PLAIE. - I*. PAR ARRACHEMENT
lesquelles ce pansement si simple ne suffit pas. Dans les ambulances et dans les hôpitaux encombrés, lorsque les complications que nous avons indiquées régnent épidémiquement au milieu des blessés, lorsqu’en un mot on est obligé de les traiter dans un milieu infectieux, il est nécessaire de recourir aux pansements antiseptiques, et l’acide phénique est le désinfectant qui a donné jusqu’ici les meilleurs résultats ( Voy . Pansements, t. XXV, p. 747).
Les irrigations continues, la glace même, trouvent aussi leurs applications dans quelques cas spéciaux ; on en obtient de bons résultats dans les plaies d’armes à feu des articulations et notamment dans celles de la main et du pied, mais ce mode de traitement, qui demande une grande surveillance et l’emploi d’appareils un peu compliqués, ne peut être mis en usage que dans les hôpitaux et ne saurait, par conséquent, rendre de grands services en chirurgie d’armée.
On a bien rarement l’occasion de recourir aux émissions sanguines. La saignée générale, dont les anciens faisaient un si large emploi, est tombée en désuétude. On n’a même presque jamais recours aux sangsues, auxquelles Baudens accordait encore une si grande confiance. La pratique moderne est dominée, ajuste raison, par la crainte de l’anémie et del’épuisement, auxquels les blessés par les armes de guerre sont presque .fatalement voués, lorsque leur guérison se fait attendre et que leur séjour dans les hôpitaux se prolonge. Au lieu de leur faire perdre du sang, on ne songe qu’à soutenir leurs forces, et, les premiers accidents dissipés, la fièvre traumatique passée, on les soumet à un régime aussi fortifiant, aussi réparateur que possible. Une bonne alimentation, un air pur, une propreté minutieuse, sont, en effet, les premières conditions d’une guérison rapide ; malheureusement elles sont, le plus souvent, irréalisables, dans les circonstances où ces blessures se produisent.
IV. Plaies par arrachement. — On désigne sous ce nom les solutions de continuité qui résultent de l’avulsion d’une partie du corps produite par une traction violente. Quoique toutes les parties saillantes puissent être ainsi arrachées, ce n’est qu’aux membres que ce genre de blessures offre de l’intérêt. Elles ne sont pas fréquentes. Dans les traités classiques leur histoire est tracée d’après quelques observations qu’on retrouve partout et qui ne sont pas suffisamment détaillées. Il a été pourtant publié assez défaits, depuis quelques années, pour qu’on puisse faire une étude plus complète de ces lésions.
Les plaies par arrachement sont plus fréquentes aux membres supérieurs, et ce sont les doigts qui en sont le plus souvent le siège. Dans le tome 11 des Mémoires de l’Académie de Chirurgie , on en trouve huit exemples ; dont sept ont été réunis par Morand. Nous en avons recueilli une quin-. zaine d’autres dans les recueils périodiques récents, et notamment dans les Bulletins de la Société de Chirurgie.
Dans l’ordre de fréquence, c’est la main qui vient ensuite; nous en avons trouvé quatre observations ; puis l’épaule, dont il existe trois cas bien authentiques, et enfin l’avant-bras, dont nous ne connaissons