‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 63 sur 90 · RÉTINE. - CAUSES ET VAIIIÉTÉS DE LA MÉVRITE OPTIQUE · texte numérisé non relu

RÉTINE. - CAUSES ET VAIIIÉTÉS DE LA MÉVRITE OPTIQUE

Le siège unilatéral de l’affection et l’exophthalmie concomitanle suffiront pour établir le diagnostic différentiel.

Le mécanisme de l’atrophie du nerf en pareils cas varie nécessairement. Tantôt il s’agit d’une névrite véritable ; tantôt d’un trouble circulatoire du nerf (ischémie ou stase) ; d’autres fois d’un épanchement hémorrhagique dans sa gaine, et finalement d’une propagation du néoplasme dans le tissu propre du nerf. En cas d’ischémie, de Graefe a observé le pouls artériel.

Chose importante à signaler, le nerf optique, grâce à la double gaine qui le protège, et à sa fixité au fond de l’orbite, jointe à la mobilité de son extrémité oculaire, échappe longtemps à la compression et à l’allongement que les tumeurs orbitaires exercent forcément sur lui.

A côté des tumeurs, nous devons placer divers processus inflammatoires de V orbite qui tôt ou tard, souvent d’une façon rapide et brusque, parfois en quelques heures, aboutissent, sans grands signes ophthalmoscopiques, à l’atrophie totale du disque optique.

Parmi les processus en question, nous mentionnerons :

La périostite et la carie des parois de l’orbite.

Les phlegmons spontanés ou métastatiques de cette cavité, ainsi que ceux par phlébite de la veine ophthalrnique, comme nous en avons vu des exemples à la suite d’anthrax de la lèvre supérieure, du nez ou du front.

L’inflammation de l’espace sous-ténonien ou ténonite.

L’inflammation avec suppuration de Vautre d’Highmore et du sinus frontal se propageant dans le tissu cellulaire de l’orbite.

Les traumatismes accidentels ou chirurgicaux intéressant la cavité orbitaire et se compliquant d’inflammation suppurative.

Enfin, l’érysipèle du cuir chevelu, dont nous avons rapporté un exemple, avec autopsie à l’appui, dans les Bulletins de la Société de chirurgie.

De Graefe, pour expliquer la cécité rapide qui survient en pareils cas, admet la production d’une névrite foudroyante rétro-bulbaire aboutissant rapidement à l’atrophie du nerf.

Sur le nerf qu’il nous a été donné d’examiner, nous avons constaté, en réalité, une atrophie ascendante partant de la papille et remontant jusque près du trou optique. Au niveau de ce trou et au delà, le nerf était normal.

Le pronostic des atrophies consécutives et des phlegmasies de l’orbite varie nécessairement suivant les cas, La variété qui s’est montrée la moins grave consiste en une amblyopie prononcée, sans signes ophthalmoscopiques, avec légère exophthalmie, et avec parésie concomitante de tous les nerfs moteurs de Tœil. A l’exception d’une douleur éprouvée par les malades chaque fois qu’on cherchait à refouler l’œil en arrière, on n’a eu à enregistrer aucun signe inflammatoire. Dans les deux cas observés par de Graefe et Baumeister, la vision est revenue rapidement, bien que la papille puisse conserver parfois son aspect blanc atrophique.

BÉTINE. - VARIÉTÉS DE LA NÉVRITE OPTIQUE.

Nous mentionnerons eu terminant, comme cause de névro-rétinite, les déformations congénitales avec ou sans hyperostose, avec ou sans soudure prématurée des os du crâne. Michel, de Graefe et Hirschberg, en ont cité des exemples. L’idiotie, l’épilepsie, ou des paralysies des membres, se sont souvent montrées, et l’hérédité névropathique n’est pas sans y exercer une réelle influence.

Toutes les causes que nous venons de passer en revue affectent le nerf optique consécutivement, mais il en est d’autres, moins connues, ou purement hypothétiques, qui semblent s’attaquer primitivement au nerf lui-même et qui provoquent des névrites et des atrophies, qu’on peut appeler à cause de cela idiopathiques.

En tête de ces variétés, nous trouvons celle qui a été décrite par Alf. Graefe le premier, sous le nom d’ischémie de la rétine, et que de Graefe a considérée comme une névrite rétro-bulbaire. En voici les caractères :

Névrite rétro-bulbaire aiguë. — Le malade, dont la vue était restée bonne, se trouve pris subitement d’une cécité, tantôt absolue, et d’autres fois incomplète. A l’ophthalmoscope, on trouve les artères réduites à des filaments, tandis que les veines conservent leur calibre ou sont même élargies. Celles-ci sont souvent agitées par une pulsation, et une légère pression exercée sur l’œil permet de constater en outre le pouls artériel, preuve que la circulation, bien que gênée, continue à se faire dans ces deux ordres de vaisseaux. Si ces signes font défaut, on est en droit de conclure qu’il s’agit d’une véritable thrombose.

Les individus atteints sont, le plus habituellement, des jeunes filles offrant des troubles de la menstruation. Parfois il s’agit d’enfants bien portants ou qui sortent d’avoir une maladie fébrile, et en particulier le typhus. Les causes, de même qu’un refroidissement brusque, leur sont communes avec les adultes. Souvent on a signalé une notable diminution de la force d’impulsion du cœur.

La cécité est habituellement bi-latérale, mais elle peut ne se montrer, par exception, que d’un seul côté, auquel cas il faudrait se garder de confondre la névrite rétro-bulbaire avec l’embolie de l’artère centrale de la rétine.

Le retour à la vision est possible, même après plusieurs jours de cécité absolue et même après plusieurs semaines (14 semaines, Horner).

Un traitement mercuriel et révulsif a semblé donner de bons résultats.

Frémineau, en se servant d’injections hypodermiques de strychnine, a pu rétablir la vision, qui était perdue à la suite du typhus depuis deux mois déjà. Alf. Graefe a obtenu la guérison en pratiquant Y iridectomie, {Handbuch der Augenheilkunde, Band V, p. 809.) et dans le même but on pourrait avoir recours à la sclérotomie ou à des paracentèses répétées.

Dans ce genre de névrite la pupille s’élargit beaucoup, l’acuïté visuelle centrale reste souvent défectueuse et le malade peut conserver des troubles ou une abolition du sens chromatique, en même temps qu’un scotome central.

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