RÉTINE. - CAUSES BT VARIÉTÉS DE LA NÉVRITE
peuvent atteindre un œil ou les deux à la fois et qui s’accompagnent souvent d’autres symptômes cérébraux, tels que : paralysie, coma ou convulsions.
Les attaques en question durent quelques heures ou quelques jours pour disparaître tout à fait, ou pour laisser après elles une diminution croissante de l’acuïté visuelle.
Il n’est pas rare non plus de voir l’amblyopie s’arrêter ou même rétrograder pour quelque temps, sans que le mal s’amende pour cela et sans qu’il faille attribuer une influence favorable au traitement employé.
Sauf quelques faits tout à fait exceptionnels, dans l’immense majorité des cas la papillite se montre des deux côtés, bien qu’avec une intensité variable.
C’est ainsi que sur 88 cas de tumeurs cérébrales, recueillis par Annuske et par Reich, 82 fois la névrite s’est montrée double, deux fois unilatérale, et quatre fois manquant complètement.
Causes et variétés. — Les causes sont aussi nombreuses que variées et, comme elles impriment souvent un caractère, ou pour le moins une marche spéciale à la névrite optique, nous devons les passer successivement en revue.
Les tumeurs, par leur fréquence, tiennent incontestablement la première place parmi les causes de la névrite 'par stase.
Le siège, aussi bien que la nature du néoplasme, n’exercent qu’une influence secondaire sur l’apparition de la névrite. Toutefois, les tumeurs de la base, en comprimant directement le chiasma, ou les nerfs et les bandelettes optiques, produisent, sinon plus souvent, au moins plus tôt, la stase papillaire, que les tumeurs ayant pour siège la convexité des hémisphères et le cervelet.
Les tumeurs les plus souvent observées sont : les sarcomes et leurs variétés (cysto-myxo ou glio-sarcomes), puis les gommes, et finalement le tubercule en masse caséeuse. Viennent ensuite les poches à entozoaires, les exostoses et les périostoses. Toutes ces tumeurs peuvent avoir pour siège l’éhcépbale ou les méninges et les os.
Les lésions à foyer de l’éncéphale, telles que les apoplexies et le ramollissement du cerveau, ne produisent presque jamais de stase papillaire. Dans les cas rares où une papillite survient, celle-ci est atti’ibuable à des complications telles qu’une vaste hémorrhagie des méninges ou une méningite de la base. Chose curieuse, les abcès profonds du cerveau ou du cervelet ne produisent presque jamais une névrite optique, à moins que les méninges ou les parois osseuses ne participent à l’inflammation, comme dans l’observation citée par H. Jackson.
La méningite basilaire aiguë, et en particulier celle de nature tuberculeuse, devient souvent cause d’hyperémie et d’infiltration séreuse delà papille, dont la saillie reste généralement modérée. Hock et Th. Leber insistent sur Vaspect miroitant du fond de l’œil. En pareils cas, le reflet en question existe alors même que la stase papillaire ferait défaut;
472 RÉTINE. — causes et variétés de la kévrite optique. preuve qu’il en est indépendant. Par contre, il semble lié à une forte hyperémie de la rétine.
La présence de tubercules choroïdiens achève de confirmer le diagnostic. Cette complication est toutefois bien moins fréquente qu’on ne l’a prétendu, et èlle se montre d’habitude alors que la tuberculose miliaire s’est déjà attaquée à divers organes, autrement dit, lorsqu’elle est en voie de généralisation.
Schirmer, dans la méningite cérébro-spinale épidémique, a rencontré par exception une papillo-rétinite congestive, alors que d’ordinàire dans cette affection c’est à une choroïdo-rétinite purulente qu’on a affaire.
Dans la méningite chronique, survenant d’ordinaire chez les enfants, il n’est pas rare d’observer une papillite ou une papillo-rétinite aboutissant à une atrophie papillaire.
Les symptômes généraux consistent alors en céphalalgie, en nausées, en vomissements, accompagnés d’insomnie et de raideur du cou. La fièvre et le délire ne se présentent que temporairement ou peuvent manquer. Il s’ajoute parfois à la cécité des paralysies motrices des yeux, des crampes ou un affaiblissement des membres, ainsi qu’une diminution des fonctions intellectuelles.
La cécité survient habituellement d’une façon rapide, et l’on trouve parfois dans la région de la macula des points blancs d’altération régressive.
Cette forme de méningite basilaire chronique et circonscrite atteint exceptionnellement les adultes, tantôt spontanément (Socin), d'autres fois à la suite d’un coup porté sur la tête ou d’une insolation (Mooren). L’amblyopie qui en résulte peut être arrêtée, si on intervient à temps par un traitement antiphlogistique énergique (émissions sanguines, dérivatifs, mercure et selon).
A la méningite basilaire s’ajoute parfois une thrombose du sinus caverneux, ainsi que Reimer en a observé un exemple dans le cours de la scarlatine, et Hutchsinson, après une chute sur la tête ; à la névrite optique bilatérale se joint du chimosis sous-conjonctival, et de l’exophthalmie, le tout du côté du sinus thrombosé.
U hydrocéphalie, survenant chez les enfants, plus rarement pendant la vio intra-utérine (Hutchinson, Lebei’) et tout à fait exceptionnellement chez les adultes (de Graefe, Fôrster), peut devenir aussi cause depapillorétimite et d’atrophie du nerf optique. Le mécanisme habituel paraît être, d’après Türck, la compression du chiasma par le plancher du troisième ventricule fortement distendu de liquide.
Diverses affections de l’orbite peuvent devenir cause de névrite optique.
Nous signalerons en première ligne les tumeurs orbitaires qui produisent tantôt une névrite par stase, tantôt et le plus souvent une simple rougeur de la papille sans trouble œdémateux et sans varicosités notables des vaisseaux.