PLAIE. — P. PAR ARRACHEMENT
qu’un exemple. Au membre inférieur, ce sont aussi les orteils qui sont le plus souvent arrachés; le pied vient après; nous n’avons trouvé qu’un seul fait d’arrachement de la jambe, et jamais on n’a observé l'avulsion du membre inférieur tout entier. Si nous avons cité des chiffres, ce n’est pas que nous ayons la prétention d’avoir recueilli toutes les observations, ni le désir d’établir une statistique, c’est seulement pour faire connaître le nombre de faits qui nous ont servi Ajédiger ce travail.
Les causes qui produisent l’arrachement des membres agissent toutes d’après le même mécanisme. Une violente traction s’opère sur une extrémité, le corps résiste par son poids ou par l’effort que fait le blessé, et la déchirure s’opère à une distance plus ou moins grande du point où la force a étéappliquée. Le plus souvent, cette force est celle d’une machine dans les engrenages ou dans la courroie de laquelle une partie du corps s’est engagée. Parfois, c’est un nœud coulant, une corde qui s’enroule autour d’un membre, l’entraîne et l’arrache lorsque le corps, arrêté par un obstacle ne peut plus suivre le mouvement. C’est ainsi que fut emporté le bras de Samuel Wood, le meunier, dont l’observation, publiée en 1738 dans k&Philosophical Transactions, a été reproduite depuis par tous les auteurs. Nous connaissons quelques exemples d’arrachement du pied produit par le même mécanisme à bord des navires. Lorsqu’un homme a l’imprudence de mettre le pied dans le cercle formé par une manœuvré roulée sur le pont et que celle-ci vient à se dérouler brusquement, la spirale se resserre, l’homme, se sentant saisi, s’accroche instinctivement au premier point résistant qu’il rencontre, et le pied est emporté. C’est ordinairement en jetant l’ancre ou en amenant les huniers que cet [accident se produit.
Les gens qui conduisent des chevaux ont souvent les doigts arrachés par la bride de l’animal, lorsque celui-ci fait un écart brusque. J. D. Larrey a le premier signalé la fréquence de cette blessure chez les cavaliers qui entortillent le bridon autour de leurs doigts lorsqu’ils mènent leurs chevaux à l’abreuvoir. Enfin, il existe dans la science un fait d’arrachement de l’avant-bras survenu dans les tentatives faites pour réduire une luxation de l’épaule. Les tractions avaient été opérées avec prudence par un chirurgien d’un habileté reconnue, et la facilité avec laquelle le membre se détacha ne peut s’expliquer que par une altération profonde des tissus qui fut, du reste, constatée à l’autopsie.
Les plaies par arrachement ne présentent pas l’aspect hideux des blessures faites par les gros projectiles, bien qu’il y ait quelque analogie dans leur mode de production. Leur surface est inégale parce que les tissus, n’ayant pas la même force de cohésion, ont cédé à des hauteurs différentes, mais elle n’est pas noire et infiltrée de sang, parce qu’elle n’a pas été contuse. La peau est le plus souvent amincie, frangée sur les bords, parfois roulée sur sa surface saignante ; tantôt elle dépasse le niveau des chairs et tantôt elle les laisse à découvert dans une certaine étendue. Quand la lésion a été produite par la constrictioa d’un lien, les
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