PILULES
lurent provoquer l’accouchement prématuré, par le chlorhydrate de pilocarpine. Mais les contractions utérines pour l’expulsion du produit, n’apparurent guère qu’après l’administration de doses toxiques pour l’économie; il n’y a donc, là, aucun avantage sur les substances analogues.
C’est surtout en thérapeutique des affections oculaires, qu’ont été entreprises les plus nombreuses recherches sur la pilocarpine et ses sels. D’après Gillet de Grammont, le Jaborandi serait utile, contre les maladies du corps vitré, l’atrophie papillaire, les iritis, que celles-ci soient spécifiques ou rhumatismales, l’amblyopie nicotinique et l’ophthalmie sympathique. Alexaudroff et Metaxas, de Marseille, ont noté que, sous l’influence de la diaphorèse, les milieux de l’œil troublés se sont éclaircis, la tendance glaucomateuse a disparu ; enfin les exsudats ont présenté une rapide tendance à la résorption. D’après Kônigshofer, assistant de clinique à Erlangen, la paralysie de l’accommodation peut guérir rapidement par un traitement de quelques jours au Jaborandi. Suivant Dor de Lyon, l’irido-choroïdite séreuse avec troubles diffus du corps vitré, l’irido-cyelite sympathique, sont les principales maladies à traiter par cet agent. II nous a paru intéressant de signaler ces nombreuses' tentatives de l’emploi de la pilocarpine pour le traitement des maladies oculaires. Mais si quelques-uns de ces résultats sont contestés, il n’en reste pas moins ce fait, que la pilocarpine est mieux supportée que l’ésérine, qui paraît avoir les mêmes indications, et qu’elle présente de plus cet avantage, dit Galezowski, d’être moins irritante pour l’œil.
En présence de ces faits publiés récemment, tout en reconnaissant que les propriétés chimiques et physiologiques sont encore incomplètement connues, nous sommes portés à regarder le Jaborandi et les sels de pilocarpine comme étant d’une utilité incontestable ; mais si, en thérapeutique, l’emploi de ce médicament présente d’assez fréquentes indications, nous rappellerons une importante contre-indication : l’asthénie cardiaque. On s’abstiendra de prescrire la pilocarpine dans tous les cas où la tension artérielle est déjà abaissée, et lorsque les contractions cardiaques sont insuffisantes.
•Hobim (A.), Études physiologiques et thérapeutiques sur le Jaborandi (Journ. de lhe'rap. 1874, et tirage à part.). Indicat. hibl.
ÎSociiefostaine, Revue bibliographique générale sur le Jaborandi ( Revue des sciences médicales d’Hayem, 1875, I. VI).
Hardy (E.), Revue bibliographique, Revue des sciences médicales, Paris, 1878. t. XI. ■
-Gillet de Grabemoxt, Action physiologique du’ nitrate de pilocarpjf.e et effets- 'thérapeutiques, Paris, 1879.
Journal de thérapeutique de Gubler; Journal de médecine et chirurgie pratiques ; Bulletin de thérapeutique , Progrès médical. Journal de pharmacie et de chimie depuis 1875, Bulletin de l'Acad. royale de méd. de Belgique, 1878. Hyernaux.
Association française pour l’avanc. (les sciences. Montpellier, 1879. — Congrès d’Amsterdam, 1879.
E. Ory.
PILULES. — Toutes les matières médicamenteuses molles, pulvérulentes ou liquides peuvent être administrées sous forme de pilules ; mot qu’il est inutile de définir, car il dérive du latin pilula, c’est-à-dire petite