‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 142 sur 155 · POITRINE · texte numérisé non relu

POITRINE

TUMEURS DU MÉDIASTIN.

siques ; toutefois il ne faut pas perdre de vue l’existence si fréquente des lésions concomitantes de la plèvre, du poumon, du péricarde, ni rapporter à la tumeur elle-même ce qui est le fait de ces complications. Le diagnostic de chaque cas pris en particulier devient ainsi une sorte de problème très-complexe dont la solution présente souvent les plus grandes difficultés.

Les troubles circulatoires résultant de la compression et de l’oblitération partielle ou totale de certains vaisseaux sont ceux qui se montrent d’ordinaire les premiers et qui ont le plus frappé l’esprit des observateurs. L’œdème de la partie supérieure du corps, le développement d’une circulation collatérale complémentaire, la cyanose enfin, peuvent s’expliquer ainsi d’une manière assez rationnelle. Mais il est une autre catégorie d’accidents, à forme souvent paroxystique, qu’il est plus difficile d’interpréter en admettant banalement, comme on l’a fait jusqu’ici, une seule cause pathogénique, la compression : tels sont les accès de dyspnée qui vont jusqu’à produire le phénomène du cornage , les irrégularités qui se manifestent dans la circulation cardiaque, les syncopes, les phénomènes oculo-pupillaires et enfin la dysphagie. Dans un travail de revue critique récemment paru et qui représente fidèlement l’état actuel de la science, Rendu a fait ressortir le caractère nerveux de la plupart de ces phénomènes et l’impossibilité de les rattacher au fait unique de la compression. L’interprétation de cet ordre de faits- laisse encore à désirer et appelle de nouvelles recherches pour lesquelles devront être utilisées, concurremment avec les données d’une analyse physiologique rigoureuse des symptômes observés, les connaissances récemment acquises sur l’innervation du cœur et du poumon, sur le rôle du pneumogastrique et du grand sympathique. Ce qui semble acquis dès à présent, c’est que, dans le plus grand nombre des cas, l’invasion des troubles nerveux correspond à une période déjà avancée de la maladie, qu’elle a une signification pronostique très-grave, et doit faire craindre l’imminence d’une terminaison subite.

Comparée à la marche des affections cancéreuses des autres régions, celle des tumeurs du médiastin est généralement assez rapide, et les sujets sont enlevés avant d’atteindre la période où la cachexie se manifeste. Il n’est pas rare de voir les . malades succomber trois ou quatre mois après l’apparition des premiers accidents ; une durée de vingt mois est un maximum qui n’a été constaté jusqu’ici qu’une seule fois.

La terminaison nécessairement fatale peut se produire de deux manières : tantôt par asphyxie lente, tantôt dans un accès de suffocation ou dans une syncope. Le premier mode de terminaison est le mode ordinaire, quand la tumeur siège sous le sternum et comprime graduellement les vaisseaux du médiastin. Le malade s’asphyxie peu à peu : l’hématose faisant de plus en plus défaut, la cyanose augmente graduellement, la sensibilité des bronches s’émousse , les mucosités s’y accumulent et la mort survient lentement, sans accès de suffocation. Lorsque la tumeur comprime la trachée , ou qu’il se forme rapidement un épanchement

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