‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 8 sur 90 · REINS. - KYSTES HYDATIQUES. SYMPTÔMES · texte numérisé non relu

REINS. - KYSTES HYDATIQUES. SYMPTÔMES

lails sur les caractères et la structure des yésicules hydatides, question ti.ûtée à l’article Entozoaires, {Voy. t. XllI p. 406).

Suivant que la vésicule mère contient plus ou moins de liquide, le kyste aura, au toucher, une consistance ferme ou celle d’une tumeur fluctuante. La membrane d’enveloppe peut contracter des adhérences très fermes avec les organes de voisinage. D’un autre côté, les kystes ont une grande tendance à s’ouvrir dans le bassinet, surtout lorsqu’ils siégentprimitivement dans la substance médullaire du rein (48 fois sur 68 cas réunis par Béraud). En ce cas, il y aura les plus grandes chances de voir se développer une pyélile. Un kyste échinocoque du rein peut s’ouvrir encore dans d’autres organes, dans les bronches par exemple, ou dans le péritoine. Il peut se faire aussi que le contenu du kyste suppure ; de la sorte les vésicules hydatiques viendront à disparaître. Alors, le kyste se ratatine en vertu d’une véritable rétraction fibreuse de ses parois, et son contenu se trouve constitué par une bouillie blanchâtre dans laquelle l’analyse chimique fait découvrir du phosphate de chaux amorphe, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, de la cholestérine et des gouttelettes de graisse.

Lorsque le kyste échinocoque acquiert un développement considérable^ il peut communiquer au rein une mobilité anomale (rein mobile).

Symptômes. — Tant que le kyste est réduit à de faibles dimensions, il se soustraira à nos moyens d’investigation et son évolution sera absolument latente. Il peut arriver ainsi qu’un kyste échinocoque du rein ne soit reconnu qu’à l’autopsie. Les troubles delà sécrétion urinaire ne surviennent que si le rein du coté opposé est accidentellement altéré dans sa structure ; dans les circonstances ordinaires, il subit une hypertrophie compensatrice qui lui permet de suffire à lui seul aux fonctions rénales.

En se développant, le kyste échinocoque du rein déterminera une sensation de pesanteur au niveau des lombes, déjà propre à attirer l’attention des médecins du côté des reins. Par la palpation, il sera possible de reconnaître que le kyste fait partie intégrante de l’une des glandes rénales ; la percussion nous éclaire sur le siège et l’étendue de la tumeur, sur ses rapports avec les organes de voisinage. Toutefois quand le kyste échiconoque s’est implanté sur l’extrémité supérieure du rein, il est souvent difficile de le distinguer d’une tumeur hépatique ou splénique. Il faut savoir d’ailleurs que dans la moitié au plus des cas, le kyste échinocoque atteint un volume assez considérable pour être accessible à la palpation.

Le frémissement hydatique, quand il peut être perçu par la main de l’explorateur, est un signe d’une grande valeur.

Lorsque le kyste hydatique s’ouvre dans le bassinet, et nous avons vu que cette terminaison s’observe dans les deux tiers des cas, l’engagement des vésicules hydatides dans l’uretère peut faire éclater des crises douloul’euses qui rappellent en tous points les accès de coliques néphrétiques. Beaucoup plus souvent il se développe une douleur d’intensité variable qui, partant des lombes, irradie le long de l’uretère. Puis, tôt ou tard, on voit apparaître dans les urines du malade une partie du contenu du

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kyste, parlaitement reconnaissable à certains caractères. Tantôt ce sont des vésicules ou des fragments de vésicules sur la nature desquels lè croscope ne nous laisse point de doute ; tantôt c’est une masse blanchâtre laiteuse, contenant des crochets de scolex ou des lambeaux de membrane stratifiée. L’expulsion de ces membranes peut être accompagnée de douleurs plus ou moins violentes, de frissons, de nausées, de vomissements, quelquefois aussi d’une anurie plus ou moins prolongée, et alors on voit la douleur se répandre le long de la verge jusque dans le gland. Quelquefois l’anurie reconnaît pour cause l’obstruction de l’urèthre à son embouchure vésicale par une vésicule hydatique. On introduit la sonde dans l’espoir de vider la vessie de sou contenu ; la tentative paraît être infructueuse et finalement on retire au bout du cathéter le corps du délit, sous forme de débris vésiculaire, en même temps que le cours de l’urine se rétablit.

Nous avons dit qu’habituellement la communication du kyste échinocoque avec les voies urinaires avait pour conséquence le développement d’une pyélite; celle-ci affecte une marche assez insidieuse. L’urine est mélangée de sang et de pus, les éléments de ces deux liquides se trouvent eu abondance dans les sédiments. L’enclavement d’une vésicule d’hydatide dans l’uretère peut encore marquer le point de départ d’une hydronéphrose.

Cette rupture du kyste peut avoir pour cause occasionnelle, une chute, un coup sur le ventre, un effort violent. L’ivresse, l’ingestion de café très-fort ou d’autres liqueurs excitantes, a pu, au dire de certains auteurs, produire le même résultat.

On ne connaît que deux cas de rupture d’un kyste échinocoque du rein dans les voies respiratoires, accident qui implique la suppuration du tissu cellulaire péri-rénal ; cette perforation se traduit par l’expectoration de masses purulentes contenant des membranes et des crochets.

Les auteurs mentionnent encore deux cas où un kyste échinocoque du rein s’est fait jour à la fois dans l’intestin et dans le bassinet. Rayer relate deux autres cas où un kyste du rein s’ouvrit au dehors en perforant la paroi abdominale au niveau de la région lombaire.

Il peut arriver que sous l’influence d’un traumatisme le kyste entre en suppuration. En ce cas, le malade sera pris d’une fièvre intense, avec frissons répétés et autres manifestations de l’appareil fébrile.

La durée d’un kyste échinocoque est très-variable. On a vu l’évacuation de vésicules hydatiques par les voies urinaires suivie d’une guérison passagère ; plusieurs années après, de nouvelles vésicules apparaissaient dans les urines. En thèse générale, l’ouverture du kyste dans les voies urinaires est une circonstance favorable, qui donne de grandes chances de guérison. Au contraire l’ouverture du kyste dans les voies respiratoires, la suppuration, commandent un fâcheux. Lorsque le kyste n’a

pas de tendance à s’ouvrir spontanément dans le bassinet et que le médecin juge à propos d’intervenir, les chances de guérison seront, toutes choses égales d’ailleurs, d’autant plus grandes que la tumeur sera moins

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