‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 140 sur 155 · POITRINE. — TUMEURS DU MÉDIASTIN · texte numérisé non relu

POITRINE. — TUMEURS DU MÉDIASTIN

avoir sur le tissu conjonctif environnant; tous les auteurs l’avaient, au contraire, signalée et l’expression de périadénite , prise dans son sens le plus général, est employée depuis longtemps pour traduire cette idée de propagation. Or, du moment que le fait était reconnu dans les cas d’adénite, d’hypertrophie ou de dégénérescence tuberculeuse, il était à fortiori naturel de l’admettre pour les néoplasies à marche envahissante qui trouvent dans le tissu conjonctif un terrain si favorable à leur développement. Ce n’était là néanmoins qu’une conception théorique qui ne s’appuyait que sur un petit nombre de faits douteux ; l’examen histologique est venu lui donner sa consécration définitive, en démontrant que bon nombre de tumeurs cancéreuses du médiastin sont en réalité des lymphadénomes, et, comme la distinction clinique entre les deux espèces de tumeurs est à peu près impossible à établir, on est réduit à les confondre dans la description.

Il y a peu d’années encore, la littérature médicale était assez pauvre en ce qui concerne les tumeurs du médiastin, et le court chapitre qu’y a consacré Nélaton représentait à peu près le bilan de nos connaissances sur ce sujet. Les observations se sont multipliées à notre époque, des communications intéressantes ont été adressées aux sociétés scientifiques, des mémoires originaux et des travaux analytiques auxquels s’attachent les noms de Bennet, Daudé, Siebert, Egér, Rendu, etc., ont été publiés, et, si la thérapeutique continue à rester fatalement désarmée, les questions du diagnostic et du pronostic commencent au moins à sortir de leur ancienne obscurité.

En dehors des tumeurs malignes qui sont de beaucoup celles qui ont été observées le plus souvent, on rencontre dans les auteurs quelques exemples de tumeurs d’autre nature. Ainsi, on trouve citée partout l’observation, recueillie par le docteur Gordon, d’une tumeur épigénétique , contenant de la matière sébacée, des poils, un fragment d’os ressemblant à un maxillaire et sept dents. Daudé a rassemblé plusieurs cas de tumeurs graisseuses , qui étaient épars dans diverses publications, et qui, constatés seulement à l’autopsie, auraient été caractérisés pendant la vie par des accidents d’asthme, de dyspnée, d’angine de poitrine. Il fait remarquer, avec raison, que de pareilles tumeurs s’accompagnant d’habitude d’une surcharge graisseuse du péricarde, du cœur et d’autres organes, c’est aux lésions concomitantes, plutôt qu’à la tumeur elle-même, qu’il faut attribuer la plus grande part dans les symptômes observés et dans la terminaison fatale.

On a signalé aussi dans le médiastin des kystes de diverse nature qui s’étaient formés soit sur les parois de cette cavité, soit dans la cavité elle-même. C’est pour des cas de ce genre que Desault et Larrey ouvrirent la poitrine, croyant ponctionner un épanchement du péricarde ; le dictionnaire en 60 volumes renferme l’observation remarquable d’un sujet chez lequel on trouva, à l’autopsie, deux vastes kystes hydatiques placés de chaque côté de la poitrine, depuis son sommet jusqu’au diaphragme, repoussant le cœur en bas jusqu’à l’épigastre, comprimant les poumons,

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