POITRINE. - DÉVELOPPEMENT
l’état d’affaissement des poumons, au développement rapide du cœur et du thymus, au volume considérable du foie. Si on y pratique une coupe transversale, cette coupe présente la forme d’une surface quadrangulaire dont la moitié antérieure a plus de largeur que la moitié postérieure. Les cartilages costaux des côtes sternales ont une direction presque horizontale et une forme aplatie. Les côtes présentent une très-faible cour bure, les gouttières costo-vertébrales font défaut, d’où l’absence de saûlies latérales et la proéminence, à l’extérieur, de la colonne vertébrale, qui rappelle la disposition du thorax des mammifères. Le diamètre vertical est court sur les parties latérales, le diamètre antéro-postérieur l’emporte sur le diamètre transverse ; la base s’évase largement au niveau des viscères abdominaux.
Après la naissance, il se fait une ampliation subite dans l’étendue de la poitrine, parce que l’accès de l’air augmente du double ou du triple le volume des poumons jusque-là resserrés sur eux-mêmes. Ces organes qui étaient débordés et masqués par le cœur, se développent, des deux côtés, d’arrière en avant, et finissent par le déborder à leur tour. Par suite de ce mouvement d’expansion latéral, les parois antérieure et postérieure de la cavité thoracique s’élargissent et se rapprochent ; la poitrine, primitivement aplatie d’un côté à l’autre, s’arrondit d’abord, devient cylindrique, puis s’aplatit un peu plus tard dans le sens diamé tralement opposé; en même temps, l’angle des côtes se forme, les gouttières postérieures se dessinent et la colonne dorsale, rectiligne chez le fœtus, commence à s’infléchir. Toutes les modifications qui précèdent sont rendues faciles par l’extrême flexibilité des côtes et l’état presque entièrement cartilagineux du sternum.
Un accroissement rapide du thorax se produit à l’époque de la puberté ; Vc’est aussi à ce moment de la vie que se manifestent, le plus souvent, les déformations de la cavité.
Vers 15 ou 18 ans, la poitrine qui s’est rétrécie peu à peu à sa base, acquiert sa forme définitive ; mais sa capacité continue à croître jusqu’à 22 ou 25 ans chez la femme, jusqu’à 30 ou 55 chez l’homme.
Dans l’âge adulte, les parties constituantes du sternum se soudent entre elles ; la poignée et le corps de l’os restent seuls indépendants ; les articulations chondro-sternales commencent à se souder et perdent de leur mobilité primitive.
Pendant la vieillesse, les cartilages costaux deviennent jaunâtres, plus épais, plus rigides, et finissent par s’ossifier, en même temps qu’ils se soudent définitivement au sternum. Les côtes et le sternum finissent par se mouvoir sur le rachis comme une seule pièce, et dans une étendue de plus en plus limitée, à cause de la rigidité qu’acquièrent les articulations costo-vertébrales. Les parois thoraciques perdant progressivement leur élasticité, la cavité devient de moins en moins dilatable dans ses diamètres antéro-postérieur et transverse, et la respiration tend à devenir, peu à peu, presque exclusivement diaphragmatique.
Anomalies et vices de conformation. — Nous ne devons nous occuper
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ici que des anomalies qui peuvent s’observer dans les parois du thorax, celles qui portent sur les organes intra-thoraciques se rattachant naturellement à l’étude particulière de chacun de ces organes.
Le nombre des côtes peut varier en plus ou en moins, et dans ce cas, il existe généralement une anomalie concordante dans le nombre des vertèbres dorsales. Il n’en est pourtant pas toujours ainsi. Quand il n’existe que onze paires de côtes, c’est toujours la dernière côte flottante qui fait défaut. D’autres fois, au contraire, on trouve une treizième côte qui se fixe tantôt à la première vertèbre lombaire, tantôt à la dernière vertèbre cervicale. Dans le premier cas, la côte surnuméraire est libre et flottante comme une fausse côte; dans le deuxième cas, elle s’unit ordinairement à la première côte dorsale, vers son extrémité antérieure, ou se fixe sur le premier cartilage sternal.
Les anomalies numériques qui portent sur les côtes intermédiaires sont beaucoup plus rares ; on a pourtant observé exceptionnellement des cas dans lesquels il y avait augmentation du nombre des côtes avec insertion de plusieurs de ces os sur une même vertèbre dorsale.
On sait qu’à la suite de lésions traumatiques ou spontanées, la paroi thoracique peut présenter des brèches plus ou moins larges, dans lesquelles la plèvre ou le péricarde s’engage et n’est séparé de l’extérieur que par la peau. On rencontre quelquefois des dispositions congénitales analogues. Elles s’observent rarement au niveau des côtes; elles sont plus fréquentes au niveau du sternum, où elles doivent être rattachées à des arrêts de développement. La scissure est par conséquent médiane, raremement complète, le plus souvent partielle. La bifidité inférieure est la plus fréquente; elle s’accompagne, ou non, de hernie du cœur.
Pour compléter ce qui a rapport aux anomalies des parois thoraciques, il nous reste à dire un mot des hernies diaphragmatiques congénitales, qui paraissent dues également à un arrêt de développement. Nous avons vu plus haut comment, d’après les travaux récents, se forme le diaphragme et comment se complète la cloison de séparation des eavitésthoraeique et abdominale. Qu’une cause quelconque arrête, à un moment donné, le développement centrifuge du muscle, le cloisonnement s’arrête aussi et në s’achève pas. Alors devient permanent un état qui n’était que transitoire, mais normal, chez le fœtus; il persiste, dans un point de son étendue, une perforation par laquelle les intestins, le foie, la rate peuvent pénétrer dans la cavité thoracique. Les anomalies de cette nature sont généralement incompatibles avec la vie, par suite de la compression que les viscères de l’abdomen exercent sur le cœur et les poumons. (Voy. pour les détails [Diaphragmatiques] Hernies, t. XI. p. 365).
Nous laisserons de côté, comme dépourvues de tout intérêt pratique, les anomalies plus graves , plus étendues , qui coïncident avec d’autres déviations organiques d’un caractère général et se rattachent aux monstruosités. (Voy. ce mot t. XXIII, p. 8).
Il nous reste à parler d’un dernier ordre de faits dont la connaissance présente, au contraire, une importance réelle, au point de vue des appli-