L. Prunier
Effets phtsiologiques. — Lorsqu’on boit de l’huile de ricin, on constate que cette substance laisse dans la bouche un goût nauséeux; si la quantité prise est petite, l’huile est digérée sans difficulté, mais, si la
KOBT. DICT. UÉD, ET CBI» XXXI — 48
BJCIN. - EFFETS PHÏSIOLOGIQUES.
dose atteint 8 à 10 grammes pour un adulte, il se produit, une heure ou deux après d’ingestion, quelques selles diarrhéiques, où l’.on retrouve d’ailleurs l’ihuile en gouttelettes. Cette huile n’est donc pas iibsorbée, et les garde^rohes ainsi provoquées sorti d’ordinaire abondantes, fortement bilieuses, bien que ne s’accompagnant d’aucune colique, ni ténesme, ni cuisson à l’anus. On discute encore sur le mécanisme des effets purgatifs de cette huile. Gubler admettait une influence spéciale sur la muqueuse, soit une sorte dhndigestion suivie de sélles lientériques. Pour tious, nous rangeons l’huile de ricin fraîche et pure parmi les purgatifs mécaniques doux. Il est à noter toutefois -que les effets de ce médicament varient suivant le procédé d’extraction miis en usage pour l’obtenir, et aussi suivant son degré -d’altération.
En effet, tandis -que l’huile de ricin obtenue récemment par l’expression àifroid (ou 'tout au moins à^une basse température) a des 'effets purgatifs ‘faibles, l’émulsion de semences, au contraire, est fortement active, cause des vomissements, et agit comme -un purgatiPdrastique, par le principe oléo- résineux que ces semences 'renferment dans leur épisperme. D’ailleurs, d’action de ces dernières étant incertaine, on en fait rarement usage en médecine. Il en est de même pour l’huile qui a ranci, ou de celle obtenue par l’expression là chaud : toutes deux agissent sur l’intestin d’une manière beaucoup plus active que il’huile fraîche obtenue à froid, mais cet effet est dû à la présence d’acides âcres, qui altèrent la composition de l’huile, en font un médicament irrégulier comme action, -et qu’il fautpar conséquent rejeter durant le traitement des maladies.
Pour obtenir de bons effets de là purgation par l’huile de ricin pure et de bonne qualilé on .doit, après d’ingestion du médicament, s’abstenir de toüte boisson pendant 2 heures (afin de ne pas affaiblir l’action du remède en de délayant dans une grande .quantité de diquide), -puis, ce temps passé, il faut boire un bol de bouillon de viande dégraissé et chaud. Eu procédant ainsi, d’après le conseil de Ghomel et d’Y-varen, on obtient avec une faible dose d’huile de ricin (10 grammes suffisent chez l’adulte) des -effets purgatifs complets.
PiiAEMACOLOGiE. PosoLOGiE. — Usuge interne. — L’huile de ricin est surtout empiloyée à Tintërieur. dly a un écart considérable dans des doses jugées nécessaires par les médecins pour déterminer des effets purgatifs. Les uns prescrivent de 40 à 60 grammes pour -un adulte ; d’autres, à l’exemple de 'Ghomel, regardent comme suffisants 10 à IS grammes. Nous pensons que, surtout à la suite d’une diète, cette dose de 10 grammes d’huile fraîche idans 'une tasse de bouillon d’herbes, ou de café noir, permet d’obtenir des effets purgatifs Irèssuffisants. Dlailleurs le seul inconvénient à combâttre,'C’est larépugnance des malades pour ce mode de purgation. -On masque assez bien le goût fade et nauséeux de ce médicament par son mélange avec -une infusion nromatique de camomille, de menthe, de café, ou bien -dans une tasse de bouillon chaud jpréalablement dégraissé à froid. Les enfants l’acceptent volontiers, battu
RICIN. - EFFETS PHÏSIOLOGIQÜES.
dans du jus de citron, d’orange, ou dans du vin de 'Malaga. Rappelons aussi l’émulsion avec un jaune d’œuf, un mucilage de gomme aromatisé.
C’est toujours dans le 'but d’épargner au malade le mauvais goût de ce médicament 'qri’on l’administre parfois comme l’huile de morue, dans une longue cuillère à manche creux et fermée par un couvercle. On peut ainsi déposerl’huile directement dans l’œsopîhage sans in^pressionner l’organe du goût. ©’aiïtrcs fois on prescrit l’huile renfermée dans de grosses capsules mhlles, Inventées par Taetz de Moscou ; elles contiennent de petites doses d’huile de ricin pur. Mais ce mode .d’administration nous paraît difficile à faire accepter d’un jeune enfant. On devra dans ces cas avoir recours aux potions dont nous donnons ici .des .formules, comme, par exemple •:
Wiomnutle de Trousseau. — Potion â prendre en 1 fois :
Huile. de «icin. . 32 grammes.
JEau de menthe . . 32 —
Eau commune . 64 —
Jaune d’ceuf. . ÎJ” 1.
Formule de Velpeau. — A prendre en 1 fois :
Huile de (ricin . 40 grammes.
Infusé de menthe . 100 —
.Sirqp citrique . . . ,. 30 ~-
Gomme arabique. . . 10 —
iF. un mélange avec ;la gomme, aine partie de l’eau de menthe et le Sirop, divisez l'huile, ajoutez Je reste ,de l’eau.
Chez les très-jeunes enfants Thompson a conseillé d’administrer le médicament dans la composition suivante ^
Hydrolat de fenouil . 32 grammes.
Hydrolat de menthe . 52 —
Huile de ricin fraîche . 4â6 —
Jaune d’œuf . 50 centigrammes.
M. et F. S. A. une potion émulsive aussi parfaitement homogène que possible. Prescrire une cuillerée à café deux fois par jour. On peut ajouter, s’il est besoin, 1 ou 2 gouttes de laudanum.
On fabrique à Munich une huile de ricin particulière, qui paraît agir plus sûrement et plus activement que l’huile ordinaire. 'Bucbnei a constaté qu’il s’agit ici d’un mélange de 27 parties d’huile de ricin ave^ 28 parties d’alcool aqueux.
L’enaploi de la teinture alcoolique et de la teinture éthérée de ricin proposé parPaola n’est guère entré dans la pratique journalière; cependant, d’après cet auteur, ces substances seraient quaire fois plus actives queThûile, sans être plus irritantes. Un des avantages de ces préparations, c’est qu’elles praissent inaltérables pendant un temps assez long, quels que soient le climat et la saison, puis elles ne chargent pas l’estomac (Bouchardat) . Elles ne le sollicitent point à se contracter pour les rejeter, ne sont pas émétiques et ri’ont point besoin d’être prises .en grande quantité.
On associe parfois l’huile de ricin avec quelques autres purgatifs. C’est ainsi que Debreyne a formulé comme laxatif : un mélange à parties