‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 125 sur 155 · PNEUMONIE. — PN. CHRONIQUE. - PN. CHRONIQUE PLEUROGÈNE · texte numérisé non relu

PNEUMONIE. — PN. CHRONIQUE. - PN. CHRONIQUE PLEUROGÈNE

Dans la : broncho-pneumonie chronique nous retrouvons des indications analogues . à celles que nous venons de passer en revue dans la broncho-pneumonie subaiguë. La prophylaxie consiste à combattre les catarrhes bronchiques rebelles, les broncho-pneumonies aiguës dont la résolution se fait péniblement. Nous n’insisterons pas sur le traitement de la première période de la maladie, celle dans laquelle les lésions sont encore à l’état embryonnaire et qui correspond, par conséquent, à la broncho-pneumonie subaiguë. Plus tard, la dilatation des bronches et la sclérose du poumon avec atrophie sont les deux lésions dont il s’agit de combattre les conséquences et les progrès. Pour agir sur l’élément bronchique on prescrira les vomitifs, le. kermès, qui faciliteront l’expectoration et combattront l’engorgement des bronches. Aux efforts de toux qui aggravent la situation du malade en le fatiguant, en l’empêchant de dormir, et qui favorisent dans une certaine mesure la formation des ectasies bronchiques, on opposera les opiacés, le chloral, les antispasmodiques divers, etc. On devra surtout s’adresser aux agents modificateurs de la muqueuse et des sécrétions bronchiques, aux balsamiques, à la térébenthine, au goudron, etc. Le traitement sulfureux en boissons, en pulvérisations, en inhalations, pourra rendre dans ces cas de grands services.

: Les mêmes moyens agissent indirectement sur l’élément pulmonaire, contre lequel on peut prescrire les révulsifs, les frictions d’huile de croton et surtout les vésicatoires.

Enfin l’état des forces doit être incessamment surveillé et entretenu à l’aide des toniques, d’une alimentation fortifiante. Les mesures hygiéniques que commande la susceptibilité extrême des bronches et le’danger des poussées aiguës ne doivent pas être négligées : le malade portera- de la flanelle, évitera le froid, la poussière, toutes les causes d’irritation des voies aériennes. Le séjour à la campagne dans un endroit bien abrité, l’émigration dans le Midi pendant l’hiver, devront être recommandés autant que possible.

: Les autres indications sont purement symptomatiques; elles se rapportent à la fièvre, qui sera avantageusement combattue par le sulfate de quinine quand elle prend le caractère rémittent ; aux hémoptysies, à la dilatation cardiaque, aux complications diverses auxquelles on opposera des moyens appropriés. Enfin les accidents terminaux sont habituellement sous la dépendance de la cachexie et ne réclament plus que le traitement palliatif sur lequel nous n’avons pas besoin d’insister de nouveau.

■- 1 G. Pneumonie chronique pledrogène . — Les lésions du poumon s’étendent souvent à la plèvre à cause des connexions vasculaires qui les unissent. L’artère pulmonaire fournit le réseau capillaire des acini et en même temps des rameaux qui se rendent dans l’épaisseur de la plèvre (Reissessen, Kôlliker, Rindfleisch). Celle-ci reçoit en outre des vaisseaux issus des artères bronchiques, en sorte que les altérations des bronches et du poumon retentissent facilement sur elle;

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Inversement, les lésions de la plèvre retentissent sur le poumon, et, d’après Rindfleisch, il est commun de voir, dans la pleurésie séro-fibrineuse, les alvéoles superficiels se remplir d’ exsudât fibrineux.

Les lésions de la plèvre peuvent encore retentir sur le poumon par la voie des lymphatiques. L’inflammation reste en général confinée dans le lymphatique, mais elle peut se propager au tissu conjonctif voisin interlobulaire ou sous-pleural.

Certaines pleurésies, en général de mauvaise nature, et sur lesquelles Moxon a l’un des premiers appelé l’attention, s’accompagnent d’une angioleucite pulmonaire généralisée. Il en est de même pour les pleurésies puerpérales (Heiberg, Quinquaud, Longuet), pour le carcinome pulmonaire consécutif au carcinome du sein et de la plèvre (Charcot et Debove). Enfin, l’expérimentation a également montré ces relations (angioleucite pulmonaire consécutive à l’injection de produits tuberculeux dans la plèvre), et il résulte des recherches , histologiques de Ranvier et de Dybkowsky, précédés dans cette voie par Bichat, qu’il existe des orifices réservés entre les cellules épithéliales, et qui font communiquer directement la cavité, séreuse avec les réseaux, lymphatiques superficiels en certains points, orifices qu’on retrouve chez l’homme aussi bien que chez les animaux (Wagner ? Arch. der Heilkunde, 1870) . Cet auteur a mêmevu dans la pleurésie fibrineuse aiguë ou chronique les lymphatiques superficiels Contenir de la fibrine se continuant immédiatement avec le dépôt fibrineux de la fausse membrane. Corail et Ranvier ont vu les lymphatiques superficiels distendus par l’exsudât fibrineux. Ces auteurs ont fait leurs observations sur la plèvre pariétale, mais elles ont été répétées depuis par Klein sur la plèvre pulmonaire, et Troisier a vu- les injections de carmin faites dans la plèvre pénétrer jusque dans les lymphatiques souspleuraux.

Moxon a montré que la pleurésie purulente peut être suivie de véritables pneumonies interstitielles aiguës. Une véritable suppuration interlobulaire se produit en pareil cas. Rindfleiseh, Hayem, ont cité des faits analogues à propos de la pneumonie disséquante dans laquelle un ou plusieurs lobules se trouvent comme séquestrés, séparés du reste de l’organe. Mais il s’agit là d’une phase aiguë sur laquelle nous n’avons pas à insister. ,,r

L’extension du processus par la voie des lymphatiques peut conduire à la formation d’une pneumonie fibroïde cloisonnée. On peut désigner sous le nom de pleurogènes ces pneumonies interlobulaires chroniques consécutives à la pleurésie. Divers auteurs les ont signalées, en. particulier W. Fox (Beynold’s System, art. Pneumonie chronique) , et Brouardel [Bull, de, la Soc. des hôpitaux, 1872, p. 168), Charcot en rapporte dans ses leçons deux observations qui lui ont été communiquées par Tapret, alors interne de Oulmont. Les faits, comme on le voit, sont encore trop peu nombreux pour qu’on puisse faire une description complète de cette forme. Nous devons ajouter que cette pénurie d’observations ne doit pas nous surprendre, car le. plus souvent les bronches et le pa-

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