PILULES
. boule. Les substances molles peuvent toujours être amenées en consistance telle qu’on puisse leur conserver la forme sphérique ; les poudres peuvent être agglomérées au moyen d’un excipient liquide ou mou; les liquides, au contraire, à l’aide d’une matière solide qui les absorbe.
Cette forme pharmaceutique est donc d’un emploi général, et elle permet au médecin de faire facilement ingérer des médicaments de saveur désagréable ou dont le séjour dans la bouche pourrait offrir quelque inconvénient. La confection des pilules comprend presque toujours deux opérations distinctes : 1° la préparation de la masse pilulaire ; 2° la division d.e cette masse en un certain nombre de parties égales auxquelles on donne la forme sphérique. Dans quelques cas déterminés, ces deux opérations sont suivies de l’enrobage, qui consiste à recouvrir chaque pilule d’une légère couche d’argent, d’or, de sucre, de gélatine ou d’un enduit résineux, afin de les soustraire à l’influence hygrométrique de l’air, ou simplement dans le but de leur enlever toute saveur repoussante.
La principale difficulté de la préparation des. pilules consiste dans la confection de la masse pilulaire, c’est-à-dire de la pâte un peu ferme qui sera plus tard divisée en pilules. On comprend qu’il nous est impossible de passer en revue tous les cas particuliers qui peuvent se présenter dans cette opération, qui paraît fort simple au premier abord, puisqu’elle ne consiste qu’à épister fortement dans un mortier la substance prescrite, soit avec du sirop, du miel, de la gomme, du savon, une poudre absorbante, etc. Mais si l’on songe à la diversité même des substances qu’on peut associer pour les transformer en pilules, aux réactions qui peuvent résulter de ces mélanges et qu’il est indispensable de prévoir, on voit immédiatement qu’il est impossible de réunir, sous forme de principes, toutes les précautions que comportent le choix, la consistance, la quantité de l’excipient.
Toutes les substances solides qui entrent dans une masse pilulaire doivent être préalablement réduites en poudre impalpable et parfaitement mélangées avant l’addition de l’excipient. Celui-ci peut être un extrait, un électuaire, un sirop, du miel ajouté en quantité strictement suffisante pour donner au mélange la consistance pilulaire. Le sirop de sucre réunit très-bien les poudres mucilagineuses ; celles qui ne le sont pas doivent être additionnées d’une faible quantité de gomme adragante ou de gomme arabique ; mais il faut éviter un excès de ces gommes : car la masse en se desséchant peut acquérir un tel état de dureté qu’elle traverse les voies digestives sans se dissoudre. En règle générale on préférera donc un excipient qui se délaye facilement.
Les substances trop molles pour être immédiatement roulées en pilules, seront additionnées de poudre de réglisse, de guimauve ou d’amidon. Parfois on aura avantage à employer delà magnésie, comme il arrive pour les térébenthines, ou du phosphate de chaux qui solidifie très-bien , par exemple, l’onguent mercuriel. Les matières grasses sont facilement incorporées dans le savon médicinal. Les extraits employés ne doivent jamais être liquides, et il vaut mieux les concentrer que d’ajouter à la masse