PLÉTHORE
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PLÉTHORE. — Le mot pléthore (xXvjôtàps, plethora) exprime, aussi bien par son étymologie (tiXriôïiv, être plein) que par le sens qu’on y attache généralement, l’idée de plénitude, de trop-plein, de surabondance, etc., et offre sous ce rapport une richesse synonymique tout à fait
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concordante, dans ces expressions : plenitudo , repletio, polyæmia, copia boni sanguinis, etc. Quelles que soient les applications spéciales, ou plus ou moins détournées, qu’on ait faites de ces termes équivalents, c’est toujours la même interprétation, conforme au point de départ. Les auteurs, sûrs de cette notion initiale, ont pu s’étendre à loisir sur un pareil sujet; et admettre aussi bien une surabondance des diverses humeurs que l’on distingue, et même de la vitalité et des forces intimes, que du sang lui-même, considéré comme la source de toute activité biologique. La plénitude fut aussi bien relative qu’absolue, partielle que générale, substantielle que virtuelle, etc. ; et le remède, si simple à trouver, fut toujours la déplétion, c’est-à-dire la soustraction de l’humeur vitale par excellence, le sang. Aussi la facilité avec laquelle on prodiguait la saignée impliquait-elle, d’une façon presque corrélative, le règne de la pléthore. L’influence de cette affection est bien contestée de nos jours; mais, comme les accidents qu’on lui attribuait n’étaient pas purement subjectifs, la physiologie moderne a pour devoir d’interpréter rationnellement la pléthore des âges antérieurs, de montrer ce qui lui correspond aujourd’hui parmi les troubles morbides observés, et d’indiquer en même temps quels sont les moyens propres à y remédier.
I. Historique. — Dans un sujet qui a subi aussi profondément les vicissitudes des doctrines, le point de vue historique doit occuper le premier plan. Tout l’intérêt de la question est là : c’est en vain qu’on voudrait faire de la pléthore une entité nosologique, et en donner une description didactique, comme s’il s’agissait d’un cas définitivement acquis à la science, et parfaitement défini. Tout proteste contre cette manière de procéder, et nous impose certaines limites. La pléthore, c’est l’excès du bien, pouvant seulement aboutir parfois à quelques troubles fonctionnels, et encore plus rarement à de véritables accidents. Nous devons donc rechercher surtout comment s’est établie la notion de la pléthore, et comment cette conception s’est transformée dans la série des âges, et jusqu’à notre temps, conformément aux doctrines qui se sont succédées.
Nous voyons tout d’abord que l’idée de la pléthore était déjà familière à l’époque d’Hippocrate. Son troisième aphorisme, interprété dans ce sens par Van ’Swieten, déclare que l’excès même de la santé est dangereux; car, un équilibre parfait étant impossible, et de même le progrès vers le mieux, il est de toute nécessité de déchoir. La déplétion peut être dangereuse, et non moins dangereuse la réfection qui lui succède. Dans d’autres passages, que nous avons analysés à propos de la Dyspepsie (T. XII, p. 44), cette obligation de maintenir une juste proportion entre la recette et la dépense est très-nettement indiquée, et dans des termes que ne renierait pas la doctrine de la corrélation des forces physiques. En somme, est-il dit, c’est l’harmonie du tout qui constitue la parfaite santé
Les progrès de la science, au temps de Galien, introduisirent une plus grande précision dans le sujet. Galien lui-même reconnaît que la pléthore