‹ Nouveau dictionnaire de médecine de chirurgie pratiques, illustré de figures intercalées dans le texte, sous la direction du Dr Jaccoud. Tome 28 (volume 5)Chapitre 152 sur 155 · L. Prunier · texte numérisé non relu

L. Prunier

Action physiologique. — Le poivre noir, dont nous nous occuperons presque exclusivement ici, exerce sur nos tissus une action topique irritante, plus ou moins énergique suivant la quantité employée et la durée de l’application. A la peau, il détermine de la chaleur, de la rubéfaction et même des phlyctènes comme le fait un emplâtre vésicant. Introduit dans la bouche et avalé en petite quantité, il donne lieu à une impression gustative âcre en même temps qu’aromatique, accompagnée d’une sensation de chaleur qui se ressent jusque dans l’estomac, et il imprime aux glandes de ces organes une activité sécrétoire favorable à la digestion. Si la dose ingérée, en une seule ou' en plusieurs fois, a été forte, les effets se montrent plus intenses : la chaleur devient brûlante, une soif vive s’allume, la circulation s’accélère et il peut se produire une véritable gastrite.

Les effets généraux sont stimulants : ils se traduisent par l’accroissement de la température, par la fréquence du pouls et la sueur, c’est-à-dire par de la fièvre ; et cette fièvre s’accompagne de phénomènes dénotant l’irritation de l’appareil uro-génital, tels que douleurs lombaires, urines ardentes, probablement d’albuminurie et d’hématurie, dit Gubler, et parfois d’inflammation des voies génito-urinaires. Les principes actifs du poivre s’éliminent aussi par d’autres émonetoires : du côté de la peau, cette élimination peut amener des éruptions exanthématiques, comme le font le cubèbe et surtout le copahu.

Usages. — On sait les qualités du poivre comme condiment. Son emploi à ce titre, justifié par l’impression qu’en reçoit l’appareil digestif, était déjà connu dans les temps anciens, et l’on y a recours soifs toutes les latitudes. Mais, tandis que dans les contrées équatoriales, où l’excès de la température entraîne la débilité des forces digestives, on en fait un usage qui très-souvent va jusqu’à l’abus, dans nos climats on en use avec plus de modération. Il est surtout indiqué pour assaisonner les aliments.

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