‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 118 sur 155 · PNEUMONIE. - PN. CHRONIQUE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE. - PN. CHRONIQUE

chronique. — Nous ne pouvons nous occuper, dans cet article, que des affections inflammatoires chroniques du poumon consécutives à des affections aiguës de même ordre en quelque sorte spontanées. Nous rejetons de notre cadre les pneumonies chroniques partielles consécutives à des lésions de natures diverses des bronches et du parenchyme pulmonaire. Ainsi, on trouve presque constamment autour des foyers apoplectiques, des kystes hydatiques et des diverses tumeurs du poumon, des lésions inflammatoires plus ou moins étendues, et aboutissant à la formation d’un tissu scléreux, ardoisé ou fortement pigmenté. Des lésions d’apparence semblable se produisent autour des tubercules et des cavernes. Primitivement, ces pneumonies pérituberculeuses ne présentent rien qui leur appartienne essentiellement en propre ; elles ne diffèrent point de celles qui caractérisent la broncho-pneumonie (Charcot), et aboutissent dans les formes chroniques à la même sclérose du tissu conj onctif, aux mêmes transformations granulo-graisseuses des épithél ium s (Noyez pour la discussion de la pneumonie caséeuse l’article Phthisie, t. XXVI i, p. 277). Les pneumonies consécutives à l’introduction des poussières dans les voies aériennes (pneumonokonioses) sont aussi des broncho-pneumonies. Nous nous bornons à les rappeler ici, ainsi que la pneumonie syphilitique : leur description viendra aux articles Profession et Syphilis.

La gangrène et les abcès du poumon peuvent être aussi l’origine de pneumonies chroniques. Le processus inflammatoire, qui se développe à leur périphérie et qui amène la cicatrisation du foyer, s’étend parfois au poumon tout entier. Nous ne donnerons pas de ces cas une description à part; ils rentrent le plus souvent dans les variétés communes, sur lesquelles nous allons maintenant insister. Les pneumonies chroniques peuvent être aujourd’hui classées en un certain nombre de variétés bien distinctes. Nous devons dire dès à présent que, dans ses leçons professées à la Faculté de médecine en 1877-1878, Charcot a plus nettement encore caractérisé ces divisions, en montrant que les diverses formes de lésions chroniques peuvent succéder aux affections inflammatoires aiguës des bronches et du parenchyme pulmonaire. Ces lésions ont reçu des auteurs les noms de cirrhose , squirrhe du poumon , pneumonie interstitielle, induration pulmonaire , sclérose du poumon , phthisie fibroïde, etc. Ces dénominations, comme on le voit, s’appliquent à tous les cas et doivent être remplacées par des termes plus caractéristiques. Nous adopteron^ici les genres décrits par Charcot, et qui sont fondés sur l’étude du siège primitif et de la marche des lésions. Une première variété, représentant à l’état chronique la pneumonie lobaire aiguë, évolue dans le parenchyme pulmonaire proprement dit, dans les alvéoles; deux autres variétés sont consécutives aux inflammations des bronches et de la plèvre : ce sont les broncho-pneumonies chroniques et les pneumonies chroniques pleurogènes . 11 faut ajouter qu’il est fréquent de voir coexister les lésions de ces diverses formes ; presque toujours, dans les dernières périodes, le parenchyme pulmonaire, la plèvre et les bronches.

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