POITRINE. — THORACENTÈSE. ACCIDENTS CONSÉCUTIFS
Terrillon on voit précisément que sur 16 cas d’expectoration albumineuse la thoracentèse avait été faite douze fois avec le trocart et la baudruche sans aspiration et quatre fois seulement par aspiration. Sur 6 cas qui se sont terminés par la mort, l’aspiration n’avait été employée que trois fois. Les accidents n’ont, par conséquent, rien à voir avec le procédé opératoire ; et en analysant les observations on voit qu’ils ont toujours été associés soit à l’issue immédiate d’une grande quantité de liquide, soit à des complications de la pleurésie et, le plus souvent , à ces deux causés réunies.
Néanmoins, il y a dans l’aspiration mal dirigée un inconvénient réel, mais ce n’est pas affaire de qualité du vide, c’est affaire de quantité. Ce n’est pas parce que l’on aura tiré 1,000 grammes de liquide avec un vide bien fait que les accidents pourront survenir, mais c’est parce que l’on en aura retiré 3,000 même avec un vide incomplet, même sans vide du tout.
Ce qui est mauvais, qu’on le sache bien, ce n’est pas l’aspiration, mais c’est la façon dont on en fait usage, c’est l’aspiration prolongée outre mesure, c’est l’emploi de trocarts trop volumineux, c’est, en un mot, la manœuvre mal comprise, qui, sans tenir un compte suffisant de la nature de la pleurésie, de son ancienneté, de ses complications, permet à un épanchement considérable de sortir complètement et trop rapidement de la cavité thoracique.
B. Syncope précoce ou tardive. — Dans quelques cas les malades opérés sont morts le jour même, le lendemain ou le surlendemain, à la suite de syncope. L’analyse de ces observations montre que les accidents ont été produits par des causes diverses, et dans tous les cas indépendantes de la thoracentèse : caillot cardiaque (Yergely), caillot pulmonaire (Guyot), phlébite et trombose (Chaillou de' Tourny, Gaz. des hôp., 1872), gangrène pleurale (Ernest Bcsnier).
C. Transformation purulente. — On a prétendu que la thoracentèse peut transformer la pleurésie simple en pleurésie purulente. Cette accusation ne me paraît pas fondée. Je ne parle pas des cas, et il en existe, où la ponction a été faite avec des aiguilles sales ayant servi à vider quelque temps auparavant quelques collections purulentes, mais je parle delà thoracentèse pratiquée dans de bonnes conditions, et celle-là, je le crois, est absolument innocente de la transformation purulente des liquides pleuraux. Des observations souvent répétées m’ont permis de croire que telle pleurésie qui sera plus tard purulente commence par être une pleurésie histologiquement hémorrhagique. On trouve au microscope plusieurs milliers de globules rouges par millimètre cube. Et, si on.n’a pas eu soin de pratiquer l’étude histologique du liquide (qui à simple vue me paraît un liquide de bonne nature), on croit avoir transformé une pleurésie simple en pleurésie purulente, alors qu’on a seulement ponctionné la pleurésie aux deux phases de son évolution.
Quant à la pleurésie purulente, qui nécessite une application spéciale de la thoracentèse, voyez p. 220.