‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 31 (volume 4)Chapitre 83 sur 90 · RICIN. — MATIÈRE MÉDICALE · texte numérisé non relu

RICIN. — MATIÈRE MÉDICALE

j’androcée qui offre la particularité la plus curieuse. Les étamines, en nombre indéfini, sont soudées par leurs filets de manière à constituer une véritable arborescence, chaque anthère étant biloculaire.

Quant aux fleurs femelles, leur gynécée est formé d’un ovaire supère, globuleux, creusé de trois loges, et surmonté d’un style, qui bientôt se ramifie en trois branches à stygmates rouges et bifides.

Dans chaque loge un ovule anatrope et descendant est inséré dans le haut de l’angle interne.

A maturité, l’ovaire devient un fruit, ordinairement appelé tricoque, marqué de trois profonds sillons et hérissé d’aiguillons courbes et flexibles. Chacun des carpelles, transformé en coque, s’ouvre à l’époque de la déhiscence en deux valves qui mettent en liberté une graine marbi’ée dont le micropyle est recouvert par un arille charnu.

Cette déhiscence élastique assure la dissémination des semences.

La graine enfin contient un albumen huileux très-développé et un embryon droit, à cotylédons foliacés. Cet albumen, outre l’huile qui s’y trouve en abondance, contient un grand nombre de grains düaleurone.

La présence de l’aleurone (découverte par Hartig) se lie étroitement, comme on sait, à la production des matières grasses dans les végétaux, et l’albumen du ricin se prête avantageusement à cette étude.

Matière médicale. — Le seul produit que l’on recueille est la graine. Elle a de six à dix millimètres de long et cinq à huit d’épaisseur.

Au sommet, on trouve une caroncule renflée d’où part un raphé qui s’étend jusqu’à l’extrémité inférieure delà face ventrale.

Le tégument externe, qui est dur, foncé en couleur, marbré et cassant, complète l’ensemble, qui a fait comparer la graine à un insecte, ainsi qu’il en est du reste pour beaucoup de graines de la même famille, l’épurge, par exemple.

Le tégument interne est blanc et de consistance molle, et immédiatement au-dessous on rencontre de l’albumen.

Au microscope l’épiderme se montre formé de cellules tubulaires hexagonales ou pentagonales, dont les parois sont imprégnées d’une matière colorante brune à laquelle est dû l’aspect tacheté de la graine. Audessous on rencontre plusieurs assises de cellules cylindriques très-pressées longues de 500 à 320 p,, larges de 6 à 10.

Quant à l’albumen, ce qu’il offre de plus intéressant se rapporte surtout aux grains d’aleurone.

Chacun de ces grains présente à considérer d’abord une masse de matière albumino'ide de forme géométrique, désignée à cause de cela sous le nom de cristalloïde, puis uu amas arrondi de matière calcaire, le globoïde, le tout enveloppé par une masse albuminoïde amorphe d’épaisseur variable.

Sous l’influence de la température et des réactifs, notamment de la glycérine seule ou mêlée d’eau, les différents détails de cette curieuse structure apparaissent sur le porte-objet du microscope.

Page 1