‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 15 sur 155 · PLACENTA. - ANOMALIES DE DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

PLACENTA. - ANOMALIES DE DÉVELOPPEMENT

moins connus, et l’on peut s’assurer, en lisant les observations des auteurs, de l’erreur qu’ils ont commise en prenant pour des placentas hypertrophiés des placentas malades. L’altération qui en impose le plus souvent est l’épanchement sanguin, parfois très-considérable. Le sang peut avoir été récemment épanché et conserver tous ses caractères, ou bien avoir subi en partie certaines transformations qui seront décrites plus loin. C’est à des cas de ce genre que semblent se rapporter certains cas d’hypertrophie signalés par Meyer (Siebold’s Journal, t. III, p. 252), et par Stein ( Wahrnehmungen . Marbourg, 1808).

Une autre cause d’augmentation de volume du placenta, qui peut faire croire à une hypertrophie, a été décrite par Cruveilhier (Anatomie pathologique, Maladies du placenta , 16e livraison) : c’est l’infiltration séreuse, due très-vraisemblablement à une stase sanguine. Simpson en a, en effet, observé un cas dans lequel il y avait obstacle à la circulation dans le cordon. Joulin fait remarquer que le placenta est dans ces cas volumineux, de consistance molle, et plus pâle qu’à l’état normal. La plupart du temps le fœtus est mort, tandis que le contraire a habituellement lieu en cas d’hypertrophie simple (Stoltz).

Charpentier décrit aussi, sous le nom d’hypertrophie, le développement anormal de certains placentas rencontrés sur des œufs abortifs dont l’embryon est dissous ou le fœtus macéré. La partie fœtale du placenta serait, dans ce cas, flétrie, tandis que la partie maternelle (caduque utéro-placentaire) aurait conservé sa vitalité et même augmenté de volume. Cette partie de l’œuf aurait ainsi continué à végéter après la mort et même après l’expulsion du fœtus, et constituerait ce qu’on a désigné sous le nom de môle charnue. Il nous semble qu’à aucun titre cette altération ne peut être rangée parmi les hypertrophies placentaires.

2° Atrophie. — La distinction qui a été faite entre l’hypertrophie simple et celle qui est due à des causes morbides est à plus forte raison applicable à l’atrophie du placenta. Cette anomalie de développement peut être générale ou partielle ; elle présente trois variétés (Jæger) :

a. Atrophie pure et simple dépendant d’une diminution de nutrition;

b. Atrophie résultant de la diminution ou même de la cessation des rapports physiologiques ;

c. Atrophie par suite de maladies du placenta.

a. Atrophie simple. — Le placenta atrophié a un volume sensiblement moindre qu’à l’état normal ; il est moins dense, tantôt plus pâle, tantôt plus foncé ; c’est une véritable diminution de nutrition, qui paraît dépendre le plus souvent de l’étit de santé de la mère (chagrins, cachexie, etc.). Dans certains cas, l’atrophie peut porter uniquement sur l’épaisseur de l’organe (placenta membraneux), sans que sa structure soit modifiée. Quand cet arrêt de développement est porté à un très-haut degré, le fœtus peut en souffrir, moins cependant que dans les variétés suivantes :

b. Atrophie due à une modification dans les rapports physiologiques. — Le placenta a deux sortes de rapports physiologiques , les uns immé

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