblée en est la limite supérieure qu’elle dépasse rarement.
Par contre, dans la névrite proprement dite, les altérations inflammatoires peuvent être suivies plus ou moins loin eh arrière, tantôt sous la forme d’une névrite ascendante, et d’autres fois sous l’aspect d’une névrite descendante.
V épanchement de la gaine est tantôt séreux, ne contenant que peu ou point d’éléments figurés, et ne s’accompagnant pas d’injection des enveloppes du nerf, tandis que d’autres fois il se montre riche en leucocytes, en même temps qu’il s’associe à une congestion de la gaine et à l’épaississement du tissu aréolaire de l’espace sous-vaginal. L’endothélium qui tapisse les trabécules de ce tissu aréolaire prolifère au point parfois d’en remplir les vacuoles, déjà engorgées par les leucocytes, par un réticulum de fibrine et par des hématies en petit nombre.
Presque toujours il s’ajoute à l’altération des gaines une hyperplasie avec infiltration de cellules lymphoïdes dans le tissu conjonctif du nerf, et en particulier le long des ramifications vasculaires. En pareils cas il
Leslésionst de la papille, à cause de leur importance ophthalmascopique, méritent de nous arrêter d’une façon toute particulière.
Au début il ne s’agit que d’une congestion veineuse et capillaire, avec infiltration œdémateuse du tissu conjonctif, aussi bien que des fibres optiques amyéliniques devenues en même temps variqueuses. Plus rarement il s’y ajoute de petites taches hémorrhagiques dues à la gêne de la circulation.
A une période plus avancée, la papille, déjà augmentée de volume,
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s’agit d’une névrite interstitielle qui, si elle est très-prononcée, finit par étouffer les fibres nerveuses ou seulement par atrophier la gaine myélinique de celles-ci. La papille optique devenue alors atrophique se montre le plus souvent d’un blanc laiteux, plus rarement d’un gris cendré.
Dans des cas beaucoup plus graves, les lésions affectent le tissu médulaire lui-même, dont les faisceaux primitifs s’infiltrent au début de cellules embryo-plastiques, pour subir plus tard l’altération granulo-graisseuse ; le tout avec ou sans hyperémie du nerf, avec ou sans épanchement dans la gaine.
Le résultat définitif de ce travail destructeur est l’altération grise du nerf optique et de sa papille qui se rattache directement, mais non exclusivement, à la variété dite névrite médullaire ou parenchymateuse.
infiltrés ; bb, veir
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s’infiltre de nombreuses cellules lymphatiques, en même temps qu’il se produit une hyperplasie du tissu connectif.
Le disque optique, devenu saillant de deux millimètres au plus, au-dessus du niveau du fond de l’œil, affecte la forme d’un champignon, avec un enfoncement au centre répondant à la lame criblée. Des capillaires de nouvelle formation s’y montrent en même temps.
Les parois des vaisseaux s’épaississent par prolifération de leur tunique adventive, ou parscelérose de leur tunique moyenne.
Arrivées à cette période, les lésions de la papille gagnent, dans le voi sinage, les couches externes de la rétine ; celles-ci s’infiltrent de sérosité, s’hypertrophient vers la couche des grains et s’aü'ophient au contraire dans celle des cônes et des bâtonnets.
A une période terminale, la papille diminue de volume ou même s’excave, et les fibres optiques ainsi que les cellules ganglionnaires du voisinage font place à des tractus de tissu conjonctif.
Signes ophthalmoscopiques . — Dans \a. stase papillaire, qui est la forme la plus commune de la névrite consécutive aux tumeurs inlra-craniennes et aux divei’S processus méningitiques, ce qui frappe au premier abord, c’est le développement énorme des veines devenues variqueuses, la petitesse des artères, et le gonflement charnpignonneux de la papille.
Au début, la papille se montre rouge, nébuleuse, sans limites distinctes. Les veines décrivent des flexuosités et au pourtour de la papille elles forment même des crochets.
Au milieu de la nébulosité papillaire il n’est pas rare d’observer des lignes gris-blanchâtres radiaires, qui peuvent dépasser les bords de la papille et qui sont dues à l’infiltration séro-albumineuse des interstices fibrillaires. Lorsqu’un extravasat sanguin s’y ajoute, celui-ci affecte souvent la même forme radiaire.
A une période plus avancée, les vaisseaux centraux cessent d’être visibles, ou ils semblent se terminer au centre par une extrémité pointue. Au delà du disque optique, les veines, bien que cachées encore, au moins par places, apparaissent larges et d’une couleur brune foncée, due au contraste ainsi qu’au défaut de leur reflet lumineux physiologique. Par uite des flexuosités en spirale qu’elles décrivent au milieu de l’exsudat, es veines semblent interrompues par places, et elles offrent un volume variable d’un point à un autre. Toutes ces particularités d’aspect sont bonnes à connaître, pour ne pas croire mal à propos à une thrombose veineuse.
Le degré de saillie de la papille œdematiée varie suivant les cas et d’après la période du mal. Pour le mesurer, on se servira des indications fournies par l’image droite, sslus négliger l’examen à l’image renversée. Dans ce dernier mode d’exploration on tire parti des excursions parallactiques des vaisseaux, telles qu’elles se produisent en imprimant des mouvements de latéralité à la loupe de l’ophthalmoscope.
Dans la névro-rétinite, la saillie de la papille est beaucoup moindre ou manque tout à fait, et la rougeur intense du nerf optique en est le seul
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signe. A cela s’ajoutent, dans les cas chroniques, des plaques de dé générescence rétinienne, parfois sous la forme de points constellés siégeant dans la région de la macula, comme dans la rétinite albuminurique.
Graefe a noté tout à fait exceptionnellement la présence d’un pouls artériel dans certains cas de papillite ou de papillo-rétinite consécutive à une névrite optique ou à une tumeur orbitaire et gênant la circulation inlra-oculaire.
Dans la dernière période, la" papille blanchit, s’élargit par décoloration du pigment environnant, et les vaisseaux centraux diminuent au point de devenir filiformes.
Troubles fonctionnels. — Une particularité tout à fait digne de remarque est l’absence, parfois prolongée, de tout trouble visuel, malgré un degré élevé de stase papillaire avec œdème. Iwanoff, dans un cas de 0. Becker, où la stase papillaire durait depuis un an déjà, sans avoir entraîné la moindre altération visuelle, trouva à l’examen microscopique une distension des vaisseaux, de l’œdème et une légère hypertrophie du tissu conjonctif de la papille, mais ne constata aucune altération des fibres nerveuses et pas la moindre infiltration de cellules. Annuske, de son côté, sur 16 cas de névro-rétinite au début, trouva six cas où l’acuïté visuelle était bien conservée.
Lorsque dans la papillite l’amblyopie ou l’amaurose surviennent de bonne heure, il ést à présumer qu’une atrophie du nerf optique par compression directe en est la cause. C’est ce qui a lieu lorsqu’une tumeur de la base comprime les nerfs optiques, ou qu’une hydropisie abondante du troisième ventricule presse sur le chiasma.
A une période plus avancée, l’amblyopie progressive et la cécité complète surviennent presque fatalement. Le trouble visuel est dû à l’atrophie des fibres optiques, par prolifération d’abord et par retrait ensuite du tissu conjonctif interstitiel du nerf.
L’amblyopie, caractérisée par la diminution progressive de l’acuïté visuelle centrale, s’accompagne d’un rétrécissement périphérique du champ visuel, qui procède d’ordinaire du côté nasal vers le côté temporal, mais qui peut débuter exceptionnellement par tout autre point du champ visuel.
Le sens chromatique est généralement altéré, surtout à la période atropbiquede la névrite. Très rarement on a eu à signaler delà chromopsie ou de la photopsie.
Jamais, ou presque jamais, le sens de la lumière n’a été trouvé par Fôrster sensiblement altéré , même dans les cas d’amblyopie très prononcée.
Knapp a noté comme signe fréquent l’élargissement de la tache aveugle de Mariette, fait qui trouve son explication dans la participation des parties voisines de la rétine au processus morbide.
Un symptôme assez fréquent dans la papillite par tumeurs cérébrales consiste dans des attaques brusques et répétées de cécité absolue, qui
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